suivi de mon blog
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

15/09/2014

Périple suisse : L’ascension de la Tour d’AÏ (2400mètres)

 

tour d'aï,mont blanc,choucas,polyphénols

 Un ciel bleu méditerranéen s’étant installé au dessus de la Suisse qui a connu un été pourri - ce qui nous console un peu nous français, car ce serait quand même injuste que nos chers voisins aient à la fois la prospérité économique et du beau temps  - nous décidons, emmenés par notre guide local Rémi, de faire l’ascension de la Tour d’Aï (on prononce a-i) un sommet somme tout modeste (2400m) mais pas si facile que ça d’accès.

 

 

tour d'aï,mont blanc,choucas,polyphénols

C’est que les pentes sont raides dans ce pays, une pente à 10 % étant considérée ici comme un faux plat !

 

 

tour d'aï,mont blanc,choucas,polyphénols

Les vaches suisses sont parmi les plus sportives du monde et je suis persuadé que si on organisait un jour un marathon des vaches elles trusteraient les premières places. Ce n’est pas étonnant que ces animaux,  pourtant ventripotents, ornent les plaquettes de chocolat suisse ! Un coup de barre, une barre de chocolat Milka Suchard et ça repart ! Je vous assure que je ne perçois rien pour faire de la pub et je vous affirme, les yeux dans les yeux, que je n’ai pas de compte en suisse,  c’est incompatible avec mes principes (et aussi avec mes moyens !

 

 

tour d'aï,mont blanc,choucas,polyphénols

Après une bonne heure et demi de marche nous parvenons sur un premier plateau à environ 1900mètres d’altitude. Il est cerné de barres rocheuses qui créent des turbulences atmosphériques entre le fond des vallées, encore dans l’ombre  et où règne un air froid,  et les sommets inondés de soleil. Des masses nuageuses qui s’étaient assoupies dans les vallées s’envolent ainsi brutalement vers les cieux dans un magnifique ballet protéiforme. La seule chose qui me chagrine, comme souvent dans les Alpes, c’est qu’un  téléphérique, construit pour les sports d’hiver, permet d’accéder en ce lieu, ce qui lui enlève une grande partie de son charme. Je n’aime pas en haute montagne voir l’empreinte de notre monde moderne car cela m’empêche de retrouver le lien ancestral qu’avait l’homme avec la nature avant son avènement. Ce n’est pas que je rejette ce monde dans lequel je vis, mais j’aime bien de temps en temps pouvoir m’en éloigner pour ne pas perdre de vue ce qui est essentiel dans nos existences : sens de l’effort, ténacité, méditation, rêverie, empathie avec le monde vivant animal, végétal et minéral.

 

 

 

tour d'aï,mont blanc,choucas,polyphénols 

Cela dit la splendeur du lieu me fait vite oublier cet inconvénient. Une falaise rocheuse se dresse devant nous qu’il va falloir contourner pour accéder à la Tour d’AÏ , qui n’est pas un monument mais  un sommet érodé en forme de tour.

 

tour d'aï,mont blanc,choucas,polyphénols 

Certes, on pourrait emprunter comme ces grimpeurs un raccourci mais cela requiert une compétence que je n’ai pas et il en est de même pour  mes compagnons,  bien que Gibus dans sa jeunesse ait pratiqué ce genre d’exercice.

 

 

tour d'aï,mont blanc,choucas,polyphénols

Nous empruntons donc la via ferrata autrement moins sportive bien qu’elle nécessite une certaine concentration et soit déconseillée à ceux qui ont le vertige. Nous passons tous l’obstacle avec succès, mais la difficulté est moindre à la montée, où l’on voit bien les prises, qu’à la descente où on les cherche du bout des pieds…..Mais chaque chose en son temps !

 

 

tour d'aï,mont blanc,choucas,polyphénols

Au fur et à mesure le panorama s’élargit et nous découvrons le Mont Blanc enneigé derrière le massif des Dents du Midi. Du fait de la perspective, le géant des Alpes (4807m)  semble dominé par les dents qui culminent à 3257m.  Mais il en est souvent ainsi dans nos existences où l’on perd de vue des choses essentielles, préoccupés que nous sommes par des soucis ou des problèmes sans véritable importance.

 

 

tour d'aï,mont blanc,choucas,polyphénolsNous parvenons enfin en vue du sommet de la Tour qui n’a pas usurpé son nom.

 tour d'aï,mont blanc,choucas,polyphénols

Quelques dizaines de battements de coeur plus tard nous y sommes, jouissant d’une vue imprenable sur une grande partie des Alpes suisses. Grâce à l’altitude, les oeuvres humaines ne sont plus que de minuscules artefacts qui ne gâchent plus le sentiment de plénitude et l’empathie avec l’univers qui nous gagne quand on gravit un sommet.

 

 

tour d'aï,mont blanc,choucas,polyphénols

En face de nous se dresse la Tour de Mayen, formation géologique jumelle de la Tour d’Aï, où l’on aperçoit de minuscules silhouettes humaines qui donnent à la fois l’image de notre fragilité mais aussi de notre incommensurable résilience et  énergie. Ah ! si l’humanité employait cette énergie à de nobles causes la terre serait depuis longtemps un paradis. Mais hélas les  exigences et  les bobos de nos ego ont fichu un sacré bazard !

 

 

tour d'aï,mont blanc,choucas,polyphénols

Les véritables maitres des lieux sont les oiseaux  auxquels les courants d’air servent d’échelle céleste. Ils parcourent ces immensités en bougeant à peine leurs ailes. Ca nous fait un peu enrager quand on voit l’énergie que l’on dépense pour arriver jusqu’ici .

 

 

tour d'aï,mont blanc,choucas,polyphénols

Mais quel bonheur d’admirer leurs évolutions et leur parfaite maitrise des airs. Ce choucas a compris qu’il était photographié et il a pris la pose exprès pour moi, si, si, je vous assure, ne souriez pas… ! Contrairement à ce que l’on pense les oiseaux sont très intelligents et savent se servir de nous pour arriver à leurs fins. D’ailleurs, après avoir lu cet article vous ne direz plus de quelqu’un d’idiot qu’il a une cervelle d’oiseau !

 

 

tour d'aï,mont blanc,choucas,polyphénols

 

Enfin pour l’heure nous sommes sur un pied d’égalité avec ce choucas quant à la beauté des paysages que nous admirons..

 

 

tour d'aï,mont blanc,choucas,polyphénols

Il suffit d’étendre les bras à l’horizontale , de faiblement les agiter pour avoir le sentiment de voler

 

 

tour d'aï,mont blanc,choucas,polyphénols

Mais  il nous faut revenir à la réalité et nous entamons la descente pedibus cum jambis et non en se faisant porter par Eole.

 

 

tour d'aï,mont blanc,choucas,polyphénols

Nous rechargeons nos batteries mises à mal par l’ascension en s’octroyant un pantagruélique pique-nique. Comme vous pouvez le voir notre amie Vitis Vinifera est de la partie, les polyphénols qu’elle nous apporte contribuant au bon fonctionnement de notre moteur, à savoir notre cœur !

 

 

tour d'aï,mont blanc,choucas,polyphénols

Et puis nous ne sommes pas au bout de nos peines car il nous reste encore un bon dénivelé à descendre et le temps étant au beau fixe nous avons décidé de prendre quelques « rallongis » (formule crée par ma petite fille Louna victime de mes « errements » en randonnée). En se retournant on aperçoit la Tour d’Aï sur laquelle nous avons grimpé. Impressionnant n’est ce pas ! et impressionnés nous sommes nous même d’ailleurs !

 

 

tour d'aï,mont blanc,choucas,polyphénols

Nous franchissons quelques obstacles mais qui restent modestes par rapport à l’ascension du matin…

  

 

tour d'aï,mont blanc,choucas,polyphénols

Nous croisons un homme oiseau, témoin de l’étonnant génie que nous pouvons manifester, nous qui avons inventé des machines qui nous libèrent de la gravité et nous permettent d’aller sous l’eau ou dans l’espace. Il nous reste à trouver le gène qui nous fait nous conduire souvent comme des idiots et le monde sera sauvé…

 

 

tour d'aï,mont blanc,choucas,polyphénols

Allez, le vieux bougon que je suis a assez ratiociné. Je vous laisse finir la balade en silence…

 

 

tour d'aï,mont blanc,choucas,polyphénols

Nous arrivons dans la vallée alors que le ciel commence à se nimber d’une lumière vespérale et que les nuages l’envahissent, entraînés par l’air froid qui tombe des cimes. On se réjouit déjà à l’idée de la bière qui nous attend au chalet et de la douche tout aussi fraîche qui s’ensuivra….

Et si vous avez envie d'un intermède musical je vous convie à vous rendre sur mon blog musical OLD NUT pour écouter ma nouvelle chanson "Gaïa Blues" (nouvelle version pour ceux qui la connaissent déjà)

Cliquez :

 

ICI

 

A suivre..

 

Texte & photos Ulysse (sauf la 7ème "Via ferrata" Marie)

 

Commentaires

Les faux-plat de Gibus, on commence a les connaître!.......
Vraiment une belle rando, et sportive en plus.
A bientôt et bonne marche dans le Caroux.

Écrit par : marc | 16/09/2014

Bonjour Ulysse, quelle magnifique randonnée, nous sommes tellement chanceux de vivre cet expérience en images et textes, c'est merveilleux, des endroits de rêves, tellement beaux et intéressant! Un gros merci pour ce partage, bise et bon mardi tout en douceur!

Écrit par : Maria-lina | 16/09/2014

Hi hi! Nous avons un point commun toi et moi: les rallongis. :-))) Je peux pas m'en empêcher, y en a toujours!
Les vues sont grandioses, la dernière photo sublime (j'aurai aimé la faire), par contre la via ferrata je te la laisse. :-)))

C'est fini ou y a la suite au chalet? lol

Bises Ulysse

Écrit par : Gaya Nature | 16/09/2014

toutes les photos sont belles mais j'aime beaucoup l'atmosphère de la dernière.
10 % ... dur dur pour le coeur ! mon chéri n'apprécie pas trop les randonnées (pourtant il marche mieux et plus vite que moi) alors j'apprécie tes ascensions.
il préfère voler avec son paramoteur ... et faire l'oiseau
et merci pour ces reportages

Écrit par : durgalola | 16/09/2014

Encore un sommet à notre actif, celui-ci grâce à notre ami Rémy qui nous a guidé sur les terres de ses aïeux.

Écrit par : GIBUS | 16/09/2014

Comme d'habitude, y'a rien à jeter dans cet article, tout y est, la beauté des montagnes, le récit, l'humour à la Ulysse (les vaches les plus sportives au monde, ah, ah) et j'en passe. Ce pays est vraiment beau. J'aurais bien aimé être suissesse et épouser un ptit suisse.

Écrit par : juliette | 18/09/2014

Marc tu parles en expert !

MariaLina je suis heureux que tu apprécies malgré la pente raide

Caroline dans la prochaine note on changera d'ambiance...mais le chalet on se le garde pour nous !

Andrée à chacun ses passions

Gibus j'espère qu'il y en aura encore beaucoup d'autres

Juliette ne te plains pas l'Auvergne c'est beau aussi !

Écrit par : Ulysse | 20/09/2014

Impressionnant et éblouissant ! Pour employer les termes des jeunes, je suis restée "scotchée" devant tes photos ! Ici c'est ma fille qui a longtemps râlé contre les "allongis" de son père .....errements en villes inconnues à l'étranger !!!! belle fin de journée !

Écrit par : Colette | 21/09/2014

Les commentaires sont fermés.