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16.05.2012

Souvenirs d'Egypte - 5 - A travers les déserts de l'Ouest : l'oasis de Dakhla

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Après avoir roulé pendant deux cents kilomètres à travers le désert, nous arrivons fourbus à l'oasis de Dakhla longue de 25 km du Nord au Sud et large de 80 km de l'Est à l'Ouest. C'est l'une des onze oasis qui émaillent l'immense zone désertique qui va des rives du Nil jusqu'à la Lybie. La réapparition du vert dans un univers affichant toutes les nuances de l'ocre nous régénère.

 

 

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Si aucun nuage ne vient maquiller le bleu du ciel, l'eau n'est pas pour autant rare dans la région. De fait le sous-sol en regorge et le vert des champs qu'elle permet d'irriguer n'a rien à envier à celui du gazon anglais !

 

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L'oasis est entourée de "mesas" ou vastes plateaux érodés sur lesquels les hommes ont dressé par endroits des pigeonnniers. Dans l'antiquité ce volatile servait de messager mais aujourd'hui on le plume car c'est un mets recherché ! O tempora O mores ! 

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Dans cet univers hostile l'homme révèle à la fois son extrême fragilité, car un vent de sable peut lui être à tout moment fatal, et  sa force, car il impose au désert ses cultures qui sans lui ne pouraient exister.

 

 

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Le désert est aussi fascinant que le vide : il nous attire, monde vierge, parfait et pur qui peut nous délivrer de nos faiblesses et nous laver de nos infamies.  

 

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A trop le contempler notre esprit déraille et fait naître des mirages qui peuvent nous être fatal.

 

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Au coucher du soleil, il prend une couleur de pain d'épice et l'on est tenté de s'y étendre pour rêver en contemplant les étoiles. Mais gare aux nuits glaciales !

 

A suivre.... 


Texte & Photos Ulysse

09.05.2012

Souvenirs d'Egypte -4- A travers les déserts de l'Ouest....

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Nous quittons le Nil pour entamer la traversée des déserts de l'Ouest Egyptien. Partant de Louxor, nous nous engageons dans le désert As Sahra al Gharbiyah, en direction de l'oasis Al Kharga. La route déroule son ruban de bitume dans un océan de sable qu'une tempête peut rompre à tout moment.

 

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Les déserts, où qu'ils soient, ne sont jamais monotones. On y trouve une infinie variété de reliefs et de nuances de couleurs. Le ciel et l'espace s'y offrent à nous sans limite et distendent notre conscience et notre sentiment d'exister.


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Soudain sur une butte surgit le Ksar El Ghoueita édifié au temps de Darius 1er, le grand roi perse qui envahit et règna brièvement sur l'Egypte à la fin du Vème siècle avant J.C.


 

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C'est un instant magique que de visiter ces temples témoins de la grandeur passée d'une civilisation, protégés par leur éloignement des hordes de touristes. la solitude et le silence sont propices à un dialogue intime et secret avec ceux qui les ont bâtis et ont vécu en ces lieux.


 

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Approchant de l'oasis d'Al Kharga, la piste est bordée par d'étonnants tapis verts de cultures, nées de l'eau qui coule secrètement dans le sous-sol. Cette eau si précieuse vient de l'Afrique Centrale et affleure ici après un périple de plusieurs milliers de kilomètres. Hérodote a baptisé cette oasis "l'île des bienheureux" du fait de cette eau abondante qui a permis aux hommes de s'y établir depuis l'antiquité.


 

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Sur l'une des collines bordant l'oasis s'élèvent les ruines de l'ancienne nécropole copte d'Al Bagawat utilisée entre les IVème et VIIème siècles.


 

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Le plafond de l'une des chapelles funéraires est ornée d'une fresque représentant l'arche de Noé. La barque est égyptienne et porte un édifice à colonnes. L'Egypte est une terre étonnante qui au cours de son histoire millénaire a  vu le brassage de multiples cultures et croyances.

 

 

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Le soir tombe et nous allons assister au coucher du soleil au coeur  des ruines de l'ancienne forteresse d'El Deir bâtie par les romains au IIIème siècle. Ces ruines nous rappellent que les civilisations, même les plus puissantes sont mortelles. Rappelons nous en, car la notre, si arrogante et fière de ses technologies souvent destructrices, pourrait connaître un jour le même sort...


A suivre....


Texte & Photos Ulysse

 

02.05.2012

Souvenirs d'Egypte - 3 - Au fil du Nil (suite)

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Aton, une fois de plus, daigne revenir de son périple nocturne et émerge lentement des sables du désert. Le Nil boit alors goulûment ses rayons qui lui font oublier la fraîcheur de la nuit.


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Les humains s'activent et griffent de leurs frêles esquifs les eaux du Nil pour aller faire moisson d'herbes pour leurs animaux de bât. Car en ce pays régit par les dieux  l'énergie est encore exclusivement humaine ou animale.


 

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De ces flots placides et nourriciers l'homme tire sa subsistance...


 

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Eole en ce pays est rarement violent et jamais de mémoire d'Osiris on n'y a vu une chaloupe chavirer !


 

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Au crépuscule la nuit semble lentement monter des eaux ténébreuses du Nil 

 

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La nuit installée, le Nil disparaît et l'on croit naviguer en état d'apesanteur eu milieu de la voie lactée...


A suivre....


Texte & Photos ulysse

 

 

24.04.2012

Souvenirs d'Egypte -2 - Au fil du Nil....

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Six heures de matin, Aton s'en revient de son périple nocturne et illumine peu à peu  les rives du Nil. Les inflorescences des roseaux sont comme des flammèches  virevoltant au dessus du fleuve !

 

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 Une bande d'oiseaux remontent le fleuve à la recherche de leur petit-déjeuner !



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Partout les hommes ouvrent leurs échoppes: en cet Eden il faut malgré tout travailler pour vivre ! 

 

 

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Et le trafic des bateaux s'active entre les deux rives, l'homme n'ayant pas osé jeter de ponts sur ce fleuve, don des divinités !

 

 

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Leur ballet incessant a la grâce des plus belles chorégraphies du monde !

 

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Le  soir venu, les dernières felouques rentrent au port à la lumière des braseros qu'Aton a allumé dans les nuées !

 

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Ne restent alors que quelques barques de pêcheurs qui se serviront des étoiles comme appâts pour pêcher !


A suivre....

 

 

Texte @ Photos Ulysse

18.04.2012

Souvenirs d’Egypte - 1 – Un rêve foudroyé

Aujourd'hui je reprends le récit de mes pérégrinations à travers l'Egypte, du lac Nasser en descendant le Nil, à travers les déserts et leurs oasis....J'espère que vous apprécierez le voyage!

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L'Egypte est un don d'Hâpy dieu du nil et d'Aton dieu du soleil, rêve foudroyé des pharaons aujourd’hui piétiné par des hordes de touristes pour qui notre étoile n’est qu’une énorme chaudière sur programme automatique.

 

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Pourtant, notre civilisation plonge ses racines ici: Jésus est le frère d’Osiris, Marie la sœur d’Isis et les temples grecs et romains ne sont que de pâles répliques des temples égyptiens.

 

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Les Egyptiens contemporains ont offert au soleil un grandiose miroir: le lac Nasser, pour se faire pardonner de l’avoir abandonné! Mais le barrage prive le Nil de ses crues bienfaitrices. Et le sel de la mer remonte par capillarité rongeant les terres autrefois fertiles.  

 A suivre….

Texte & Photos Ulysse

11.04.2012

A la découverte de Karukera - fin - La pointe des Châteaux

 

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Avant de vous emmener pour une dernière balade vers la Pointe des Châteaux, je voudrais rendre hommage à la gastronomie guadeloupéenne qui n’a rien à envier à celle de la métropole. En tous lieux dans cette île, on trouve des « lolos » où l’on peut se régaler de spécialités simples ou raffinées offrant un arc en ciel de saveurs ! Courts-bouillons de poissons, fricassées de châtrous, de lambis, colombos de cabri ou de porc, langoustes et poissons grillées à la sauce-chien, accras de morue, boudins créoles  et légumes de toutes sortes y ravissent nos papilles. Ah oui, j’allais oublier, le Ti’Punch qui s’impose pour les accompagner. Notez que j’aurais pu dire « Un » Ti ‘Punch, mais quand on aime on ne compte pas !

Je vous ai mis l’eau à la bouche ?  Je vous laisse quelques instants pour y goûter, la roulotte en face de vous va bientôt ouvrir ! A tout à l’heure.

 

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Vous vous êtes régalé ? Parfait ! Suivez moi sur le sentier côtier qui part de l’anse à la Gourde à l’extrémité Sud-Est de Grande Terre en direction de la Pointe des Châteaux. Le rivage est bordé d’une barrière de corail – appelé ici cayes – sur laquelle les vagues se fracassent dans des gerbes d’écume qui nous « embrumisent » en nous salant comme de vulgaires jambons ! La formule est un peu triviale, certes, et à vrai dire, j’étais parti pour écrire «  se fracassent dans des gerbes d’écume d’une blancheur immaculée » mais cette formulation m’est apparût un brin emphatique. De surcroît, elle ne vous apportait rien, vu que si votre écran n’est pas trop poussiéreux et que vous avez enlevé vos lunettes de soleil, vous voyez bien que les vagues sont d’une blancheur immaculée.

L’île que l’on aperçoit au loin est la Désirade, dénommée ainsi, je vous le rappelle - l’information figure déjà dans ma première note - par Christophe Colomb, car ce fut la première terre qu’il aperçut au terme de sa longue traversée vers ce qui n’était pas encore l’Amérique, terre qui était donc fortement « désirée » !

 

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Nous arrivons en vue de la Pointe des Châteaux,  rochers ruiniformes rongés par les embruns que projettent les infatigables alizés qui soufflent ici en permanence (là ce n’est pas de l’emphase car vous n’êtes pas censé savoir que ce sont les Alizés qui soufflent dans ce lieu). La présence de ces vents toniques attire les kite-surfers audacieux, car de l’audace il en faut, vu les risques non négligeables qu’ils encourent d’aller se fracasser sur les rochers que l’on distingue à fleur d’eau !

 

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Mais l’on a tort de s’inquiéter, car ces hommes là sont capables de voler comme des oiseaux et d’éviter ainsi les obstacles . Chapeau !


 

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Les vents ayant redoublé de vigueur l’air se charge d’écume ce qui confère au site un caractère fantomatique. On se demande s’il n’y aurait pas eu au cours de la nuit passée un glissement de terrain qui nous aurait fait basculer vers l’Ecosse. Mais l’odeur de vétiver qui flotte dans l’air nous indique que nous sommes toujours sous les tropiques.


 

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Et quand le vent se déchaîne, la mer n’est pas en reste. Il faudrait être fou pour vouloir prendre d’assaut ces châteaux !


 

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Ce lieu sauvage où mer et vent s'écharpent ont inspiré à Saint John Perse, poète né en Guadeloupe, ces vers magnifiques :

« O toi qui pêches infiniment contre la mort et le déclin des choses,

   O toi qui chantes infiniment l’arrogance des portes

                                                              criant toi même à d’autres portes

  Et toi qui rodes chez les grands comme un grondement de l’âme sans tanière

 Toi dans les profondeurs d’abîme du malheur

                                                         si prompte à rassembler les grands fers de l’amour

…….

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Toi  dans l’essai des grands masques d’allégresse

                                                      si prompte à te couvrir d’ulcérations profondes

Sois avec nous dans la faiblesse et dans la force et dans l’étrangeté de vivre

                                                       plus haute que la joie

Sois avec nous celle du dernier soir qui nous fait honte de nos œuvres

                                                          et de nos hontes aussi fera grâce

…….

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Et veuille à l’heure du délaissement et sous nos voiles défaillantes

Nous assister encore de ton grand calme et de ta force et de ton souffle

                                                                     O Mer natale de très grand ordre

Et le surcroît nous vienne en songe à ton seul nom de Mer ! "

Après ces vers de Saint John Perse on ne peut que se retirer sur la pointe des pieds l’âme et le cœur ensauvagés et chavirés par cette mer qui fut notre premier berceau.

 

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Nous arrivons, hélas, à la fin de notre séjour et nous allons faire une dernière trempette à la plage de la Chapelle située au sud du village d’Anse-Bertrand sur Grande-Terre.

 

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Gibus et moi  faisons à regret  nos adieux aux jolies naïades qui agrémentent ces lieux  pour le plus grand plaisir des yeux....


 

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Tandis que nos épouses font leurs adieux à la glacière qui vend des sorbets cocos. !

 

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Les dieux de Karukera, qui ont sans aucun doute apprécié notre appétence pour les délices et le nectar local, nous gratifient, pour nous remercier, d’un double arc-en-ciel . Les dieux locaux sont quand même plus sympa que les dieux internationaux vous ne trouvez pas ?

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Le soleil, qui n'est pas en reste,  sort lui aussi le grand jeu pour nous inciter à revenir au plus vite dans cette île paradisiaque … !

 

Texte @ photos Ulysse

05.04.2012

A la découverte de Karukera -10- Le Moule et la pointe de la Grande Vigie


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Pour la dernière semaine de notre séjour, nous avons choisi de jeter l’ancre au Moule, l’une des plus vieilles communes de Karukera, située sur la façade atlantique de  Grande-Terre. Son nom est une déformation de «môle» (jetée) et, de fait, elle abrite le seul port de la côte atlantique.

Au début du 18e siècle, le Moule est devenu le lieu de résidence de l’aristocratie coloniale, ce qui explique la présence d’une imposante église de style néoclassique. Malgré les nombreuses catastrophes qui l’ont affectée (incendie, tremblement de terre, cyclone) cette ville  possède encore un important patrimoine architectural. On y trouve également la dernière usine à sucre de la Guadeloupe continentale, l’Usine de Gardel.


 

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Dans tous les villages de l’île on trouve immanquablement, soit une rue « Victor Schoelcher » en l’honneur de l’homme qui a fait abolir définitivement l’esclavage en France en 1848 (rappelons que les révolutionnaires de 1789 l’avaient une première fois aboli, mais celui-ci fut rétabli par l’infâme Napoléon) soit une statue de Louis Delgrès.

D’origine martiniquaise, ce colonel de l’armée française, fervent défenseur de la République, se révolta contre la restauration de l’esclavage par le tyran corse . Assiégé, il se fit sauter dans un fort à Matouba avec 300 de ses compatriotes  en criant « Plutôt la mort que l’esclavage ». Mais nos livres d’histoire célèbrent Napoléon, qui a pourtant mis l’Europe a feu et à sang et ruiné la France et  ignorent Louis Delgrès qui est mort pour l’égalité et la liberté.


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En arrivant au Moule, notre priorité est de faire le marché. Pour une raison utilitaire d’abord, car il nous faut remplir frigidaire et placards, vu que nos estomacs, comme la nature, ont horreur du vide. Mais aussi pour le plaisir car cela nous permet de nous plonger dans l’ambiance locale, de humer l’atmosphère du lieu, de se frotter – innocemment – aux doudous, de s’enivrer des senteurs d’épices, de s’esbaudir devant les formes et couleurs étonnantes des fruits et légumes du crû.

 

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Aujourd’hui, pour le dîner nous avons prévu du « Brousse » cet étonnant et délicieux poisson dont je vous ai déjà parlé qui est recouvert d’une « cotte de maille » et que les pêcheurs dépouillent en un seul geste avec une étonnante dextérité (poissons à droite de la photo).

 

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Les lecteurs et lectrices de mon blog qui voient régulièrement mon ami Gibus suspendu à des lianes, ou bien en haut d’un sommet ou d’un cocotier pourraient s’imaginer qu’il est infatigable et qu’il ne se repose jamais. Et bien détrompez vous ! En tous lieux et par tous les temps, qu’il vente, qu’il neige ou que la terre tremble, il fait une sieste « post-déjeuner » qui lui permet de refaire le plein d’énergie ! Et n’allez pas penser qu’il somnole sous l’effet du « Ti’Punch », car le Ti’Punch ça réveille, ça n’endort pas !

 

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Nous passons le reste de l’après midi à nous balader le long de la côte balayée par les Alizés. Le soir venu les rayons du soleil couchant illumine les nuages et l’écume des vagues. Ce qui m’amène à me poser une question : comment de l’eau aussi bleue peut-elle produire une écume aussi blanche ?

 

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Les Alizés soufflant en permanence, la côte est appréciée des amateurs de surf qui viennent chevaucher les vagues. Même les débutants, plus souvent dans l’eau que sur leur planche,  y prennent plaisir car l’eau est à 27° !

 

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Le soir venu, nous nous rendons au marché nocturne (aux Antilles il fait nuit à six heures !) pour y acheter des épices pour assaisonner les « brousses » achetés le matin. Nous y  flânons et nous imprégnons de l’âme de ce pays si coloré  et si chaleureux.

 

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Le lendemain nous partons explorer le nord de Grande Terre du côté de la Grande Vigie et commençons par jeter un œil à la pointe de la Petite Tortue.


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Puis nous allons piquer une tête dans le lagon de la Porte d’Enfer, aux eaux plutôt agitées.  Il faut prendre garde à ne pas se faire drosser contre les bancs de calcaire acérés qui garnissent son pourtour.

 

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 Mais l’eau y est si belle et translucide ! Comment résister !  Au demeurant, peut être que son nom lui vient de ces baigneurs orgueilleux, trop sûrs d’eux, qui s’y sont noyés et ont filé tout droit en enfer, l’orgueil étant un péché mortel !


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Empruntant le sentier côtier, nous nous rendons au « trou de madame Coco ». L’origine de ce nom fait l’objet de diverses légendes absurdes mettant en scène le diable et des sorcières, que reprennent complaisamment les guides touristiques. La vérité est plus triviale . Ce site s’appelle ainsi car dans les années 1930 une paysanne qui vivait à proximité venait chaque fin d’après midi, après la traite des vaches,  contempler la mer s’engouffrer dans cette grotte en y dégustant une glace au coco. Nous tenons cette histoire de Mr Damoiseau que nous avons rencontré au Moule, qui la tient lui même de Mr Bologne auquel Mr Montebello l’aurait raconté….

 

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Poursuivant notre chemin, nous apercevons soudain au pied de la falaise un cheval marin qui a dû se libérer de l’attelage du char de Neptune. Il n’est pas étonnant que le dieu des mers ait préféré abandonner la Méditerranée pour gagner l’Atlantique, vu que notre « Mare Nostrum » devient peu à peu un cloaque infâme.

 

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Au loin nous découvrons le rocher du Piton. Combien de siècles tiendra-t-il encore face à l’assaut des vagues ? En tous les cas son espérance de vie est plus longue que les promesses électorales que l’on nous serine en ce moment à longueur de journée!

 

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Le sentier suit ainsi sur des kilomètres une côte rocheuse qui donne à cette région une allure de Bretagne antillaise, à ceci près que l’on n’ y sert pas, dieu merci, du chouchen, mais du Ti’ Punch !

 

Texte & photos Ulysse (sauf une Buffler)

29.03.2012

A la découverte de Karukera - 9 - La chute Moreau

 

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Au fil de mon reportage sur Karukera,  nous avons  visité les plus belles chutes de cette île qui n’en manquent pas. Ainsi Trois cornes, Matouba, Acomat, Galion  et les chutes du Carbet n’ont plus de secret pour vous. Mais j’ai gardé la plus impressionnante, la plus majestueuse mais aussi la plus difficile d’accès  pour la fin: la chute Moreau qui fait 145 mètres de haut, soit près de trois fois la hauteur des chutes du Niagara (52m) et une  fois et demi celles d’Iguazu au Brésil (102m) ou de Victoria au Zimbabwe (108m).

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Mais comme je le disais, cette chute là se mérite ! Il faut grimper 300 mètres de dénivelé sur un « brouillon » de sentier boueux qui traverse sept fois la rivière Racoon sans aucun passage à gué ! Autant dire qu’il ne faut pas y aller avec des chaussures de frimeur pour club de gym à « Bobos », mais de bonnes vieilles godasses  tout-terrain  qui ne craignent pas l’eau !

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Il faut avoir aussi un bon sens de l’équilibre car les rochers qui tapissent le fond des rivières ont rarement la bonne idée d’être plats. A vrai dire, il n’ y a pas d’autre risque que de se retrouver avec le cul mouillé pour le reste de la randonnée, ce qui, avec les 25° ambiants, est supportable . Mais bon,  c’est une futile affaire d’amour propre, on se sent toujours humilié à se retrouver le cul par terre (en l’occurrence dans l’eau) les quatre fers en l’air ! Certes, on  peut la jouer « british » et déclarer dans ce cas que l’on est un adepte de Rika Zaraï mais on ne trompe personne !

 chute moreau,karukera,rika zaraï,bain de siègeCe parcours est le plus beau et le plus sauvage que l’on puisse faire dans la forêt guadeloupéenne d’autant, qu’il n’y pas beaucoup d’affluence vu la configuration du "prétendu" chemin.

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Des arbres abattus semblent nous inviter à traverser la rivière Racoon sur leurs troncs. Mais nous  préférons garder les pieds sur terre ou plutôt dans l’eau, car en cas de chute  le « Samu » aurait du mal à se frayer un chemin jusqu’ici.

chute moreau,karukera,rika zaraï,bain de siègeAprès avoir escaladé un chaos rocheux, nous découvrons la Chute Moreau dont Gibus, campé à son pied, vous donne l' échelle, que ne permet pas de restituer la photo. Le spectacle est effectivement grandiose et justifie les bains de pieds et de boue répétés pour y arriver !

 

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Nous sacrifions bien évidemment à la tradition du bain, en évitant soigneusement  de nous mettre sous le jet car nous risquerions d’en sortir la tête plate !

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Enchantés, exaltés, revigorés nous prenons le chemin du retour avec le sentiment d’évoluer dans une matrice végétale tant est dense la végétation qui nous entoure. Débarrassés de tout appareillage mécanique ou artificiel, nous retrouvons ce sentiment oublié par l’homme moderne d’être des enfants de la terre .

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Cette terre dresse autour de nous une cathédrale végétale où nous vient l’envie de prier, non pas pour implorer le dieu barbu psycho rigide des religions dites révélées,  mais pour souhaiter que cette beauté soit à jamais préservée car, ici, nous avons l’intuition que si elle disparaissait l’homme signerait son arrêt de mort .

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Et, le temps de notre retour, je vous laisse en silence contempler quelques manifestations de cette incommensurable et indicible  beauté.

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Texte & Photos Ulysse

22.03.2012

A la découverte de Karukera – 8 – Le sentier côtier de l’Acomat

 

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 Aujourd’hui je vous invite à nous suivre sur le sentier côtier de l ‘Acomat qui relie l’Anse de la Source, située au sud de Trois-Rivières, à l’Anse Grande Ravine. Cette partie sud de Basse Terre est recouverte de coulées de lave crachées par la Soufrière il y a plus de cent mille ans. Bien qu’encore actif ce volcan s’est « civilisé » et ne crache plus à tout va comme il le faisait dans sa turbulente jeunesse.

 

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Du fait de ces coulées de lave le sol est très fertile et le chemin traverse une végétation dense et variée. Il faut d’ailleurs être très vigilant pour ne pas en perdre la trace et s’il n’était pas régulièrement emprunté il faudrait peu de temps pour qu’il disparaisse.

 

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Mais aux endroits battus par la mer aucune végétation n’a pu s’accrocher et les coulées de lave sont hérissées de lames de basalte tranchantes comme des couteaux qui – c’est le cas de le dire - coupent court à toute velléité de baignade.

 

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Cette côte dangereuse est poissonneuse et l’on y pêche notamment l’impressionnante dorade coryphène (que l’on peut aussi écrire « daurade », la langue française est rarement aussi tolérante !) si chère à Alain Bombard et dont je vous ai déjà parlé lors de notre deuxième étape.

 

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On a beau avoir déjà  sillonné  Karukera depuis une dizaine de jours nous restons ébahis par l’exubérance de la végétation et la vitalité de certains arbres tels ce figuier maudit, immense pieuvre végétale qui lance ses branches-tentacules à travers la forêt.

 

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Les « bombes » volcaniques projetées par les éruptions leur servent de points d’ancrage et permettent ainsi à ces arbres de résister aux plus violents cyclones.

 

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Et quand certains, malgré tout, tombent foudroyés par un orage ou leur grand âge leurs congénères leur tendent une branche secourable pour les soutenir.

 

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Mais je pense que cette solidarité arboricole a des limites, car si cet arbre là chutait, je doute qu’il soit  accueilli à « branches ouvertes » par ceux qui l’entourent !

 

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Au bord d’une mare alimentée par une source nous faisons une étonnante découverte : une pierre gravée il y a près de mille cinq cents ans par les premiers occupants de l'île, les Arawaks,  venus d’Amérique du Sud. Elle représente une femme en train d’accoucher en position assise comme c’était la tradition chez cette peuplade.

Les Arawaks, peuple pacifique,  furent décimés  entre le VIIème et les IXème siècle, à l’exception des femmes, par  les Caraïbes (ou Kalinas dont le nom signifie «guerrier») venus du Vénézuela  et qui ont donné le nom de Karukera (l’île aux belles eaux) à cette île.

Une fois installés à Karukera les Caraïbes ont colonisé toutes les Petites Antilles vers 1350. Malgré leurs aptitudes guerrières, ils seront à leur tour décimés dans les vingt premières années de la colonisation française de la Guadeloupe, qui débutera en 1635. Ainsi l'histoire humaine n’est-elle qu’une longue litanie de massacres et aucun peuple ne peut se prévaloir d’être supérieur  ou plus « civilisé » qu’un autre.


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Ce vestige d’un moulin d’une ancienne « habitation sucrière » qui servait à broyer la canne  témoigne que cette zone a été autrefois défrichée et exploitée. Mais les hommes ayant déserté les lieux  depuis plus d’un siècle, la nature a reconquis son territoire.


 

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Mais reprenons notre progression dans cette jungle mésophile ou l’entrelacs de lianes nous fait croire qu’elle est peuplée de marsupilamis.

 

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Au cœur de cette jungle luxuriante mon ami Gibus, toujours à la recherche de sensations fortes ne peut résister à l’appel des lianes (petit clin d'oeil épistolaire aux Elianes qui me lisent !).  Je ne serais pas surpris qu’un producteur d’Hollywood en voyant ce reportage ait l’idée de lui confier le rôle de l’inoubliable  Johnny Weissmuller pour faire un »remake» de « Tarzan l’homme singe » !

 


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Marie  voyant son « homme » ainsi voltiger d’arbre en arbre se sent alors une âme de Jane et veut suivre le même chemin. Mais une liane ne résiste pas à sa fougue (oui, oui, c’est bien sa fougue qui est en cause !)

 

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Nous arrivons en vue de la « Grande Pointe » dite aussi « Pointe à la Taste » où est installée une ancienne batterie qui gardait le canal des Saintes, groupe d’îles que l’on aperçoit à l’horizon. Il faut dire que l’histoire de Karukera a été mouvementée. Délaissée par les espagnols qui possédaient  les Grandes Antilles (Cuba, Saint-Domingue, Porto Rico, Bahamas, Jamaïque) ainsi qu’une partie de l’Amérique centrale et du Sud, elle fut envahie tour à tour par les français puis les anglais jusqu’en 1763 où ces derniers y renoncèrent définitivement et reçurent de notre pays le Canada en guise de compensation. Comme on le voit, nos hommes politiques ont toujours été très avisés !

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Aujourd’hui seule la mer part à l’assaut de la cote où elle fait naître de magnifiques gerbes d’écume nées des vagues qui se déchiquètent sur les coulées de lave acérées.

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Le sentier côtier s’arrête à l’Anse  Grande Ravine où le littoral ne se prête plus à la marche à pied.

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Il faudrait être une frégate pour continuer d'explorer la côte ! Cet étonnant oiseau marin, dont le plumage perméable ne lui permet pas de flotter ni de plonger dans l’eau, se nourrit en attrapant les poissons traqués par les thons ou les dauphins au moment où ils  sortent hors de l’eau. Nous faisons donc demi-tour, mais qui se plaindrait de revoir les paysages que nous venons de parcourir !

A suivre.....

Texte & Photos (sauf 4ème) Ulysse

16.03.2012

A la découverte de Karukera 7 - Chutes du Carbet et plage de Roseau

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Quand j’étais adolescent j’ai rêvé, vibré, frissonné en dévorant les récits d’exploration en Afrique de David Livingstone, Henri Stanley ou de Savorgnan de Brazza. Fasciné par leurs aventures, je dessinais des cartes géographiques où j’inventais de nouveaux continents dont je nommais les rivières, les monts, les déserts, et les forêts.

En pénétrant dans les forêts de Karukera j’ai retrouvé ces émotions de mon adolescence. La luxuriance, la densité, la diversité des espèces végétales que l’on y trouve – elles comportent plus de 350 espèces d’arbres – suscitent l’émerveillement et créent une sensation de mystère. On y  ressent, palpable dans l’air, l’élan vital qui dresse ces lianes, ces fougères, ces frondaisons dans une course folle vers la lumière. La vie et la mort en ces lieux sont indissolublement liées, les plantes à terre nourrissant celles qui s’élèvent dans un ballet euphorisant. Immergés dans cet univers, nous comprenons que nous sommes des points de conscience qui clignotent de vie en vie sur la trame de l’éternité.

 

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S’il n’y a pas de cités oubliées à y découvrir, ces forêts sont riches en chutes magnifiques, dont celles du Carbet que nous allons aujourd’hui explorer. Trois chutes, en effet, ponctuent le cours de ce torrent qui prend sa source à 1300mètres d’altitude en plein cœur du massif de la Soufrière et se jette dans la mer en aval de Capesterre, petite ville située au sud de la Côte au Vent de Basse-Terre.

 Seules la deuxième chute, située à 700 mètres d’altitude et  haute de 110 mètres  que l’on aperçoit ici, et la première, qui fait un saut de 125 mètres à 1000 mètres d’altitude, sont accessibles. Le sentier qui mène à la troisième chute, située très en aval a été emporté par un glissement de terrain.

 

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Si l’accès à la deuxième chute est relativement aisé, le chemin qui mène à la première demande quelques d’efforts.  Il faut, en effet, grimper 300 mètres de dénivelé, le sentier étant toutefois  bien aménagé (un peu trop à mon goût)  sauf dans sa partie terminale un peu plus sportive. Vous êtes prêts ? Alors on y va !

Cette zone de la forêt est particulièrement riche en balisiers dont les fleurs ornent la forêt de guirlandes de flammes. Inutile d’appeler les pompiers car nous sommes ici sur le flanc nord de la Soufrière où les nuages larguent quotidiennement d’épisodiques ondées qui ourlent les fleurs de perles d’eau cristallines.

 

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 La nature ici est pleine de fantaisie et orne de dentelles végétales  les troncs d’arbres vénérables qui ne semblent pas en prendre ombrage ! Ces vieux "durs" auraient-ils des cœurs de midinettes ?

 

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Au fur et à mesure que nous grimpons le bruit de la chute se fait de plus ne plus présent.  Elle apparaît soudain dans un déchirure du brouillard qui recouvrait jusqu’alors la forêt.

 

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Du fait du brouillard on a l’impression que c’est le ciel laiteux qui se déverse par l’échancrure qui entaille la paroi du cirque de plus de 120 mètres de haut.

 

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On escalade alors le chaos rocheux qui s’est formé au pied de la cascade, rendu glissant par les embruns emportés par le vent.

 

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Nous éprouvons alors un bonheur intense d’être ainsi seuls au milieu d’une nature vierge et sauvage, le front caressé par le vent chargé d’embruns. Oui, vraiment le bonheur est dans "l’ être" et non dans "l’avoir" et dérisoires nous paraissent alors les plaisirs que nous procurent les biens matériels, à l’exception – soyons honnêtes – de ceux que nous distille la possession d’une bouteille de Karukera, de Damoiseau ou de Bologne accompagnée, cela va de soi, d'un doigt de jus de cane et  d'un citron vert !

 

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 Soudain nous entendons une voix caverneuse qui nous interpelle en nous disant «Alors les p’tits gars, ça vous plait le coin ? » Nous levons la tête et apercevons la tête d’un géant hirsute qui sort du flanc de la falaise. « Je suis le gardien des chutes » nous dit-il  « je veille à ce que les gens qui viennent ici, ne se baignent que s’ils sont à jeun,  car il y a des remous et il faut avoir bon pied !  Etes vous à jeun ? Mettez vous sur un pied et tirez la langue que je le vérifie ! » Interloqués, nous nous exécutons et parvenons à maintenir tant bien que mal notre équilibre . « Bon, c’est limite, votre langue est un peu chargée et vous le chauve, vous branlotez,  mais vous pouvez y aller,  l’un après l’autre c’est plus sûr ! » nous dit-il.

 

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Sous le regard du gardien nous nous baignons donc l’un après l’autre, lui étant reconnaissant pour sa mansuétude, car à vrai dire la veille au soir nous n’avons pas été très raisonnables. Mais vient-on à Karukera pour être raisonnables ?

 

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Revigorés, nous prenons le chemin du retour éclaboussés par des étincelles que le soleil, enfin revenu, projette entre les mailles de la trame végétale que forment les fougères arborescentes.

 

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Nous allons nous remettre de nos efforts sur la plage de Roseau bordée de cocotiers, immenses échassiers unijambistes, qui tendent leur houppe au dessus des flots au bout d’un long cou gracile.

 

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Il faut se méfier de cet arbre qui fait rêver les voyageurs du monde entier. Gare, en effet, à celui qui voudrait jouir de son ombre pour y faire une sieste, car il a la fâcheuse habitude de laisser tomber de temps à autre une noix de coco capable de vous envoyer « ad patres ». C’est ainsi que les noix de coco tuent, paraît-il, chaque année plus de gens que les requins !

 

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Mais on ne leur en tient pas rigueur tant ils ont de charme ! Sans leur présence on pourrait croire que l’on se baigne à Palavas–les-Flots ou à Saint Jean de Mont et qui a envie de passer ses vacances dans ce genre de stations?

 

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Avec eux le plus mauvais photographe devient un artiste et c’est pourquoi j’ai tendance à en abuser !

 

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Outre les cocotiers, les plages de Karukera ont un autre sujet d’intérêt : les pélicans!

 

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Ils passent leur temps a effectuer des démonstrations de plongée pour le plus grand bonheur des touristes, à croire qu’ils touchent une prime (en poissons) des syndicats d’initiative locaux.

 

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On peut dire qu’ils ne ménagent pas leur peine faisant même parfois des duos presque parfaitement synchronisés.

 

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Subjugués par cet étonnant spectacle, nous n’avons pas vu le temps passer.  Mais le soleil s’apprête à tirer sa révérence et il est donc temps de rentrer pour le Ti Punch Time !

Texte @ Photos Ulysse (sauf  quatre de Buffler)