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10/10/2015

A la découverte de Karukera -10- Le Moule et la pointe de la Grande Vigie

Reprise d'archive
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Pour la dernière semaine de notre séjour, nous avons choisi de jeter l’ancre au Moule, l’une des plus vieilles communes de Karukera, située sur la façade atlantique de  Grande-Terre. Son nom est une déformation de «môle» (jetée) et, de fait, elle abrite le seul port de la côte atlantique.

Au début du 18e siècle, le Moule est devenu le lieu de résidence de l’aristocratie coloniale, ce qui explique la présence d’une imposante église de style néoclassique. Malgré les nombreuses catastrophes qui l’ont affectée (incendie, tremblement de terre, cyclone) cette ville  possède encore un important patrimoine architectural. On y trouve également la dernière usine à sucre de la Guadeloupe continentale, l’Usine de Gardel.

 

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Dans tous les villages de l’île on trouve immanquablement, soit une rue « Victor Schoelcher » en l’honneur de l’homme qui a fait abolir définitivement l’esclavage en France en 1848 (rappelons que les révolutionnaires de 1789 l’avaient une première fois aboli, mais celui-ci fut rétabli par l’infâme Napoléon) soit une statue de Louis Delgrès.

D’origine martiniquaise, ce colonel de l’armée française, fervent défenseur de la République, se révolta contre la restauration de l’esclavage par le tyran corse . Assiégé, il se fit sauter dans un fort à Matouba avec 300 de ses compatriotes  en criant « Plutôt la mort que l’esclavage ». Mais nos livres d’histoire célèbrent Napoléon, qui a pourtant mis l’Europe a feu et à sang et ruiné la France et  ignorent Louis Delgrès qui est mort pour l’égalité et la liberté.

 

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En arrivant au Moule, notre priorité est de faire le marché. Pour une raison utilitaire d’abord, car il nous faut remplir frigidaire et placards, vu que nos estomacs, comme la nature, ont horreur du vide. Mais aussi pour le plaisir car cela nous permet de nous plonger dans l’ambiance locale, de humer l’atmosphère du lieu, de se frotter – innocemment – aux doudous, de s’enivrer des senteurs d’épices, de s’esbaudir devant les formes et couleurs étonnantes des fruits et légumes du crû.

 

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Aujourd’hui, pour le dîner nous avons prévu du « Brousse » cet étonnant et délicieux poisson dont je vous ai déjà parlé qui est recouvert d’une « cotte de maille » et que les pêcheurs dépouillent en un seul geste avec une étonnante dextérité (poissons à droite de la photo).

 

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Les lecteurs et lectrices de mon blog qui voient régulièrement mon ami Gibus suspendu à des lianes, ou bien en haut d’un sommet ou d’un cocotier pourraient s’imaginer qu’il est infatigable et qu’il ne se repose jamais. Et bien détrompez vous ! En tous lieux et par tous les temps, qu’il vente, qu’il neige ou que la terre tremble, il fait une sieste « post-déjeuner » qui lui permet de refaire le plein d’énergie ! Et n’allez pas penser qu’il somnole sous l’effet du « Ti’Punch », car le Ti’Punch ça réveille, ça n’endort pas !

 

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Nous passons le reste de l’après midi à nous balader le long de la côte balayée par les Alizés. Le soir venu les rayons du soleil couchant illumine les nuages et l’écume des vagues. Ce qui m’amène à me poser une question : comment de l’eau aussi bleue peut-elle produire une écume aussi blanche ?

 

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Les Alizés soufflant en permanence, la côte est appréciée des amateurs de surf qui viennent chevaucher les vagues. Même les débutants, plus souvent dans l’eau que sur leur planche,  y prennent plaisir car l’eau est à 27° !

 

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Le soir venu, nous nous rendons au marché nocturne (aux Antilles il fait nuit à six heures !) pour y acheter des épices pour assaisonner les « brousses » achetés le matin. Nous y  flânons et nous imprégnons de l’âme de ce pays si coloré  et si chaleureux.

 

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Le lendemain nous partons explorer le nord de Grande Terre du côté de la Grande Vigie et commençons par jeter un œil à la pointe de la Petite Tortue.

 

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Puis nous allons piquer une tête dans le lagon de la Porte d’Enfer, aux eaux plutôt agitées.  Il faut prendre garde à ne pas se faire drosser contre les bancs de calcaire acérés qui garnissent son pourtour.

 

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 Mais l’eau y est si belle et translucide ! Comment résister !  Au demeurant, peut être que son nom lui vient de ces baigneurs orgueilleux, trop sûrs d’eux, qui s’y sont noyés et ont filé tout droit en enfer, l’orgueil étant un péché mortel !

 

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Empruntant le sentier côtier, nous nous rendons au « trou de madame Coco ». L’origine de ce nom fait l’objet de diverses légendes absurdes mettant en scène le diable et des sorcières, que reprennent complaisamment les guides touristiques. La vérité est plus triviale . Ce site s’appelle ainsi car dans les années 1930 une paysanne qui vivait à proximité venait chaque fin d’après midi, après la traite des vaches,  contempler la mer s’engouffrer dans cette grotte en y dégustant une glace au coco. Nous tenons cette histoire de Mr Damoiseau que nous avons rencontré au Moule, qui la tient lui même de Mr Bologne auquel Mr Montebello l’aurait raconté….

 

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Poursuivant notre chemin, nous apercevons soudain au pied de la falaise un cheval marin qui a dû se libérer de l’attelage du char de Neptune. Il n’est pas étonnant que le dieu des mers ait préféré abandonner la Méditerranée pour gagner l’Atlantique, vu que notre « Mare Nostrum » devient peu à peu un cloaque infâme.

 

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Au loin nous découvrons le rocher du Piton. Combien de siècles tiendra-t-il encore face à l’assaut des vagues ? Le sentier suit ainsi sur des kilomètres une côte rocheuse qui donne à cette région une allure de Bretagne antillaise, à ceci près que l’on n’ y sert pas, dieu merci, du chouchen, mais du Ti’ Punch!grande vigie,brousse,surf,chouchen

 

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TEXTE & PHOTOS ULYSSE (sauf une Buffler)


 

03/10/2015

A la découverte de Karukera - 9 - La chute Moreau

 Reprise d'archive

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Au fil de mon reportage sur Karukera,  nous avons  visité les plus belles chutes de cette île qui n’en manquent pas. Ainsi Trois cornes, Matouba, Acomat, Galion  et les chutes du Carbet n’ont plus de secret pour vous. Mais j’ai gardé la plus impressionnante, la plus majestueuse mais aussi la plus difficile d’accès  pour la fin: la chute Moreau qui fait 145 mètres de haut, soit près de trois fois la hauteur des chutes du Niagara (52m) et une  fois et demi celles d’Iguazu au Brésil (102m) ou de Victoria au Zimbabwe (108m).

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Mais comme je le disais, cette chute là se mérite ! Il faut grimper 300 mètres de dénivelé sur un « brouillon » de sentier boueux qui traverse sept fois la rivière Racoon sans aucun passage à gué ! Autant dire qu’il ne faut pas y aller avec des chaussures de frimeur pour club de gym à « Bobos », mais de bonnes vieilles godasses  tout-terrain  qui ne craignent pas l’eau !

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Il faut avoir aussi un bon sens de l’équilibre car les rochers qui tapissent le fond des rivières ont rarement la bonne idée d’être plats. A vrai dire, il n’ y a pas d’autre risque que de se retrouver avec le cul mouillé pour le reste de la randonnée, ce qui, avec les 25° ambiants, est supportable . Mais bon,  c’est une futile affaire d’amour propre, on se sent toujours humilié à se retrouver le cul par terre (en l’occurrence dans l’eau) les quatre fers en l’air ! Certes, on  peut la jouer « british » et déclarer dans ce cas que l’on est un adepte de Rika Zaraï mais on ne trompe personne !

 chute moreau,karukera,rika zaraï,bain de siègeCe parcours est le plus beau et le plus sauvage que l’on puisse faire dans la forêt guadeloupéenne d’autant, qu’il n’y pas beaucoup d’affluence vu la configuration du "prétendu" chemin.

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Des arbres abattus semblent nous inviter à traverser la rivière Racoon sur leurs troncs. Mais nous  préférons garder les pieds sur terre ou plutôt dans l’eau, car en cas de chute  le « Samu » aurait du mal à se frayer un chemin jusqu’ici.

chute moreau,karukera,rika zaraï,bain de siègeAprès avoir escaladé un chaos rocheux, nous découvrons la Chute Moreau dont Gibus, campé à son pied, vous donne l' échelle, que ne permet pas de restituer la photo. Le spectacle est effectivement grandiose et justifie les bains de pieds et de boue répétés pour y arriver !

 

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Nous sacrifions bien évidemment à la tradition du bain, en évitant soigneusement  de nous mettre sous le jet car nous risquerions d’en sortir la tête plate !

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Enchantés, exaltés, revigorés nous prenons le chemin du retour avec le sentiment d’évoluer dans une matrice végétale tant est dense la végétation qui nous entoure. Débarrassés de tout appareillage mécanique ou artificiel, nous retrouvons ce sentiment oublié par l’homme moderne d’être des enfants de la terre .

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Cette terre dresse autour de nous une cathédrale végétale où nous vient l’envie de prier, non pas pour implorer le dieu barbu psycho rigide des religions dites révélées,  mais pour souhaiter que cette beauté soit à jamais préservée car, ici, nous avons l’intuition que si elle disparaissait l’homme signerait son arrêt de mort .

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Et, le temps de notre retour, je vous laisse en silence contempler quelques manifestations de cette incommensurable et indicible  beauté.

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Texte & Photos Ulysse

26/09/2015

A la découverte de Karukera – 8 – Le sentier côtier de l’Acomat

 Reprise d'archive

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Aujourd’hui je vous invite à nous suivre sur le sentier côtier de l‘Acomat qui relie l’Anse de la Source, située au sud de Trois-Rivières, à l’Anse Grande Ravine. Cette partie sud de Basse Terre est recouverte de coulées de lave crachées par la Soufrière il y a plus de cent mille ans. Bien qu’encore actif ce volcan s’est « civilisé » et ne crache plus à tout va comme il le faisait dans sa turbulente jeunesse.

 

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Du fait de ces coulées de lave le sol est très fertile et le chemin traverse une végétation dense et variée. Il faut d’ailleurs être très vigilant pour ne pas en perdre la trace et s’il n’était pas régulièrement emprunté il faudrait peu de temps pour qu’il disparaisse.

 

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Mais aux endroits battus par la mer aucune végétation n’a pu s’accrocher et les coulées de lave sont hérissées de lames de basalte tranchantes comme des couteaux qui – c’est le cas de le dire - coupent court à toute velléité de baignade.

 

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Cette côte dangereuse est poissonneuse et l’on y pêche notamment l’impressionnante dorade coryphène (que l’on peut aussi écrire « daurade », la langue française est rarement aussi tolérante !) si chère à Alain Bombard et dont je vous ai déjà parlé lors de notre deuxième étape.

 

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On a beau avoir déjà  sillonné  Karukera depuis une dizaine de jours nous restons ébahis par l’exubérance de la végétation et la vitalité de certains arbres tels ce figuier maudit, immense pieuvre végétale qui lance ses branches-tentacules à travers la forêt.

 

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Les « bombes » volcaniques projetées par les éruptions leur servent de points d’ancrage et permettent ainsi à ces arbres de résister aux plus violents cyclones.

 

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Et quand certains, malgré tout, tombent foudroyés par un orage ou leur grand âge leurs congénères leur tendent une branche secourable pour les soutenir.

 

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Mais je pense que cette solidarité arboricole a des limites, car si cet arbre là chutait, je doute qu’il soit  accueilli à « branches ouvertes » par ceux qui l’entourent !

 

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Au bord d’une mare alimentée par une source nous faisons une étonnante découverte : une pierre gravée il y a près de mille cinq cents ans par les premiers occupants de l'île, les Arawaks,  venus d’Amérique du Sud. Elle représente une femme en train d’accoucher en position assise comme c’était la tradition chez cette peuplade.

Les Arawaks, peuple pacifique,  furent décimés  entre le VIIème et les IXème siècle, à l’exception des femmes, par  les Caraïbes (ou Kalinas dont le nom signifie «guerrier») venus du Vénézuela  et qui ont donné le nom de Karukera (l’île aux belles eaux) à cette île.

Une fois installés à Karukera les Caraïbes ont colonisé toutes les Petites Antilles vers 1350. Malgré leurs aptitudes guerrières, ils seront à leur tour décimés dans les vingt premières années de la colonisation française de la Guadeloupe, qui débutera en 1635. Ainsi l'histoire humaine n’est-elle qu’une longue litanie de massacres et aucun peuple ne peut se prévaloir d’être supérieur  ou plus « civilisé » qu’un autre.

 

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Ce vestige d’un moulin d’une ancienne « habitation sucrière » qui servait à broyer la canne  témoigne que cette zone a été autrefois défrichée et exploitée. Mais les hommes ayant déserté les lieux  depuis plus d’un siècle, la nature a reconquis son territoire.

 

 

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Mais reprenons notre progression dans cette jungle mésophile ou l’entrelacs de lianes nous fait croire qu’elle est peuplée de marsupilamis.

 

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Au cœur de cette jungle luxuriante mon ami Gibus, toujours à la recherche de sensations fortes ne peut résister à l’appel des lianes (petit clin d'oeil épistolaire aux Elianes qui me lisent !).  Je ne serais pas surpris qu’un producteur d’Hollywood en voyant ce reportage ait l’idée de lui confier le rôle de l’inoubliable  Johnny Weissmuller pour faire un »remake» de « Tarzan l’homme singe » !

 

 

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Marie  voyant son « homme » ainsi voltiger d’arbre en arbre se sent alors une âme de Jane et veut suivre le même chemin. Mais une liane ne résiste pas à sa fougue (oui, oui, c’est bien sa fougue qui est en cause !)

 

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Nous arrivons en vue de la « Grande Pointe » dite aussi « Pointe à la Taste » où est installée une ancienne batterie qui gardait le canal des Saintes, groupe d’îles que l’on aperçoit à l’horizon. Il faut dire que l’histoire de Karukera a été mouvementée. Délaissée par les espagnols qui possédaient  les Grandes Antilles (Cuba, Saint-Domingue, Porto Rico, Bahamas, Jamaïque) ainsi qu’une partie de l’Amérique centrale et du Sud, elle fut envahie tour à tour par les français puis les anglais jusqu’en 1763 où ces derniers y renoncèrent définitivement et reçurent de notre pays le Canada en guise de compensation. Comme on le voit, nos hommes politiques ont toujours été très avisés !

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Aujourd’hui seule la mer part à l’assaut de la cote où elle fait naître de magnifiques gerbes d’écume nées des vagues qui se déchiquètent sur les coulées de lave acérées.

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Le sentier côtier s’arrête à l’Anse  Grande Ravine où le littoral ne se prête plus à la marche à pied.

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Il faudrait être une frégate pour continuer d'explorer la côte ! Cet étonnant oiseau marin, dont le plumage perméable ne lui permet pas de flotter ni de plonger dans l’eau, se nourrit en attrapant les poissons traqués par les thons ou les dauphins au moment où ils  sortent hors de l’eau. Nous faisons donc demi-tour, mais qui se plaindrait de revoir les paysages que nous venons de parcourir !

 

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Texte & Photos (sauf 4ème) Ulysse

19/09/2015

A la découverte de Karukera 7 - Chutes du Carbet et plage de Roseau

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Quand j’étais adolescent j’ai rêvé, vibré, frissonné en dévorant les récits d’exploration en Afrique de David Livingstone, Henri Stanley ou de Savorgnan de Brazza. Fasciné par leurs aventures, je dessinais des cartes géographiques où j’inventais de nouveaux continents dont je nommais les rivières, les monts, les déserts, et les forêts.

En pénétrant dans les forêts de Karukera j’ai retrouvé ces émotions de mon adolescence. La luxuriance, la densité, la diversité des espèces végétales que l’on y trouve – elles comportent plus de 350 espèces d’arbres – suscitent l’émerveillement et créent une sensation de mystère. On y  ressent, palpable dans l’air, l’élan vital qui dresse ces lianes, ces fougères, ces frondaisons dans une course folle vers la lumière. La vie et la mort en ces lieux sont indissolublement liées, les plantes à terre nourrissant celles qui s’élèvent dans un ballet euphorisant. Immergés dans cet univers, nous comprenons que nous sommes des points de conscience qui clignotent de vie en vie sur la trame de l’éternité.

 

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S’il n’y a pas de cités oubliées à y découvrir, ces forêts sont riches en chutes magnifiques, dont celles du Carbet que nous allons aujourd’hui explorer. Trois chutes, en effet, ponctuent le cours de ce torrent qui prend sa source à 1300mètres d’altitude en plein cœur du massif de la Soufrière et se jette dans la mer en aval de Capesterre, petite ville située au sud de la Côte au Vent de Basse-Terre.

 Seules la deuxième chute, située à 700 mètres d’altitude et  haute de 110 mètres  que l’on aperçoit ici, et la première, qui fait un saut de 125 mètres à 1000 mètres d’altitude, sont accessibles. Le sentier qui mène à la troisième chute, située très en aval a été emporté par un glissement de terrain.

 

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Si l’accès à la deuxième chute est relativement aisé, le chemin qui mène à la première demande quelques d’efforts.  Il faut, en effet, grimper 300 mètres de dénivelé, le sentier étant toutefois  bien aménagé (un peu trop à mon goût)  sauf dans sa partie terminale un peu plus sportive. Vous êtes prêts ? Alors on y va !

Cette zone de la forêt est particulièrement riche en balisiers dont les fleurs ornent la forêt de guirlandes de flammes. Inutile d’appeler les pompiers car nous sommes ici sur le flanc nord de la Soufrière où les nuages larguent quotidiennement d’épisodiques ondées qui ourlent les fleurs de perles d’eau cristallines.

 

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 La nature ici est pleine de fantaisie et orne de dentelles végétales  les troncs d’arbres vénérables qui ne semblent pas en prendre ombrage ! Ces vieux "durs" auraient-ils des cœurs de midinettes ?

 

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Au fur et à mesure que nous grimpons le bruit de la chute se fait de plus ne plus présent.  Elle apparaît soudain dans un déchirure du brouillard qui recouvrait jusqu’alors la forêt.

 

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Du fait du brouillard on a l’impression que c’est le ciel laiteux qui se déverse par l’échancrure qui entaille la paroi du cirque de plus de 120 mètres de haut.

 

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On escalade alors le chaos rocheux qui s’est formé au pied de la cascade, rendu glissant par les embruns emportés par le vent.

 

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Nous éprouvons alors un bonheur intense d’être ainsi seuls au milieu d’une nature vierge et sauvage, le front caressé par le vent chargé d’embruns. Oui, vraiment le bonheur est dans "l’ être" et non dans "l’avoir" et dérisoires nous paraissent alors les plaisirs que nous procurent les biens matériels, à l’exception – soyons honnêtes – de ceux que nous distille la possession d’une bouteille de Karukera, de Damoiseau ou de Bologne accompagnée, cela va de soi, d'un doigt de jus de cane et  d'un citron vert !

 

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 Soudain nous entendons une voix caverneuse qui nous interpelle en nous disant «Alors les p’tits gars, ça vous plait le coin ? » Nous levons la tête et apercevons la tête d’un géant hirsute qui sort du flanc de la falaise. « Je suis le gardien des chutes » nous dit-il  « je veille à ce que les gens qui viennent ici, ne se baignent que s’ils sont à jeun,  car il y a des remous et il faut avoir bon pied !  Etes vous à jeun ? Mettez vous sur un pied et tirez la langue que je le vérifie ! » Interloqués, nous nous exécutons et parvenons à maintenir tant bien que mal notre équilibre . « Bon, c’est limite, votre langue est un peu chargée et vous le chauve, vous branlotez,  mais vous pouvez y aller,  l’un après l’autre c’est plus sûr ! » nous dit-il.

 

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Sous le regard du gardien nous nous baignons donc l’un après l’autre, lui étant reconnaissant pour sa mansuétude, car à vrai dire la veille au soir nous n’avons pas été très raisonnables. Mais vient-on à Karukera pour être raisonnables ?

 

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Revigorés, nous prenons le chemin du retour éclaboussés par des étincelles que le soleil, enfin revenu, projette entre les mailles de la trame végétale que forment les fougères arborescentes.

 

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Nous allons nous remettre de nos efforts sur la plage de Roseau bordée de cocotiers, immenses échassiers unijambistes, qui tendent leur houppe au dessus des flots au bout d’un long cou gracile.

 

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Il faut se méfier de cet arbre qui fait rêver les voyageurs du monde entier. Gare, en effet, à celui qui voudrait jouir de son ombre pour y faire une sieste, car il a la fâcheuse habitude de laisser tomber de temps à autre une noix de coco capable de vous envoyer « ad patres ». C’est ainsi que les noix de coco tuent, paraît-il, chaque année plus de gens que les requins !

 

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Mais on ne leur en tient pas rigueur tant ils ont de charme ! Sans leur présence on pourrait croire que l’on se baigne à Palavas–les-Flots ou à Saint Jean de Mont et qui a envie de passer ses vacances dans ce genre de stations?

 

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Avec eux le plus mauvais photographe devient un artiste et c’est pourquoi j’ai tendance à en abuser !

 

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Outre les cocotiers, les plages de Karukera ont un autre sujet d’intérêt : les pélicans!

 

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Ils passent leur temps a effectuer des démonstrations de plongée pour le plus grand bonheur des touristes, à croire qu’ils touchent une prime (en poissons) des syndicats d’initiative locaux.

 

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On peut dire qu’ils ne ménagent pas leur peine faisant même parfois des duos presque parfaitement synchronisés.

 

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Subjugués par cet étonnant spectacle, nous n’avons pas vu le temps passer.  Mais le soleil s’apprête à tirer sa révérence et il est donc temps de rentrer pour le Ti Punch Time !

 

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Et comme en France tout finit par des chansons je vous invite à aller écouter celles que j'ai composées et qui sont diffusées sous mon nom d'artiste OLD NUT sur 

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Texte @ Photos Ulysse (sauf  quatre de Buffler) 

  

11/09/2015

A la découverte de karukera 6 - Goyave : la mangrove et l’îlet Fortune

 (Reprise d'archive)

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Nous voilà au début de notre deuxième semaine de séjour et nous nous rendons dans la région de Goyave où se trouve notre seconde rhumerie, heu ! excusez ce lapsus calami, je voulais dire notre second  gîte.  Cette ville située sur la côte au vent de Basse-Terre – exposée donc aux alizés -  tient son nom de la rivière éponyme toute proche, nommée ainsi en raison des  goyaviers qui la bordent. La goyave est un fruit délicieux dont le jus se marrie merveilleusement avec le rhum, mais  à vrai dire qu’est ce qui ne s’accorde pas avec le rhum à part la pomme de terre et les topinambours ! Longtemps basée sur la canne à sucre, l’économie de cette région repose aujourd’hui essentiellement sur les bananeraies – dont nous voyons ici une magnifique exploitation - et l’aquaculture.

 

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Nous nous rendons sur le port où nous rencontrons Jean Marc qui tient un restaurant : le Koté T’Chalis situé près du débarcadère où il sert une cuisine exotique inventive et raffinée (nous l’avons personnellement testé) servie sur une idyllique terrasse ouverte sur la mer. Il emmène à l’occasion les touristes visiter la mangrove qui borde la côte et l’ïlet Fortune, lieu sauvage et inhabité situé à environ 2 kilomètres au large. Jean-marc étant pour l’heure disponible, nous lui demandons de nous y emmener.

 

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Nous voilà donc partis en direction de la mangrove, fouillis végétal impénétrable constitué de végétaux halophiles  qui  se développent  dans la zone de balancement des marées  des côtes basses ainsi qu’à l'embouchure de certains fleuves dans les régions tropicales.

 

 

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La mangrove fait partie des écosystèmes les plus productifs (bois et ressources halieutiques) de notre planète. Elle héberge de nombreux oiseaux et animaux et  assure également une excellente protection contre l’érosion et les tsunamis. Sa destruction actuelle provoquée par les activités humaines, et notamment l’aquaculture de crevettes, met en péril la préservation des côtes et de la biodiversité. Ainsi en mangeant des crevettes « exotiques » nous contribuons probablement à leur destruction. Se renseigner donc sur l’origine avant d’en consommer !

 

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 Dans les endroits de la mangrove où l’eau circule on trouve quasi exclusivement des palétuviers rouges qui s'ancrent dans la vase grâce à leurs imposantes racines-échasses disposées en arceaux.

 


karukera,mangrove,ilet fortune,vieille dameLe palétuvier rouge a un mode de reproduction très particulier. En effet, la graine germe sur la plante  et forme une plantule que l’on nomme propagule, qui peut produire sa propre nourriture par l'intermédiaire de la photosynthèse . 
Quand le propagule est mûr, il chute dans l'eau où il peut être transporté sur grandes distances. Il peut survivre à la sécheresse et rester dormant durant des semaines, des mois, ou même une année jusqu'à ce qu'il arrive dans un environnement approprié où il s’enracine.

 

 

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Au fur et à mesure que l’on s’enfonce au cœur de la mangrove et que le niveau d’eau diminue on rencontre des peuplements de palétuviers gris.

 

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Leurs racines noueuses qui s’ancrent dans la vase ont l’apparence d’un entrelacs de serpents, spectacle quelque peu impressionnant.

 

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Nous voguons dans un univers où  s’exposent toutes les nuances de vert : vert amande, anis, avocat, céladon, émeraude, jade, olive, opaline, pistache, pomme, tilleul et même vert perroquet (bien qu’il n’y en ait pas dans les mangroves) sans oublier bien sûr le vert citron vert (par contre il y en a un dans notre sac à dos qui trempe dans une bouteille de rhum ! )

 

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Il y a une continuité parfaite entre le monde aquatique et le monde végétal et nous ne savons plus si nous voguons sur l’eau ou sur la cime des arbres.

 

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A certains endroits les arbres nous paraissent même pousser vers le fond de l’eau.

 

 

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Nous quittons la mangrove pour nous diriger vers l’épave de l’Ismini, navire britannique qui s’est échoué au large de Goyave en 1944, sans doute endommagé par un sous-marin allemand.  Au dessus du trait de côte nous apercevons le massif de la Soufrière qui émerge de sa coiffe de nuages pour la seule fois de notre séjour.  La « vieille dame », comme l’appellent affectueusement les guadeloupéens, ne perd rien pour attendre, nous y retournerons lors de notre prochain séjour pour imprimer la semelle de nos souliers sur sa peau ratatinée !

 

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Nous arrivons près de l’épave échouée sur le récif de corail,  appelé ici  « caye » qui protège les rivages de  Karukera de la houle. C’est un lieu très poissonneux apprécié des plongeurs.

 

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Nous voilà maintenant en vue de l’ïlet Fortune, nommé peut être ainsi parce qu’y est enfoui le trésor d’un pirate (hypothèse toute personnelle !) Vu d’ici il ressemble à un confetti de paradis tombé sur la terre et nous sommes impatients d’y débarquer.

 

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Par chance aujourd’hui nous sommes seuls - mieux vaut éviter les W.E. car l’îlet est très prisé des locaux -  et nous convenons avec Jean-Marc qu’il viendra nous rechercher en fin d’après-midi. L’îlet est entouré de hauts-fonds qui permettent de se prélasser dans l’eau en dégustant un (enfin plutôt DU) Ti’Punch ! (ce n'est pas nous qui conduisons le bateau au retour).

 

 

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Bon pour être honnête dans notre petite équipe il y a un clan « eau minérale » représenté par nos chères et tendres (encore qu’un Punch coco de temps en temps ne les rebute pas !) et un clan « Ti Punch » (Gibus et moi) qui cohabitent en bonne entente (nous – égoïstement – on ne pousse pas à la consommation !). Certes dans l’affaire on perd peut être quelques années d’espérance de vie mais des jours avec Ti’Punch sur un îlot désert  de Karukera ça compte  pour dix !

 

 

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Le seul témoin de nos agapes est un magnifique anoli, peu farouche et surtout très curieux, ce qui aurait pu nous faire croire que c’était UNE anoli, mais les femelles de l’espèce sont grises !

 

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Le terrain parfaitement plat de l’îlet provoque au bout de quelques heures une certaine frustration  des gènes de mouflon de mon ami Gibus qui se met alors à escalader un cocotier. Il nous cueille alors une noix, providence de la nature,  qui sauva Robinson Crusoé de la soif.

 

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La noix de coco encore jeune est, en effet,  remplie d’un liquide opalescent et légèrement sucré qu’on appelle « eau de coco », le terme « lait de coco » s’appliquant au  liquide blanchâtre extrait de l'amande qui tapisse les parois intérieur de la noix. L’eau de coco est très bénéfique et est recherchée des sportifs antillais car elle est très riche en sels minéraux "électrolytes" qui permettent une récupération musculaire rapide (On en apprend des choses en tenant un blog !)

 

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Mais le soleil décline et nous apercevons le bateau de Jean-marc qui vient nous récupérer. C’est à regret que nous quittons cette miette de paradis, sans doute plus idyllique que celui que l’on nous promet « là haut » car, à ce que je sache, aucune « rhumerie » n’exporte son breuvage au delà des nuages….

 

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La nuit tombe et la « vieille dame » a retrouvé sa  coiffe de nuages où le soleil couchant allume un incendie, mais peut être bien que c’est elle qui fulmine parce que j’ai dit tout à l’heure que sa peau était ratatinée !

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Texte & photos Ulysse 

06/09/2015

A la découverte de Karukera 5 – Saut de Matouba, chute du Galion et Grande Anse sur Morne

REPRISE D'ARCHIVE

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Après quelques jours de « baguenaudage » balnéaire et botanique, Gibus et moi commençons à nous sentir des fourmis dans les jambes. Nous décidons donc d’aller  randonner vers la chute du Galion située à 1000 mètres d'altitude sur les contreforts du massif de la Soufrière qui domine la ville de St Claude.  Située à 600 mètres d’altitude, cette ville jouit d’une certaine fraîcheur, ce qui en fait  un lieu de résidence très prisé.

 

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Mais pour nous mettre en jambe, nous allons d’abord jeter un œil au Saut de Matouba situé aux environs immédiats de St. Claude. Après avoir traversé de vastes bananeraies il faut, pour en trouver le chemin, se laisser guider à l’oreille par le bruit de la chute que l’on découvre au fond d’un profond ravin sauvage et encaissé où règne une atmosphère envoûtante.

Il est déconseillé de se baigner au pied de la chute du fait de l’existence de tourbillons qui entraîneraient, dit-on, les baigneurs au fond. Réalité ou légende, on ne sait !  Désireux de ne pas interrompre inopinément notre séjour à Karukera nous nous contentons donc, pour une fois, de contempler ses flots fougueux et limpides. Les années passant deviendrions nous raisonnables ? Est ce bon ou mauvais signe ?

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Puis nous nous rendons au lieu dit  des « Bains Jaunes » point de départ du sentier de randonnée dans la jungle hygrophile qui mène à la chute du Galion. Pour y accéder, il nous faut, en chemin traverser quelques « ravines », exercice dans lequel Gibus excelle au contraire de votre serviteur qui s’y mouille souvent les pieds (et les chaussures avec, bien évidemment !)

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Le sentier est bordé d’impressionnants Acomat Boucan qui font mentir le dicton qui veut que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel ! Je puis vous assurer que ceux là y vont et je me demande d’ailleurs si ce n’est pas là un bon moyen de passer – le moment venu  – en catimini au Paradis ! Bon, ça ne doit pas être facile parce que "le Grand Manitou" paraît-il  voit tout ! Faudra profiter d’un moment où « IL » aura un instant de distraction. Par exemple quand une jolie fille arrivera au « divin portillon». Mais les jolies filles  ont-elles accès au Paradis vu les dégâts humains qu’elles font ?

karukera,guadeloupe,matouba,galion,chuteAprès environ quarante-cinq minutes de marche nous parvenons au pied d’un éperon rocheux qu’il faut gravir pour atteindre la chute. Je vous laisse, à cette occasion,  comparer ma  technique d’ascension…..

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 ..à celle de Gibus !  Bon, l’essentiel est d’y arriver n’est ce pas !

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La découverte de la chute du Galion nous récompense de nos efforts. Quant à savoir pourquoi elle se nomme ainsi, les guides touristiques n’en disent rien !

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J’ose toutefois émettre une hypothèse. Il est possible que le premier homme blanc qui l’a découverte et qui avait probablement abusé du nectar local (on ne le blâmera pas, car il est difficile d’y résister) ait  cru voir la voile blanche d’un galion au milieu de la forêt. D’ailleurs personnellement je trouve que l’on pourrait s’y méprendre, non ? 

 

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Le bassin de réception ne présentant aucun danger particulier, nous nous sommes cette fois offert le luxe d’une douche de 40 mètres de haut, ce qui, je puis vous l’assurer fouette le sang et vous gonfle d’énergie. Nos rugissements ont dû faire croire aux randonneurs qui parcourent le massif de la Soufrière en amont de la chute que des lions vivaient dans les forêts de Karukera. A l'intention de ceux (celles) qui s'étonneraient du cadrage particulier de la photo, je précise que l'on met rarement un mailllot de bain dans un sac de randonnée. 

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Nous prenons le chemin du retour, véritable tunnel de verdure où prospèrent les fougères arborescentes qui affectionnent les lieux humides et relativement frais (environ 25°).

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La trame végétale qui nous environne est illuminée ici et là par les « flammes » des fleurs de balisiers .

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Revenus à notre point de départ nous nous glissons avec volupté dans les eaux chaudes (environ 30°) et sulfureuses des « Bains Jaunes », alimentées par des sources jaillissant des flancs brûlants du volcan de la Soufrière.

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Nous finissons la journée sur la plage de la Grande Anse sur Morne qui dépend de la commune de Trois-Rivières située au sud de Basse-Terre. Son sable noir provient de l'érosion des coulées de lave  basaltiquede la Soufrière.

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De cette magnifique plage ourlée de cocotiers on découvre l’archipel des Saintes et, par temps clair La Dominique ainsi que la Martinique.

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Et en se retournant on aperçoit le massif de la Soufrière dont le sommet est quasi-perpétuellement noyé dans les nuages ce qui en rend l’exploration aléatoire. Nous n’avons d’ailleurs pas pu, à notre grand regret,  en faire l’ascension pendant notre séjour. mais nous reviendrons !

Ce massif volcanique de formation récente  - il a de 100.000 à 200.000 ans – est à l’état de repos éruptif (présence de fumeroles, vapeurs sulfureuses et sources d’eau chaude). Il est composé, outre la Soufrière qui en est le sommet (1467m), de plusieurs autres  volcans aux noms pittoresques: Carmichaël, le Nez Cassé, l’Échelle, la Citerne et la Madeleine.

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La mer sur cette plage est plus tumultueuse que sur la Grande Anse de Deshaies (sa sœur « blonde » du nord) du fait de la présence d’incessantes déferlantes qui donnent du piment à la baignade sans présenter de réels dangers, sauf peut être celui de vous retrouver sans maillot de bain !

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On y aperçoit aussi parfois quelques étranges mais inoffensives créatures qui viennent prendre le soleil sur la plage.

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Cet  pêcheur, qui recourt au lancer d’épervier (petit filet circulaire), technique artisanale et aléatoire, nous réconcilie avec ce noble métier.

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Ainsi, tous les pêcheurs ne sont pas comme les flottilles de thoniers-senneurs d’impitoyables prédateurs qui avec leurs sonars (voire leurs avions de repérage) et leurs chaluts ne laissent aucune chance aux poissons et dévastent le fond des mers. C’est sur cette note optimiste que je vous abandonne provisoirement, car  la « Doudou" qui vend des sorbets coco vient d’arriver.

A suivre…..

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Texte et Photos Ulysse (sauf deux G. Buffler)

29/08/2015

A la découverte de karukera 4 – Iguane, café, chocolat et carnaval (Reprise d'archive)

 

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Arrêtons nous ce matin sur la place de la mairie de Pointe Noire (au N.O. de Basse Terre) où doit se dérouler le soir un « vidé » ou défilé  carnavalesque auquel nous assisterons. Cette brève halte permet de vous donner une idée du style architectural qui prévaut à Karukera et aux Antilles en général.  La plupart des maisons d’habitation ont des toits à double pans « débordants » sous lesquels sont édifiées des galeries qui font le tour de l’édifice et permettent de s’installer à l’extérieur, tout en étant protégé du soleil et de la pluie.  Malheureusement il existe peu de maisons traditionnelles anciennes qui ont été pour la plupart détruites par les cyclones.

Notons la propreté de cette place qui n’est pas, hélas, un trait représentatif de Karukera. En effet, le point noir de l’île est la présence de nombreux détritus, voire de décharges sauvages, sur les bords de route, dans les campagnes et le long des rivages, même dans les zones touristiques. Il y a  bien sûr des guadeloupéens que cet état de choses choque et qui prennent des initiatives pour remédier à ce travers. Mais dans l’ensemble les habitants manifestent généralement peu de souci pour leur environnement. Au demeurant c’est aussi le cas dans l’Hérault où j’habite, mais à un degré moindre. C’est grand dommage car l’île de Karukera, comme vous pouvez le constater en suivant nos pas,  est, par ailleurs, un paradis.

 

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De Pointe Noire il est facile de se rendre au Saut d’Acomat, vasque d’eau émeraude dans un écrin de forêt tropicale. Mieux vaut éviter d’y aller le week-end car c’est un lieu prisé par les jeunes guadeloupéens qui viennent y plonger à leurs risques et périls, car le fond est parsemé de grosses pierres que le courant déplace.

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Gibus et moi ne résistons jamais à la vue d’une étendue d’eau, même gelée , alors vous pensez bien que l’on n’allait pas venir au bord de celle-ci sans y plonger une tête (et le reste, alouette, alouette !)

 

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 Ayant prévu de visiter l’après midi la caféière de la Grivelière nous filons vers le  village de Vieux-Habitants (au S.O. de B.T.) près duquel s’étend la plage de Rocroy, où nous faisons une pause baignade, en attendant impatiemment l’heure du Ti’ Punch. Il y a justement au bord de la plage un « lolo » dont les effluves culinaires viennent chatouiller nos narines et attisent notre appétit.

Le village tient son nom du fait qu’il est le plus ancien de Karukera. Il a été fondé en 1636 par les anciens colons de la Compagnie des îles d’Amérique qui s’y retiraient une fois libérés de leurs contrats.

La Compagnie des îles d’Amérique avait une mission de « civilisation » qui nous choquerait aujourd’hui sauf sans doute Mr Guéant. Elle devait, en effet, « peupler les îles, les fortifier, instruire les habitants et Indiens en la religion catholique,  y faire cultiver les terres et faire travailler à toutes sortes de mines et de métaux, moyennant les droits du 1/10e de tout ce qui proviendra et se retirera d’icelles qu’ils seront tenus rendu au roi, franc et quitte (pendant vingt ans)... et à la charge de tenir lesdites îles sous l’autorité et puissance du roi » (Commission de Richelieu à Pierre Belain d’Esnambuc chef de la Compagnie)

A midi tapante nous nous installons affamés et assoiffés à une table du « lolo »…… pour découvrir avec stupeur qu’en raison de ses convictions religieuses le propriétaire ne veut pas servir d’alcool à ses clients. Par courtoisie nous restons dans les lieux en maudissant le hasard qui nous a fait choisir le seul restaurant de Karukera qui ne sert pas de Ti’ Punch. La probabilité était à peu près aussi grande que de voir la suppression du cumul des mandats dans notre république, que l’on peut, sans médire, qualifier de bananière, vu que deux de ses départements sont gros producteurs de ce fruit succulent.

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Les mets étant agréables, nous surmontons notre frustration d’autant plus que dans les buissons qui bordent le restaurant des iguanes prennent le soleil et se donnent en spectacle. Ces animaux paisibles et inoffensifs – ils sont herbivores – qui  étaient chassés pour leur chair succulente sont dorénavant protégés à Karukera.

 

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Mais il est temps de prendre la route sinueuse et étroite en forme de montagnes russes qui mène au domaine de La Grivelière, niché sur les hauteurs de la vallée de la Grande Rivière qui se jette dans la mer à Vieux-habitants. Cette vallée est l’une des plus belles et plus sauvages de Karukera.

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La Grivelière est une habitation caféière de 90 hectares que la Région a racheté en 1988 et dont elle a rénové les bâtiments. Elle est gérée par l’association Verte Vallée depuis 1994.

Une passionnante visite guidée à travers le domaine et les bâtiments permet de tout connaître de la culture et de la préparation du café dont l’histoire du développement aux Antilles est étonnante.

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Ainsi tous les caféiers implantés aux Antilles françaises seraient issus d’un plant importé en Martinique par Gabriel Mathieu de Clieu, officier de la marine française, et qu’il avait prélevé au jardin des Plantes de Paris. Les plants « parisiens » étaient eux mêmes issus d’un plant provenant d’Arabie, offert par les Hollandais à Louis XIV. 

La variété exploitée à Karukera, l’Arabica Bourbon pointu, est considérée comme l’une des meilleures du monde. La production importante dans le passé a décliné du fait de la concurrence de cafés d’Amérique latine ou d’Afrique aux coûts de production moindre. L’île tente aujourd’hui de relancer la production en misant sur un rôle de « café bonifieur »  par son utilisation dans des mélanges avec des cafés d’autres origines moins chers mais de moins bonne qualité.

 

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La Grivelière exploite aussi des cacaoyers dont les cabosses contiennent cette fameuse substance qui rend accros petits et grands, dont votre serviteur.  Mais que les choses soient bien claires, pour les vrais  amateurs, de même que le café se boit sans sucre, le chocolat se consomme noir de chez noir !

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Le domaine de La Grivelière comporte une végétation luxuriante, les caféiers et les cacaoyers n’aimant pas le soleil direct et prospérant à l’ombre d’autres arbres comme ce magnifique banyan.

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On y trouve aussi une multitude de fleurs et d’arbres fruitiers comme ce papayer dont les fruits sont riches en vitamine C et A et qui est aussi une intéressante plante médicinale par ses racines, ses fleurs, ses graines et surtout son latex riche en enzymes.

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Voici enfin un arbre étonnant, le calebassier, dont le fruit, le Kwi était utilisé par les amérindiens pour faire des ustensiles de cuisine ou des gourdes et que les  artisans d’aujourd’hui transforment en toutes sortes d'objet d'art, en lampes de chevets et autres objet décoratifs ou en instruments de musique comme les maracas.

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Mais il est l’heure de remonter sur Point Noire pour assister au « vidé » c’est à dire au défilé carnavalesque. Car à Karukera, où les habitants ont gardé le sens de la fête, le carnaval ne se limite pas au mardi gras !

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De fait, passé le 1er janvier dans chaque commune des groupes s’activent pour préparer les « grands » carnavals qui se tiendront successivement à Basse Terre et à Pointe à Pitre durant le week-end précédent le Mardi Gras

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Ainsi les équipes qui veulent être sélectionnées pour ces deux carnavals concourent en effectuant des défilés d’entraînement qui ont lieu dans différents villages au cours du mois de janvier.

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L’ambiance y est festive et familiale, la foule des « supporteurs» comme les participants manifestant un réel enthousiasme.

 

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La joie se lit dans leurs regards et pourtant ce défilé est loin d’être une sinécure car il faut pendant des heures marcher, danser, tourbillonner, ou jouer d’un instrument  pour impressionner l’assistance et avoir ainsi une chance d’être sélectionnés par le jury .

 

 

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Mais je n’en dis pas plus et vous laisse apprécier, sans musique malheureusement, cette exubérante  et éblouissante manifestation.

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Le soir même, Hugues notre propriétaire, nous conviait à un dîner festif avec ses autres locataires confirmant, s’il en était besoin, le sens de l’hospitalité des guadeloupéens. Vous n’avez droit qu’à la photo du délicieux dessert qu’il avait préparé, les autres étant curieusement floues du fait  d’un phénomène inexpliqué. Certains ou plutôt certaines ont émis l'hypothèse d'une crise de "tipunchite aigüe" mais ce n'est pas clairement établi.

 

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Texte Ulysse & Photos Ulysse et MG Buffler 

 

22/08/2015

A la découverte de Karukera - 3) Deshaies, Saut des Trois Cornes, Pointe Allègre

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Le principal attrait touristique de Karukera est que l’on peut y conjuguer en tous lieux bains de mer et randonnées dans une nature sauvage et somptueuse. Nous avons donc inscrit au menu du jour :  une baignade à la Grande Anse de Deshaies, pittoresque village de pêcheurs niché au nord ouest de Basse Terre et protégé des Alizés par le Morne  - colline ou petite montagne aux Antilles -  Bel Air (565m), le bien nommé, suivie d’une courte randonnée dans la forêt tropicale jusqu’au saut (cascade) des Trois Cornes, pour finir par la visite de la pointe Allègre, l’endroit le plus au nord de Basse Terre, balayé par les Alizés.

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Grande Anse déroule son magnifique ruban de sable d’or à environ deux kilomètres au nord de Deshaies. La meilleure, mais aussi la plus sportive, façon de la découvrir est de partir du village par le sentier côtier et de gravir Gros Morne (220m) grosse colline au pied de laquelle elle se niche. Les moins courageux peuvent s’y rendre par la route.

 

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Le littoral guadeloupéen situé en dehors des stations «balnéaires » est relativement bien préservé du fait d’une ancienne règle dite des « cinquante pas du Roi » qui étendait le domaine maritime public  à toutes les terres situées jusqu’à environ 80 mètres du bord de mer. Cette règle était notamment justifiée pour les besoins de la défense du territoire et la possibilité à tout moment de construire en cas de besoin des fortifications. Ainsi peu de construction privées défigurent les rivages en dehors des zones urbanisées qui ont toutefois aujourd’hui tendance à s’étendre sous la pression démographique.

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Sur les sommets de Basse Terre les précipitations sont fréquentes en toutes saisons du fait des nombreux nuages nourris par l’évaporation océanique qui s’y accrochent.

Une multitude de rivières ou de « ravines » (torrents) descendent ainsi des hauteurs pour se jeter dans la mer. La Ziotte qui alimente un vaste étang, paradis des pêcheurs,  vient ainsi buter sur le banc de sable de Grande Anse qu’elle franchit pendant la période où les pluies sont les plus abondantes.

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Une antique batterie  de canons subsiste sur le Gros Morne que nous apercevons au bout de la baie qui était destinée à la protéger des corsaires et des tentatives d’invasion britannique, dont certaines furent couronnées de succès (nous reviendrons dans une prochaine note sur ce point). Il faut dire qu’à l’époque, cette partie de l’île regorgeait de produits très prisés : vanille, café, cacao dont l’exploitation n’est plus que marginale du fait l’évolution des coûts d’exploitation et de concurrence.

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Dans le prolongement de Grande-Anse, on trouve d’autres plages plus petites mais tout aussi belles et plus sauvages telles que l’Anse de la Perle, d’où l’on voit par temps clair Montserrat, dont le volcan, la Soufrière, a détruit la capitale Plymouth en 1995 et dont une éruption en février 2010 a recouvert d’une pluie de cendre le nord de Basse-Terre.  Un peu plus loin s’étend l’Anse Tillet, où nous sommes, et d’où nous apercevons l’îlet à Kahouanne ainsi nommé car il ressemble à une tortue du même nom qui y vient nicher.

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Mais nous avons assez flemmardé sur les plages, ce qui n’est guère propice à la dissipation des vapeurs des Ti punch dégustés la veille au soir et qui nous imprègnent encore. Aussi nous partons explorer la forêt tropicale à la recherche du saut des Trois Cornes, jolie cascade formée par la rivière Moustique au cœur des mornes qui dominent Sainte Rose.

Les forêts de Karukera ne comportant, comme je vous l’ai dit,  ni serpent ni araignée, ni bestiole belliqueuse, nous n’avons aucune difficulté à convaincre nos épouses de nous accompagner.

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Il faut dire que ces forêts hygrophiles  ( 90 à 100% d’humidité !) sont de vrais jardins d’Eden (même si l’on n’y trouve pas de pommier). Les sentiers slaloment entres des arbres  géants comme l’acomat boucan (ici en photo), ainsi nommé car  ses formidables racines servaient de paravent aux indiens pour « boucaner » leur gibier, ou le gommier blanc qui produit une gomme à forte odeur de bonbons des Vosges qui est récoltée pour la confection de torches et encens.

 

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Sous les frondaisons de ces géants plus de 350 espèces végétales prospèrent et  se croisent, s’entremêlent et se font parfois la courte-échelle dans leur course vers la lumière du soleil.

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Certaines plantes  comme la siguine (philodendron giganteum) ont des feuilles  à l’échelle des arbres qui les entourent. En cas de pluie impromptue (ce qui arrive fréquemment en ces lieux) on peut s’en servir comme parapluie !

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Vous noterez au passage que mes propos sur la pluie n’ont rien d’exagérés au vu de l’état des sentiers dont je vous donne ici un aperçu.éesSous d’autres latitudes nos moitiés nous auraient traités de noms d’oiseaux pour les avoir emmenées dans des sentiers aussi boueux, mais, magie des Antilles, elles n’ont ce jour là pas pipé mot ! Gibus et moi n’en sommes pas encore revenus !

 

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Au demeurant pour éviter de salir vos chaussures vous pouvez suivre l’exemple de mon ami Gibus qui a progressé en bondissant de liane en liane mais avec un risque non négligeable de vous retrouver sur votre arrière train au milieu d'une flaque boueuse, leur solidité  étant aléatoire ! Entre deux maux il faut savoir choisir!

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Nous voilà arrivés enfin au Saut des trois Cornes, sans doute ainsi nommé parce que la cascade se divise en trois petites chutes. Vous vous doutez que nous n’avons pas manqué l’occasion de nous y rafraîchir, bien que l’air ambiant soit à peine moins humide que le torrent.

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Après cette pause revigorante, nous prenons le chemin du retour sinuant dans un somptueux clair obscur créant une ambiance de mystère qui me ramène à celle de mes lectures enfantines comme ce magique « Naufragés de l’île de Bornéo «  de Thomas Mayne Reid.

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Les plantes épiphytes qui s’accrochent au tronc ou aux branches des arbres - sans les parasiter, au contraire des plantes saprophytes  -   captent les rayons du soleil et illuminent ainsi les sous bois, comme cet exubérant ananas-bois (espèce différente de l’ananas fruit). 

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La siguine que l'on a vu tout à l'heure tapie au pied d'un arbre aime prendre aussi à l’occasion un peu d’altitude pour découvrir le paysage aux alentours.

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Mais cette promenade, rendue un brin sportive par l’état des chemins nous a creusé l’appétit (à vrai dire, il aurait été creusé sans cela !)  nous descendons sur Sainte Rose, commune la plus étendue de Basse Terre située sur la côte au vent. Après avoir prospéré grâce au coton et au café, elle est devenue aujourd’hui un grand centre de production de rhum. On y trouve notamment la Distillerie Reimonenq qui abrite un intéressant musée du Rhum et la distillerie Séverin, magnifique propriété que l’on peut également visiter. En ces deux endroits on peut déguster et acheter d'honorables rhums et planteurs.

Mais elle comporte également une curiosité, la rue de la Circonvallation dont le nom nous a plongé dans un abîme de perplexité. Après recherche il ressort qu’une circonvallation(du latin circum autour et vallum palissade) est une ligne de défense continue établie par des assiégeants pour cerner une cité ou un camp, et pour se protéger contre une armée venant au secours des assiégés ou empêcher ces derniers de recevoir du ravitaillement de l'extérieur (merci Wikipedia). Quant à l'origine de ce nom, il est possible que, la possession de Karukera ayant fait l'objet de nombreuses confrontations entre anglais et français (nous reviendrons sur ce point), Sainte Rose ait été assiégée par l'un des camps et se se soit ainsi protégée pour ne pas être prise à revers par l'ennemi. La rue serait ainsi située  à l'emplacement de la circonvallation. Si un(e) Sainte-Rosien(ne) me lit peut être pourra-t-il(elle) me donner des précisions sur ce point.

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Sainte-Rose est aussi réputée pour ses pêcheurs bipèdes et surtout volants qui posent volontiers pour les touristes photographes à l’endroit que l’on a aménagé à cet effet !  (bravo au syndicat d’initiative !)

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On y trouve également d’excellents « lolos » dont notamment « Chez Franko » (Boulevard St Charles en bord de mer) où l’on peut accompagner le traditionnel Ti ‘ Punch (élément principal d’un repas antillais) d’un succulent court bouillon de poisson. Rite incontournable du début du repas, mon ami Gibus torture son citron vert avant de le noyer dans deux doigts de Damoiseau . Ne vous apitoyez pas sur le sort de cet agrume car je trouve que c’est une fin plutôt enviable ! Du moins c'est la fin que je me souhaite !

 

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Mais il ne faut pas abuser de ce breuvage divin quand on va affronter ensuite les Alizés qui s’en donnent à cœur joie à la pointe Allègre, lieu le plus septentrional de Basse Terre, car sinon on serait balayé !

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Les quelques arbres qui ont réussi à s’y implanter témoignent d’ailleurs de la force et de la direction des vents qui y soufflent 365 jours par an.

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…en voici un autre édifiant exemple !

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Un peu sonnés par les fougueux fils d’Eole, nous rentrons au gîte juste avant que le ciel ne nous tombe sur la tête. Les pluies tropicales sont une bonne illustration de l’expression « il pleut des cordes » car ce sont effectivement des filets  d’eau quasi continusqui tombent du ciel.

 

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Mais à Karukera les déluges à cette saison ne durent pas et pour fêter son retour le soleil nous gratifie d’un double arc-en-ciel

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Hugues, le chaleureux propriétaire de notre gîte, passe alors nous offrir des légumes du pays dont un fruit de l’arbre à pain.

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Il donne à cette occasion un cours de cuisine à nos épouses et je puis vous affirmer qu’accompagné d’un chiktail (ou chiquetaille) de morue et de l’incontournable Ti’Punch la potée de fruit de l’arbre à pain est un vrai délice !

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C'est la période des vacances  et vous allez vous retrouver à coincer la « bulle » quelque part dans un jardin, sur une plage ou au bord d’un ruisseau, votre MP 3 collé sur les oreilles, car c’est connu la musique adoucit les mœurs et vu l’état du monde vous avez bien besoin que vos mœurs soient apaisées ! Pourquoi ne pas y mettre quelques chansons de mon cru qui figurent dans mon dernier album "Ti Punch" et qui vous emmèneront aux Antilles, lieu éminemment dépaysant ! Vous pourrez ainsi écouter "la complainte du Coupeur de canne",  vous laisser bercer par la langueur de Marie-Galante, sentir les envoutantes effluves du Ti’ Punch ou écouter la sensuelle histoire du Bernard-l’hermite…..

C’est sur Deezer (cliquez sur Deezer) ou Spotify  ou encore Itunes…(faites une recherche sur Old Nut).

Vous y trouverez aussi mes autres albums "Bidochon dream " et "Jennifer" (cliquez sur le titre)

 

Vous pouvez également vous tenir au courant de la parution de mes prochains albums en vous inscrivant sur ce nouveau blog Old Nut Zimbalam 

 

Texte Ulysse  & Photos Ulysse (sauf l’avant dernière Marie B.)

 

14/08/2015

A la découverte de Karukera :2 - Le jardin botanique de Deshaies

(Reprise d'archive)

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Pour notre première semaine de séjour nous avons choisi un gîte à  Malendure, non loin de la ville de Bouillante située sur la côte ouest de Basse-Terre et qui doit son nom aux sources chaudes qui descendent du massif  volcanique de la Soufrière qui la domine.

Permettez moi à cet égard de vous donner un conseil : si vous envisagez un séjour à Karukera  il est préférable de séjourner en Gîte plutôt que d’aller dans un hôtel de la zone hyper touristique et dénaturée qui s’étend de Gosier à Saint François, au sud de Grande-Terre. En Gîte vous recevrez un accueil chaleureux et vivrez au milieu des Guadeloupéens alors qu’en hôtel vous vous retrouverez au milieu de métropolitains et de touristes étrangers et ferez l’objet d’un service impersonnel.

En raison du relief, les nuages poussés par les alizés se concentrent en cet endroit de l’île et de courtes et brutales averses peuvent en toutes saisons se produire  - n’oubliez pas votre KW ! – qui sont généralement suivies de magnifiques arcs en ciel, auxquels répondent les couleurs vives des habitations. Car c’est un fait, les guadeloupéens aiment les couleurs pour leurs vêtements, leurs maisons ainsi que leurs « planteurs » confectionnés avec toutes sortes de fruits !

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Après nous être régalés le soir de notre arrivée d’une fricassée de chatrou (calmar) chez « Dada », un petit « lolo » de Bouillante, nous voilà en ce premier matin, faisant nos courses dans cette même ville pour le dîner du soir.  Notre choix se porte sur des darnes d’une superbe et délicieuse dorade coryphène – appelée aussi mahi-mahi - qu’un pêcheur vient de ramener.  La pêche de ce fabuleux poisson qui  peut mesurer jusqu’à deux mètres, peser 40kg et nager à plus de 50 nœuds est plutôt sportive. C’est d’ailleurs pour lui rendre hommage qu’Alain Bombard a dénommé « Coryphène » le navire qu’il avait fait construire pour l’exploration scientifique des océans.

 

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Pour le dessert nous choisissons un bel ananas et un assortiment de bananes pour lesquelles le plus grand choix nous est offert : Ti-nain, figue-pomme, figue-dessert, makandia, poyo, plantain. Il faut dire qu’à Karukera elles  se consomment ou plutôt se savourent sous toutes les formes selon qu’elles sont classées parmi les fruits ou les légumes : nature, en  bouillies et salées comme des pâtes, en gratin ou en chips, et bien évidemment  flambées au rhum.

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Nos courses faites, nous nous rendons à l’Anse Caraïbe au sud de Pointe Noire bordée de raisiniers qui font partie des rares arbustes, avec les cocotiers, capables de résister au embruns salés.

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Ils sont ainsi nommés car leurs fruits comestibles mais amers poussent en grappes comme les raisins.

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A cette heure encore matinale (nous avions pour règle de nous lever avec le soleil, soit à 6 heures) les seules rencontres que nous faisons sur la plage sont de peu farouches pélicans occupés à pêcher leur pitance.

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Leur technique est impressionnante. Ils prennent leur envol jusqu’à environ une dizaine de mètres et patrouillent au dessus de la mer. Dès qu’ils voient un poisson ils piquent vers l’eau à une vitesse sidérante….

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…et disparaissent dans les flots dans une gerbe d’écume, revenant souvent bredouilles ! Mais ce n’est pas tant leur faute que celle des hommes qui pillent indûment les réserves halieutiques comme partout dans le monde.

 

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Soucieux de limiter la durée de notre premier bain de soleil tropical nous emboîtons le pas (c’est le cas de le dire) à un vénérable guide qui nous invite à nous réfugier sous les  frondaisons fleuries du luxuriant Jardin Botanique de Deshaies, ancienne propriété de Coluche.

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L’un des aspects les plus plaisants de Karukera est que vous pouvez vous y promener en tous lieux, mêmes les plus sauvages, sans craindre ni serpent, ni araignée ni autres insectes piqueurs ou bestioles agressives à l’exception d’un rare scolopendre dont la piqûre est douloureuse mais pas fatale. Les rares dangers qui vous guettent sont de recevoir une mangue sur la tête ou - ce qui est plus dangereux – une noix de coco, mais aussi, comme partout dans le monde, de vous faire agresser par des humains mal intentionnés. Concernant ce dernier point, nous avons passé personnellement un séjour très paisible et nous avons pourtant sillonné l’île de long en large.

 

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On trouve  évidemment  à profusion en ce jardin, la « rose de chine » née dans les îles polynésiennes. Il s’agit des hibiscus de toutes couleurs qui forment ici des haies de plusieurs mètres. Les chinois utilisent sa sève pour colorer leurs vêtements et les égyptiens font une tisane riche en vitamine C le « karkadé » avec ses pétales séchés.

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L’eau étant abondante sur l’île (y compris, comme je vous l’ai rappelé, dans le rhum !)  les lotus s’y épanouissent également.

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De même que les alpinia, originaires de Chine, et qu’on appelle ici « lavande rouge».

 

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Ainsi que les balisiers qui présentent une infinie variété de formes dans des nuances de couleur allant du jaune au rouge sang, comme on le verra au fil de nos randonnées.

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Cette fleur là n’est pas non plus sans charme, mais j’ai hélas oublié son nom ! L’effet de l’âge sans doute – les mauvaises langues diront du rhum - mais je me console en me disant que c’est moins grave que de ne pas se souvenir du nom d’une jolie femme.

La plus belle fleur « terrestre » de l’île et la plus recherchée aussi est la rose de porcelaine, originaire de Malaisie et qui se dresse fière sur sa hampe d’un mètre cinquante.

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En levant la tête on découvre, suspendue, aux branches des arbres, de magnifiques orchidées.

 

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Elles illuminent de leurs guirlandes multicolores les frondaisons qui les protègent des rayons du soleil.

 

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On croise aussi en ce jardin d’Eden  l’arbre du voyageur, qui est de fait une plante herbacée et qui est ainsi nommé car l’eau de pluie s’accumule à la base de ses feuilles permettant aux voyageurs – du moins ceux qui supportent l’eau - de se désaltérer.

 

 

 

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Cet  arbre à kapok – appelé aussi fromager - bombe à juste titre non pas le torse mais son tronc car il appartient à la famille des Bombacacea. C’est un arbre prodigue car on peut manger ses fruits, ses graines et ses germes.

 

 

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En outre les fibres de ses fruits font un excellent matériau d’isolation et de rembourrage  - le kapok -  et servent à fabriquer des gilets de sauvetage.

 

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Tout aussi généreux est l’arbre à pain, dont on a vu dans la note précédente que ses fruits étaient largement consommés à Karukera.

 

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Après cette magnifique leçon de botanique nous allons réviser notre crawl et  jouer au lézard sur la plage de sable blanc de Leroux près de Ferry, en attendant que les exigences de nos gosiers et de nos estomacs nous guident vers les délices solides et liquides qu’offre le  lolo  « Au bon accueil » situé en haut de la falaise.

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Après nous être régalés d’un colombo de cabri, pour nous remettre du décalage horaire, nous allons tester la finesse et la douceur du sable noir d’origine volcanique de la plage de Malendure au large de laquelle se trouve la Réserve Cousteau. Cette vaste zone marine relativement protégée et paradis des plongeurs a , en effet, été  créée  à l’initiative du célèbre commandant. Durant les mois de janvier et février il est possible d'y entendre le chant des baleines à bosse qui font leur parade nuptiale. A ce propos je vous invite à aller regarder le magnifique reportage sur le sauvetage d’une baleine à bosse que Michèle a mis en ligne sur son blog.

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Un petit creux à l’estomac nous pousse à reprendre la station verticale, alors que le soleil s’apprête à prendre son bain vespéral, et nous conduit infailliblement dans les bras d’une jolie et affable doudou qui a concocté dans une antique et étonnante sorbetière manuelle un délicieux sorbet  à la noix de coco. Si vous n’êtes pas gourmand, inutile d’aller à Karukera !

 

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Et c’est en dégustant ce délice que nous contemplons le soleil prendre son second bain de la journée. 

 

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Nu comme un ver mais pudique il se drape de quelques nuages et plonge rouge de honte dans les flots derrière l’ilet aux Pigeons.

 Dieu ! quelle fut dure cette première journée !

 A  SUIVRE....... 

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C'est la période des vacances  et vous allez vous retrouver à coincer la « bulle » quelque part dans un jardin, sur une plage ou au bord d’un ruisseau, votre MP 3 collé sur les oreilles, car c’est connu la musique adoucit les mœurs et vu l’état du monde vous avez bien besoin que vos mœurs soient apaisées ! Pourquoi ne pas y mettre quelques chansons de mon cru qui figurent dans mon dernier album "Ti Punch" et qui vous emmèneront aux Antilles, lieu éminemment dépaysant ! Vous pourrez ainsi écouter "la complainte du Coupeur de canne",  vous laisser bercer par la langueur de Marie-Galante, sentir les envoutantes effluves du Ti’ Punch ou écouter la sensuelle histoire du Bernard-l’hermite…..

C’est sur Deezer (cliquez sur Deezer) ou Spotify  ou encore Itunes…(faites une recherche sur Old Nut).

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Texte Ulysse Photos Ulysse (sauf deux  faites par M & G Buffler)

08/08/2015

A la découverte de Karukera : 1- Une île bénie des dieux (reprise d'archive)

 

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Le premier homme blanc à avoir jeté l’ancre sur une grève de l’ïle de Karukera, près de la ville actuelle de Capesterre (voir la carte ci-dessous) est Christophe Colomb, le 3 novembre 1493. Ce nom, qui signifie l’île aux belles eaux,  lui a était donné par les Kalinas, les amérindiens qui occupaient alors l’île et avec lesquels Colomb et ses hommes sont entrés en contact. Méprisant les cultures locales et animé d’un esprit de conquête comme tous les explorateurs blancs de l’époque, il décida qu’elle s’appellerait dorénavant Guadaloupe en l’honneur d’une sainte locale de la province de Cáceres en Estremadure, d’où il venait. Mais « Gadaloupe » signifie aussi en espagnol « rivière occulte »  et peut être que Colomb lui a également donné ce nom au vu des magnifiques cascades qu’il pouvait apercevoir du large et dont les eaux disparaissent dans le secret d’une  luxuriante forêt tropicale.

 

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Karukera  - nom que je préfère à Guadeloupe, Gwada en créole, pour des raisons que vous comprendrez un peu plus avant dans cette note - est appelée aussi l’île papillon » du fait de sa forme générale qui  réunit deux îles contrastées séparées par un mince bras de mer, appelé la rivière salée.

L’île à l’ouest (848km2) montagneuse – celle où Colomb a débarqué - est dénommée paradoxalement Basse Terre, du nom de la capitale administrative qui s’y trouve et qui est implantée sur l’une des rares parties basses de cette île. D’origine volcanique elle est dominée par le volcan actif de la Soufrière (1467m) et est recouverte pour une grande part d’une luxuriante forêt tropicale où les rivières et cascades abondent.

L’autre île (590km2) vaste plateau  calcaire au climat plus sec est dénommée Grande Terre, bien que plus petite, sans doute en raison de la présence de vastes étendues relativement planes propices à la culture de la canne à sucre et à l’élevage.

A ces deux îles principales  s’ajoutent trois petites îles qui en dépendent administrativement : La Désirade ainsi nommée par Colomb car c’est la première terre tant « désirée » qu’il a découvert après sa longue navigation, les Saintes, ainsi nommées  en l’honneur de la fête de la Toussaint et  Marie Galante qui a reçu le nom de son navire amiral .

 

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Avant de partir à la découverte de Karukera, je vous emmène flâner sur le port de  Pointe à Pitre,  sa capitale commerciale et industrielle, car il s’y tient tous les jours un marché aux fruits aux légumes, aux fleurs, aux épices et aux poissons qui vous donnera un aperçu des richesses ainsi que de l’atmosphère chaleureuse et de la grande diversité de population que l’on trouve dans cette île bénie des dieux.

 

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Pointe à Pitre doit son nom à un pêcheur néerlandais prénommé Peter qui s’installa au 17e siècle sur une pointe de la rade actuelle pour y vendre son poisson.
D’où ce nom, dans un premier temps, de « Pointe à Peter », devenu plus tard Pointe-à-Pitre. Ouvert grâce à la rivière Salée sur la mer des Caraïbes et l’Océan Atlantique, son port - l’un des plus importants et des mieux abrités des caraïbes -
est le point d’union entre Grande terre et Basse Terre

 

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Chaque étal de marché est un festival de couleurs qui commence généralement par la coiffe  de la marchande, voire parfois sa robe, fabriqués avec le traditionnel tissu Madras qui a été apporté aux Antilles françaises par les indiens qui y émigrèrent  au milieu du XIXème siècle après l’abolition de l’esclavage en 1848. Ce tissu a en effet été inventé dans la ville indienne de Madras aujourd’hui appelée Chennai.

Vous noterez, au passage que mon ami Gibus était du voyage ainsi que, ce qui va de soi,  nos chères épouses. Il est en train de négocier le prix du citron vert que l’on aperçoit près du genou de la marchande car à Karukera on ne saurait passer une journée sans presser au moins un citron vert. Je vous en donnerai la raison un peu plus tard .

 

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Le festival de couleurs se poursuit avec la fabuleuse diversité des fruits, fleurs, légumes offerts sur les étals : ananas, oranges, bananes de toutes sortes, prunes cithères, noix de coco, cerises pays, mangues, letchis sans oublier les indispensables citrons verts côtoient ignames, maniocs, madères, patates douces , malengas (choux des caraîbes) fruits de l’arbre à pain, pour le plus grand plaisir de yeux et surtout des papilles. L’arbre à pain surnommé « mamanz’enfants » est d’ailleurs l’arbre providence des Antilles que l’on trouve dans chaque jardin. Ses gros fruits verts délicieux se consomment cuits à l’eau, frits ou en purée.

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Les étals d’épices ne sont pas les moins garnis et offrent fenugrec, anis étoilé, roucou, bois d’inde, canelle, graines de moutarde et toutes sortes de piments et de mélanges dont la fameuse préparation pour « sauce chien » perle gastronomique des Antilles. Les vieux messieurs un brin « rouillés » et les plus jeunes exténués par la « chaleur » des nuits antillaises peuvent y trouver aussi du « bois bandé » supposé leur rendre leur vigueur. Mais il ne s’agit très souvent que de canelle car le produit original peut être dangereux pour la santé, cela dit l’effet « placebo » peut marcher aussi pour ce genre de produit que je n’ai pas testé !

 

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Du coté des étals des pêcheurs les couleurs ne manquent pas non plus, car les eaux tropicales sont riches d’une grande diversité de poissons, bien que la surpêche et des pratiques condamnables y fassent  comme ailleurs des ravages. Cette surpêche menace la survie des récifs coralliens nécessaires à la diversité de la vie marine et qui sont déjà durement affectés par le réchauffement climatique.

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Les langoustes grillées au feu de bois avec une sauce chien sont l’un des mets de choix proposés dans les petits « Lolos » (restaurants familiaux rustiques et sans chichi) qui abondent à Karukera, de même que les fricassées de lambis (énormes coquillages) ou de chatrous (sorte de calamars).

 

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Vu l’outil de coupe dont dispose ce pêcheur mieux vaut  ne pas plaisanter sur l’état de fraîcheur de son poisson. Enfin moi je ne m’y suis pas risqué !

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On peut notamment déguster à Karukera de délicieux poissons locaux appelés « brousses » qui sont munis d’une véritable cotte de maille que seuls les pêcheurs expérimentés savent retirer. C’est un étonnant spectacle de les voir ainsi « dépouiller » ce poisson qui, outre une chair savoureuse, présente l’énorme avantage de ne pas avoir d’arêtes.

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L’Église de Saint Pierre et de Saint Paul, qui illumine de sa façade colorée la place Gourbeyre située près du port de Pointe à Pitre, a été construite en 1807 et restaurée en 1867. Les colonnes et les frontons triangulaires qui l’ornent  lui confèrent un aspect grec, étonnant sous cette latitude. Des statues des quatre Évangélistes, Jean, Luc, Marc  et Mathieu, exposés aux abondantes pluies tropicales flanquent les portes d’accès. Pierre et Paul ont droit à un meilleur sort vu qu’on les a installés dans des niches où ils sont à l’abri. Même en ce lieu soit-disant fraternel règne l’inégalité ! Comment voulez vous que la justice règne en ce monde ,

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L’une des principales cultures de karukera est la canne à sucre qui couvre une bonne partie de Grande Terre ainsi que les pourtours de Basse-Terre, notamment dans la région de Sainte Rose où cette photo a été prise, de Saint Claude et de Capesterre.

La culture de la canne à sucre a été développée à partir du XVIIème siècle avec l’assistance technique des Hollandais chassés du Brésil par les portugais. Longtemps orientée principalement vers la production de sucre, cette exploitation a commencé à péricliter au XIXème siècle en raison du développement de la production sucrière européenne à partir de la betterave. Ce déclin a été accéléré par les accords de l’OMC qui a conduit à une baisse considérable des prix garantis afin de favoriser la concurrence. Ce qui fait qu’il ne reste plus dans l’île qu‘une seule sucrerie -  la société Gardel - située au Moule sur Grande Terre.

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Mais fort heureusement il existe une alléchante alternative pour cette plante prolifique qui pousse en un an et peut se régénérer quatre ou cinq ans de suite : la production de rhum agricole.

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Mais avant de vous parler de ce divin breuvage, je me dois de vous rappeler qu’au départ l’exploitation de la canne a été frappée du sceau de l’infamie, puisque c’est cette activité, avec l’exploitation du café, du tabac et du coton en d’autres lieux, nécessitant toutes une main d’œuvre importante,  qui a conduit au développement de l’esclavage régit par l’ignoble « code noir » institué en 1685. Rappelons que l’esclavage a été aboli par les révolutionnaires en 1794 mais rétabli en 1804 par le petit boucher corse, Napoléon, sous l’influence de sa dulcinée de l’époque, Joséphine de Beauharnais, fille de riches planteurs martiniquais. Il a fallu attendre 1848 pour que l’esclavage soit définitivement aboli par la France à l’initiative de Victor Schoelcher qui a une rue à son nom dans chacun des villages de l'ïle.

C’est donc au son d’une telle cloche que la vie des esclaves était rythmée et on se doute qu’ils n’étaient pas au trente cinq heures !

 

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C’était une époque où les cannes étaient fauchées manuellement et emportées jusqu’aux moulins sur des cabouas (sorte de chars) tirés par des zébus. Fermant les yeux on croit alors entendre porté par les alizés ces paroles d’une antique mélopée :

« Voici les champs de cannes où l’on chante en cadence,

Tandis que les coutelas coupent les blonds roseaux,

Que les courageux zébus emportent sur de lourds cabouas.

Nous ne sucerons plus la canne enrubannée,

Réduite maintenant en fibre de bagasse,

Voici la distillerie où le vesou s’élance,

Au sortir du moulin dans un tumulte d’eau »

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A l’origine les cannes étaient en effet broyées  grâce à des moulins qu’actionnaient les alizés qui soufflent en permanence sur les Antilles. Il en existait 240 au début du XIXème siècle qui ont peu à peu disparu avec l’invention des broyeurs à vapeur.

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Les quelques moulins qui subsistent sont souvent envahis par la végétation comme celui de Lubeth sur Grande Terre pris dans l’étau des multiples troncs d’un «figuier maudit » dont les graines, prétend la légende, ont été plantées par d’anciens esclaves pour se venger.

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Ainsi le chant des oiseaux a-t-il remplacé le bruissement du vent dans les ailes. Mais qui sait, peut être qu’avec l’arrivée des éoliennes dans nos campagnes ces moulins connaîtront un jour une nouvelle vie ?

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Aujourd’hui d’énormes tracteurs ont remplacé les cabouas, mais là encore il n’est pas exclus qu’un jour les zébus fassent leur retour, comme on le voit dans nos campagnes où bœufs et chevaux reviennent à la mode, notamment dans les vignes. Ils présentent, en effet, de nombreux avantages : ils ne tassent pas les sols, ne s’embourbent pas, ne polluent pas et nécessitent un minimum d’entretien.

 

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Mais revenons à la production de rhum agricole, élixir prestigieux des Antilles Françaises, largement supérieur - grâce à une réglementation stricte et un savoir faire inégalé - aux breuvages rustiques qui portent ce nom produits à Cuba, à la Jamaïque ou ailleurs. Les premiers sont en effet produits à partir de la fermentation du jus frais de canne alors que les autres (rhum industriel)  sont obtenus par la distillation du résidu de la fabrication du sucre, la mélasse. L’inventeur du rhum est le père Labat qui ayant débarqué en 1694 à Marie Galante a été atteint d’une forte fièvre qu’il soigna grâce à une eau de vie locale, le taffia, faite à base de jus de canne fermenté. Il a transformé ce taffia amer et rustique  en rhum agricole dont on se régale aujourd’hui.

Il existe aujourd'hui six distilleries à la Guadeloupe : Longueteau à Capesterre (l’une des plus anciennes dont on voit ici l’usine et qui exporte son rhum sous le nom de Karukera) Montebello à Petit Bourg,  Bologne à Saint Claude, Damoiseau au Moule ainsi que Séverin et Reimonenq à Sainte Rose auxquelles s'ajoutent les deux installées à Marie Galante : Pèrel Labat, Bielle

 

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Les deux principales distilleries de la Guadeloupe sont Bologne en Basse Terre et Damoiseau en Grande Terre, dont on voit ici l’usine qui ressemble étrangement au Centre Pompidou à Paris (A croire que l’architecte de ce dernier était un amateur de rhum Damoiseau) et que l'on peut visiter librement, visite qui est fort intéressante, en particulier à la période de récolte de la canne (fin janvier à mai).

En matière de consommation de rhum, les guadeloupéens sont aussi chauvins que le sont les bordelais et les bourguignons en matière de vin.  Ainsi les habitants de Basse Terre ne jurent que par le Bologne et ceux de Grande Terre que par Damoiseau. Mais il faut dire que ces deux grandes distilleries font vivre beaucoup de producteurs de canne et emploient de nombreux salariés.

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Pendant que le vesou (jus de canne fraîchement pressé) coule dans les cuves de fermentation, je vais vous avouer qu'au cours de notre séjour, Gibus et moi avons consciencieusement goûté et regoûté à tous les rhums guadeloupéens à l’occasion de la cérémonie du Ti’Punch qui accompagne tout repas antillais qui se respecte (et il y a deux repas par jour !).

Au demeurant les repas ne sont pas les seuls moments de la journée où l'on peut boire un Ti'Punch (à condition de ne pas conduire bien sûr !). Ainsi peu-on prendre un premier Ti'Punch assez robuste au lever qu'on appellera "décollage" ou "pétépied". Cela dit, on peut aussi doser son TiPunch à sa convenance, il n'y a pas de dogmatisme en la matière. Ainsi les natures délicates prendront un "punch fillette" ou un "ti feu". En général si vous êtes invité, on vous proposera très souvent un second Ti'punch, car il est malvenu de "rester sur un pied !"

 

Je précise pour les ignorants de la chose (c’est dommage pour eux) que le Ti’Punch se prépare avec un filet de jus de canne (ou à défaut un peu de sucre en poudre) deux doigts (de préférence à l’horizontale !) de rhum agricole et un quartier de citron vert. Il faut préalablement écraser le citron vert dans le jus de canne ou le sucre avant de verser le rhum. Certains mettent un glaçon ce qui est une hérésie, car c’est le meilleur moyen de tuer les arômes du rhum.

Selon mon appréciation personnelle tous les rhums que nous avons goûtés sont excellents, à l’exception de ceux de Séverin et Reimonenq un peu rustiques et plutôt destinés aux « planteurs ». Mais si je devais faire un classement, forcément subjectif, je les placerais dans cet ordre : 1) Bielle 50°, 2) ex æquo : Karukera 50° et Père Labat 50°, 3) ex æquo : Montebello 50° et Bologne 50° et pour finir Damoiseau 50°. Je laisse à mon ami Gibus le soin de vous donner son propre classement dans les commentaires.

Toutest ces distilleries produisent également des rhums "vieux" élevés en barriques de chêne qui valent de vieux cognacs ou armagnacs. J'ai notamment dégusté un Karukera millésimé 2000 qui est un vrai nectar. 

Que ceux qui ne sont pas coutumiers du Ti’Punch ne soient pas effrayés par le titre alcoolique en apparence élevé, car il ne faut pas oublier qu’un breuvage à 50° est composé à moitié…d’eau !

 

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Histoire de vous faire rêver et voyager dans les volutes des Ti’Punch que nous avons dégustés durant notre voyage, je vous abandonne provisoirement avec quelques uns des « cadavres » que nous avons laissé derrière nous….

Vous comprenez maintenant pourquoi je préfère appeler la Guadeloupe  du nom de  Karukera et qu'elle est pour moi une île bénie des dieux (et en particulier de mon vieil ami Bacchus !)

A suivre.....

 

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C'est la période des vacances  et vous allez vous retrouver à coincer la « bulle » quelque part dans un jardin, sur une plage ou au bord d’un ruisseau, votre MP 3 collé sur les oreilles, car c’est connu la musique adoucit les mœurs et vu l’état du monde vous avez bien besoin que vos mœurs soient apaisées ! Pourquoi ne pas y mettre quelques chansons de mon cru qui figurent dans mon dernier album "Ti Punch" et qui vous emmèneront aux Antilles, lieu éminemment dépaysant ! Vous pourrez ainsi écouter "la complainte du Coupeur de canne",  vous laisser bercer par la langueur de Marie-Galante, sentir les envoutantes effluves du Ti’ Punch ou écouter la sensuelle histoire du Bernard-l’hermite…..

C’est sur Deezer (cliquez sur Deezer) ou Spotify  ou encore Itunes…(faites une recherche sur Old Nut).

Vous y trouverez aussi mes autres albums "Bidochon dream " et "Jennifer" (cliquez sur le titre)

 

Vous pouvez également vous tenir au courant de la parution de mes prochains albums en vous inscrivant sur ce nouveau blog Old Nut Zimbalam 

 

Texte & Photos Ulysse (sauf deux signées M&G Buffler)