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24/10/2015

Souvenirs d'Egypte - 3 - Au fil du Nil (suite)

 

REPRISE D'ARCHIVE

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Aton, une fois de plus, daigne revenir de son périple nocturne et émerge lentement des sables du désert. Le Nil boit alors goulûment ses rayons qui lui font oublier la fraîcheur de la nuit.

 

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Les humains s'activent et griffent de leurs frêles esquifs les eaux du Nil pour aller faire moisson d'herbes pour leurs animaux de bât. Car en ce pays régit par les dieux  l'énergie est encore exclusivement humaine ou animale.

 

 

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De ces flots placides et nourriciers l'homme tire sa subsistance...

 

 

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Eole en ce pays est rarement violent et jamais de mémoire d'Osiris on n'y a vu une chaloupe chavirer !

 

 

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Au crépuscule la nuit semble lentement monter des eaux ténébreuses du Nil 

 

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La nuit installée, le Nil disparaît et l'on croit naviguer en état d'apesanteur eu milieu de la voie lactée...

 

A suivre....

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Texte & Photos ulysse

 

 

09:18 Publié dans Voyage/Tourisme | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : egypte, nil, aton, osiris

16/10/2015

Souvenirs d'Egypte -2 - Au fil du Nil....

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Six heures de matin, Aton s'en revient de son périple nocturne et illumine peu à peu  les rives du Nil. Les inflorescences des roseaux sont comme des flammèches  virevoltant au dessus du fleuve !

 

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 Une bande d'oiseaux remontent le fleuve à la recherche de leur petit-déjeuner !

 

 

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Partout les hommes ouvrent leurs échoppes: en cet Eden il faut malgré tout travailler pour vivre ! 

 

 

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Et le trafic des bateaux s'active entre les deux rives, l'homme n'ayant pas osé jeter de ponts sur ce fleuve, don des divinités !

 

 

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Leur ballet incessant a la grâce des plus belles chorégraphies du monde !

 

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Le  soir venu, les dernières felouques rentrent au port à la lumière des braseros qu'Aton a allumé dans les nuées !

 

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Ne restent alors que quelques barques de pêcheurs qui se serviront des étoiles comme appâts pour pêcher !

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Texte @ Photos Ulysse

Souvenirs d’Egypte - 1 – Un rêve foudroyé

Aujourd'hui je reprends le récit de mes pérégrinations à travers l'Egypte, du lac Nasser en descendant le Nil, à travers les déserts et leurs oasis....J'espère que vous apprécierez le voyage!

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L'Egypte est un don d'Hâpy dieu du nil et d'Aton dieu du soleil, rêve foudroyé des pharaons, aujourd’hui piétinée par des hordes de touristes pour qui notre étoile n’est qu’une énorme chaudière thermonucléaire.

 

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Pourtant, notre civilisation plonge ses racines ici: Jésus est le frère d’Osiris, Marie la sœur d’Isis et les temples grecs et romains ne sont que de pâles répliques des temples égyptiens.

 

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Les Egyptiens contemporains ont offert au soleil un grandiose miroir: le lac Nasser, pour se faire pardonner de l’avoir abandonné! Mais le barrage prive le Nil de ses crues bienfaitrices. Et le sel de la mer remonte par capillarité rongeant les terres autrefois fertiles.  

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Texte & Photos Ulysse

10/10/2015

A la découverte de Karukera -10- Le Moule et la pointe de la Grande Vigie

Reprise d'archive
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Pour la dernière semaine de notre séjour, nous avons choisi de jeter l’ancre au Moule, l’une des plus vieilles communes de Karukera, située sur la façade atlantique de  Grande-Terre. Son nom est une déformation de «môle» (jetée) et, de fait, elle abrite le seul port de la côte atlantique.

Au début du 18e siècle, le Moule est devenu le lieu de résidence de l’aristocratie coloniale, ce qui explique la présence d’une imposante église de style néoclassique. Malgré les nombreuses catastrophes qui l’ont affectée (incendie, tremblement de terre, cyclone) cette ville  possède encore un important patrimoine architectural. On y trouve également la dernière usine à sucre de la Guadeloupe continentale, l’Usine de Gardel.

 

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Dans tous les villages de l’île on trouve immanquablement, soit une rue « Victor Schoelcher » en l’honneur de l’homme qui a fait abolir définitivement l’esclavage en France en 1848 (rappelons que les révolutionnaires de 1789 l’avaient une première fois aboli, mais celui-ci fut rétabli par l’infâme Napoléon) soit une statue de Louis Delgrès.

D’origine martiniquaise, ce colonel de l’armée française, fervent défenseur de la République, se révolta contre la restauration de l’esclavage par le tyran corse . Assiégé, il se fit sauter dans un fort à Matouba avec 300 de ses compatriotes  en criant « Plutôt la mort que l’esclavage ». Mais nos livres d’histoire célèbrent Napoléon, qui a pourtant mis l’Europe a feu et à sang et ruiné la France et  ignorent Louis Delgrès qui est mort pour l’égalité et la liberté.

 

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En arrivant au Moule, notre priorité est de faire le marché. Pour une raison utilitaire d’abord, car il nous faut remplir frigidaire et placards, vu que nos estomacs, comme la nature, ont horreur du vide. Mais aussi pour le plaisir car cela nous permet de nous plonger dans l’ambiance locale, de humer l’atmosphère du lieu, de se frotter – innocemment – aux doudous, de s’enivrer des senteurs d’épices, de s’esbaudir devant les formes et couleurs étonnantes des fruits et légumes du crû.

 

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Aujourd’hui, pour le dîner nous avons prévu du « Brousse » cet étonnant et délicieux poisson dont je vous ai déjà parlé qui est recouvert d’une « cotte de maille » et que les pêcheurs dépouillent en un seul geste avec une étonnante dextérité (poissons à droite de la photo).

 

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Les lecteurs et lectrices de mon blog qui voient régulièrement mon ami Gibus suspendu à des lianes, ou bien en haut d’un sommet ou d’un cocotier pourraient s’imaginer qu’il est infatigable et qu’il ne se repose jamais. Et bien détrompez vous ! En tous lieux et par tous les temps, qu’il vente, qu’il neige ou que la terre tremble, il fait une sieste « post-déjeuner » qui lui permet de refaire le plein d’énergie ! Et n’allez pas penser qu’il somnole sous l’effet du « Ti’Punch », car le Ti’Punch ça réveille, ça n’endort pas !

 

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Nous passons le reste de l’après midi à nous balader le long de la côte balayée par les Alizés. Le soir venu les rayons du soleil couchant illumine les nuages et l’écume des vagues. Ce qui m’amène à me poser une question : comment de l’eau aussi bleue peut-elle produire une écume aussi blanche ?

 

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Les Alizés soufflant en permanence, la côte est appréciée des amateurs de surf qui viennent chevaucher les vagues. Même les débutants, plus souvent dans l’eau que sur leur planche,  y prennent plaisir car l’eau est à 27° !

 

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Le soir venu, nous nous rendons au marché nocturne (aux Antilles il fait nuit à six heures !) pour y acheter des épices pour assaisonner les « brousses » achetés le matin. Nous y  flânons et nous imprégnons de l’âme de ce pays si coloré  et si chaleureux.

 

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Le lendemain nous partons explorer le nord de Grande Terre du côté de la Grande Vigie et commençons par jeter un œil à la pointe de la Petite Tortue.

 

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Puis nous allons piquer une tête dans le lagon de la Porte d’Enfer, aux eaux plutôt agitées.  Il faut prendre garde à ne pas se faire drosser contre les bancs de calcaire acérés qui garnissent son pourtour.

 

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 Mais l’eau y est si belle et translucide ! Comment résister !  Au demeurant, peut être que son nom lui vient de ces baigneurs orgueilleux, trop sûrs d’eux, qui s’y sont noyés et ont filé tout droit en enfer, l’orgueil étant un péché mortel !

 

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Empruntant le sentier côtier, nous nous rendons au « trou de madame Coco ». L’origine de ce nom fait l’objet de diverses légendes absurdes mettant en scène le diable et des sorcières, que reprennent complaisamment les guides touristiques. La vérité est plus triviale . Ce site s’appelle ainsi car dans les années 1930 une paysanne qui vivait à proximité venait chaque fin d’après midi, après la traite des vaches,  contempler la mer s’engouffrer dans cette grotte en y dégustant une glace au coco. Nous tenons cette histoire de Mr Damoiseau que nous avons rencontré au Moule, qui la tient lui même de Mr Bologne auquel Mr Montebello l’aurait raconté….

 

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Poursuivant notre chemin, nous apercevons soudain au pied de la falaise un cheval marin qui a dû se libérer de l’attelage du char de Neptune. Il n’est pas étonnant que le dieu des mers ait préféré abandonner la Méditerranée pour gagner l’Atlantique, vu que notre « Mare Nostrum » devient peu à peu un cloaque infâme.

 

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Au loin nous découvrons le rocher du Piton. Combien de siècles tiendra-t-il encore face à l’assaut des vagues ? Le sentier suit ainsi sur des kilomètres une côte rocheuse qui donne à cette région une allure de Bretagne antillaise, à ceci près que l’on n’ y sert pas, dieu merci, du chouchen, mais du Ti’ Punch!grande vigie,brousse,surf,chouchen

 

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03/10/2015

A la découverte de Karukera - 9 - La chute Moreau

 Reprise d'archive

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Au fil de mon reportage sur Karukera,  nous avons  visité les plus belles chutes de cette île qui n’en manquent pas. Ainsi Trois cornes, Matouba, Acomat, Galion  et les chutes du Carbet n’ont plus de secret pour vous. Mais j’ai gardé la plus impressionnante, la plus majestueuse mais aussi la plus difficile d’accès  pour la fin: la chute Moreau qui fait 145 mètres de haut, soit près de trois fois la hauteur des chutes du Niagara (52m) et une  fois et demi celles d’Iguazu au Brésil (102m) ou de Victoria au Zimbabwe (108m).

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Mais comme je le disais, cette chute là se mérite ! Il faut grimper 300 mètres de dénivelé sur un « brouillon » de sentier boueux qui traverse sept fois la rivière Racoon sans aucun passage à gué ! Autant dire qu’il ne faut pas y aller avec des chaussures de frimeur pour club de gym à « Bobos », mais de bonnes vieilles godasses  tout-terrain  qui ne craignent pas l’eau !

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Il faut avoir aussi un bon sens de l’équilibre car les rochers qui tapissent le fond des rivières ont rarement la bonne idée d’être plats. A vrai dire, il n’ y a pas d’autre risque que de se retrouver avec le cul mouillé pour le reste de la randonnée, ce qui, avec les 25° ambiants, est supportable . Mais bon,  c’est une futile affaire d’amour propre, on se sent toujours humilié à se retrouver le cul par terre (en l’occurrence dans l’eau) les quatre fers en l’air ! Certes, on  peut la jouer « british » et déclarer dans ce cas que l’on est un adepte de Rika Zaraï mais on ne trompe personne !

 chute moreau,karukera,rika zaraï,bain de siègeCe parcours est le plus beau et le plus sauvage que l’on puisse faire dans la forêt guadeloupéenne d’autant, qu’il n’y pas beaucoup d’affluence vu la configuration du "prétendu" chemin.

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Des arbres abattus semblent nous inviter à traverser la rivière Racoon sur leurs troncs. Mais nous  préférons garder les pieds sur terre ou plutôt dans l’eau, car en cas de chute  le « Samu » aurait du mal à se frayer un chemin jusqu’ici.

chute moreau,karukera,rika zaraï,bain de siègeAprès avoir escaladé un chaos rocheux, nous découvrons la Chute Moreau dont Gibus, campé à son pied, vous donne l' échelle, que ne permet pas de restituer la photo. Le spectacle est effectivement grandiose et justifie les bains de pieds et de boue répétés pour y arriver !

 

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Nous sacrifions bien évidemment à la tradition du bain, en évitant soigneusement  de nous mettre sous le jet car nous risquerions d’en sortir la tête plate !

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Enchantés, exaltés, revigorés nous prenons le chemin du retour avec le sentiment d’évoluer dans une matrice végétale tant est dense la végétation qui nous entoure. Débarrassés de tout appareillage mécanique ou artificiel, nous retrouvons ce sentiment oublié par l’homme moderne d’être des enfants de la terre .

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Cette terre dresse autour de nous une cathédrale végétale où nous vient l’envie de prier, non pas pour implorer le dieu barbu psycho rigide des religions dites révélées,  mais pour souhaiter que cette beauté soit à jamais préservée car, ici, nous avons l’intuition que si elle disparaissait l’homme signerait son arrêt de mort .

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Et, le temps de notre retour, je vous laisse en silence contempler quelques manifestations de cette incommensurable et indicible  beauté.

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26/09/2015

A la découverte de Karukera – 8 – Le sentier côtier de l’Acomat

 Reprise d'archive

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Aujourd’hui je vous invite à nous suivre sur le sentier côtier de l‘Acomat qui relie l’Anse de la Source, située au sud de Trois-Rivières, à l’Anse Grande Ravine. Cette partie sud de Basse Terre est recouverte de coulées de lave crachées par la Soufrière il y a plus de cent mille ans. Bien qu’encore actif ce volcan s’est « civilisé » et ne crache plus à tout va comme il le faisait dans sa turbulente jeunesse.

 

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Du fait de ces coulées de lave le sol est très fertile et le chemin traverse une végétation dense et variée. Il faut d’ailleurs être très vigilant pour ne pas en perdre la trace et s’il n’était pas régulièrement emprunté il faudrait peu de temps pour qu’il disparaisse.

 

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Mais aux endroits battus par la mer aucune végétation n’a pu s’accrocher et les coulées de lave sont hérissées de lames de basalte tranchantes comme des couteaux qui – c’est le cas de le dire - coupent court à toute velléité de baignade.

 

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Cette côte dangereuse est poissonneuse et l’on y pêche notamment l’impressionnante dorade coryphène (que l’on peut aussi écrire « daurade », la langue française est rarement aussi tolérante !) si chère à Alain Bombard et dont je vous ai déjà parlé lors de notre deuxième étape.

 

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On a beau avoir déjà  sillonné  Karukera depuis une dizaine de jours nous restons ébahis par l’exubérance de la végétation et la vitalité de certains arbres tels ce figuier maudit, immense pieuvre végétale qui lance ses branches-tentacules à travers la forêt.

 

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Les « bombes » volcaniques projetées par les éruptions leur servent de points d’ancrage et permettent ainsi à ces arbres de résister aux plus violents cyclones.

 

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Et quand certains, malgré tout, tombent foudroyés par un orage ou leur grand âge leurs congénères leur tendent une branche secourable pour les soutenir.

 

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Mais je pense que cette solidarité arboricole a des limites, car si cet arbre là chutait, je doute qu’il soit  accueilli à « branches ouvertes » par ceux qui l’entourent !

 

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Au bord d’une mare alimentée par une source nous faisons une étonnante découverte : une pierre gravée il y a près de mille cinq cents ans par les premiers occupants de l'île, les Arawaks,  venus d’Amérique du Sud. Elle représente une femme en train d’accoucher en position assise comme c’était la tradition chez cette peuplade.

Les Arawaks, peuple pacifique,  furent décimés  entre le VIIème et les IXème siècle, à l’exception des femmes, par  les Caraïbes (ou Kalinas dont le nom signifie «guerrier») venus du Vénézuela  et qui ont donné le nom de Karukera (l’île aux belles eaux) à cette île.

Une fois installés à Karukera les Caraïbes ont colonisé toutes les Petites Antilles vers 1350. Malgré leurs aptitudes guerrières, ils seront à leur tour décimés dans les vingt premières années de la colonisation française de la Guadeloupe, qui débutera en 1635. Ainsi l'histoire humaine n’est-elle qu’une longue litanie de massacres et aucun peuple ne peut se prévaloir d’être supérieur  ou plus « civilisé » qu’un autre.

 

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Ce vestige d’un moulin d’une ancienne « habitation sucrière » qui servait à broyer la canne  témoigne que cette zone a été autrefois défrichée et exploitée. Mais les hommes ayant déserté les lieux  depuis plus d’un siècle, la nature a reconquis son territoire.

 

 

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Mais reprenons notre progression dans cette jungle mésophile ou l’entrelacs de lianes nous fait croire qu’elle est peuplée de marsupilamis.

 

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Au cœur de cette jungle luxuriante mon ami Gibus, toujours à la recherche de sensations fortes ne peut résister à l’appel des lianes (petit clin d'oeil épistolaire aux Elianes qui me lisent !).  Je ne serais pas surpris qu’un producteur d’Hollywood en voyant ce reportage ait l’idée de lui confier le rôle de l’inoubliable  Johnny Weissmuller pour faire un »remake» de « Tarzan l’homme singe » !

 

 

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Marie  voyant son « homme » ainsi voltiger d’arbre en arbre se sent alors une âme de Jane et veut suivre le même chemin. Mais une liane ne résiste pas à sa fougue (oui, oui, c’est bien sa fougue qui est en cause !)

 

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Nous arrivons en vue de la « Grande Pointe » dite aussi « Pointe à la Taste » où est installée une ancienne batterie qui gardait le canal des Saintes, groupe d’îles que l’on aperçoit à l’horizon. Il faut dire que l’histoire de Karukera a été mouvementée. Délaissée par les espagnols qui possédaient  les Grandes Antilles (Cuba, Saint-Domingue, Porto Rico, Bahamas, Jamaïque) ainsi qu’une partie de l’Amérique centrale et du Sud, elle fut envahie tour à tour par les français puis les anglais jusqu’en 1763 où ces derniers y renoncèrent définitivement et reçurent de notre pays le Canada en guise de compensation. Comme on le voit, nos hommes politiques ont toujours été très avisés !

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Aujourd’hui seule la mer part à l’assaut de la cote où elle fait naître de magnifiques gerbes d’écume nées des vagues qui se déchiquètent sur les coulées de lave acérées.

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Le sentier côtier s’arrête à l’Anse  Grande Ravine où le littoral ne se prête plus à la marche à pied.

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Il faudrait être une frégate pour continuer d'explorer la côte ! Cet étonnant oiseau marin, dont le plumage perméable ne lui permet pas de flotter ni de plonger dans l’eau, se nourrit en attrapant les poissons traqués par les thons ou les dauphins au moment où ils  sortent hors de l’eau. Nous faisons donc demi-tour, mais qui se plaindrait de revoir les paysages que nous venons de parcourir !

 

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Texte & Photos (sauf 4ème) Ulysse

19/09/2015

A la découverte de Karukera 7 - Chutes du Carbet et plage de Roseau

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Quand j’étais adolescent j’ai rêvé, vibré, frissonné en dévorant les récits d’exploration en Afrique de David Livingstone, Henri Stanley ou de Savorgnan de Brazza. Fasciné par leurs aventures, je dessinais des cartes géographiques où j’inventais de nouveaux continents dont je nommais les rivières, les monts, les déserts, et les forêts.

En pénétrant dans les forêts de Karukera j’ai retrouvé ces émotions de mon adolescence. La luxuriance, la densité, la diversité des espèces végétales que l’on y trouve – elles comportent plus de 350 espèces d’arbres – suscitent l’émerveillement et créent une sensation de mystère. On y  ressent, palpable dans l’air, l’élan vital qui dresse ces lianes, ces fougères, ces frondaisons dans une course folle vers la lumière. La vie et la mort en ces lieux sont indissolublement liées, les plantes à terre nourrissant celles qui s’élèvent dans un ballet euphorisant. Immergés dans cet univers, nous comprenons que nous sommes des points de conscience qui clignotent de vie en vie sur la trame de l’éternité.

 

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S’il n’y a pas de cités oubliées à y découvrir, ces forêts sont riches en chutes magnifiques, dont celles du Carbet que nous allons aujourd’hui explorer. Trois chutes, en effet, ponctuent le cours de ce torrent qui prend sa source à 1300mètres d’altitude en plein cœur du massif de la Soufrière et se jette dans la mer en aval de Capesterre, petite ville située au sud de la Côte au Vent de Basse-Terre.

 Seules la deuxième chute, située à 700 mètres d’altitude et  haute de 110 mètres  que l’on aperçoit ici, et la première, qui fait un saut de 125 mètres à 1000 mètres d’altitude, sont accessibles. Le sentier qui mène à la troisième chute, située très en aval a été emporté par un glissement de terrain.

 

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Si l’accès à la deuxième chute est relativement aisé, le chemin qui mène à la première demande quelques d’efforts.  Il faut, en effet, grimper 300 mètres de dénivelé, le sentier étant toutefois  bien aménagé (un peu trop à mon goût)  sauf dans sa partie terminale un peu plus sportive. Vous êtes prêts ? Alors on y va !

Cette zone de la forêt est particulièrement riche en balisiers dont les fleurs ornent la forêt de guirlandes de flammes. Inutile d’appeler les pompiers car nous sommes ici sur le flanc nord de la Soufrière où les nuages larguent quotidiennement d’épisodiques ondées qui ourlent les fleurs de perles d’eau cristallines.

 

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 La nature ici est pleine de fantaisie et orne de dentelles végétales  les troncs d’arbres vénérables qui ne semblent pas en prendre ombrage ! Ces vieux "durs" auraient-ils des cœurs de midinettes ?

 

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Au fur et à mesure que nous grimpons le bruit de la chute se fait de plus ne plus présent.  Elle apparaît soudain dans un déchirure du brouillard qui recouvrait jusqu’alors la forêt.

 

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Du fait du brouillard on a l’impression que c’est le ciel laiteux qui se déverse par l’échancrure qui entaille la paroi du cirque de plus de 120 mètres de haut.

 

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On escalade alors le chaos rocheux qui s’est formé au pied de la cascade, rendu glissant par les embruns emportés par le vent.

 

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Nous éprouvons alors un bonheur intense d’être ainsi seuls au milieu d’une nature vierge et sauvage, le front caressé par le vent chargé d’embruns. Oui, vraiment le bonheur est dans "l’ être" et non dans "l’avoir" et dérisoires nous paraissent alors les plaisirs que nous procurent les biens matériels, à l’exception – soyons honnêtes – de ceux que nous distille la possession d’une bouteille de Karukera, de Damoiseau ou de Bologne accompagnée, cela va de soi, d'un doigt de jus de cane et  d'un citron vert !

 

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 Soudain nous entendons une voix caverneuse qui nous interpelle en nous disant «Alors les p’tits gars, ça vous plait le coin ? » Nous levons la tête et apercevons la tête d’un géant hirsute qui sort du flanc de la falaise. « Je suis le gardien des chutes » nous dit-il  « je veille à ce que les gens qui viennent ici, ne se baignent que s’ils sont à jeun,  car il y a des remous et il faut avoir bon pied !  Etes vous à jeun ? Mettez vous sur un pied et tirez la langue que je le vérifie ! » Interloqués, nous nous exécutons et parvenons à maintenir tant bien que mal notre équilibre . « Bon, c’est limite, votre langue est un peu chargée et vous le chauve, vous branlotez,  mais vous pouvez y aller,  l’un après l’autre c’est plus sûr ! » nous dit-il.

 

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Sous le regard du gardien nous nous baignons donc l’un après l’autre, lui étant reconnaissant pour sa mansuétude, car à vrai dire la veille au soir nous n’avons pas été très raisonnables. Mais vient-on à Karukera pour être raisonnables ?

 

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Revigorés, nous prenons le chemin du retour éclaboussés par des étincelles que le soleil, enfin revenu, projette entre les mailles de la trame végétale que forment les fougères arborescentes.

 

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Nous allons nous remettre de nos efforts sur la plage de Roseau bordée de cocotiers, immenses échassiers unijambistes, qui tendent leur houppe au dessus des flots au bout d’un long cou gracile.

 

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Il faut se méfier de cet arbre qui fait rêver les voyageurs du monde entier. Gare, en effet, à celui qui voudrait jouir de son ombre pour y faire une sieste, car il a la fâcheuse habitude de laisser tomber de temps à autre une noix de coco capable de vous envoyer « ad patres ». C’est ainsi que les noix de coco tuent, paraît-il, chaque année plus de gens que les requins !

 

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Mais on ne leur en tient pas rigueur tant ils ont de charme ! Sans leur présence on pourrait croire que l’on se baigne à Palavas–les-Flots ou à Saint Jean de Mont et qui a envie de passer ses vacances dans ce genre de stations?

 

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Avec eux le plus mauvais photographe devient un artiste et c’est pourquoi j’ai tendance à en abuser !

 

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Outre les cocotiers, les plages de Karukera ont un autre sujet d’intérêt : les pélicans!

 

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Ils passent leur temps a effectuer des démonstrations de plongée pour le plus grand bonheur des touristes, à croire qu’ils touchent une prime (en poissons) des syndicats d’initiative locaux.

 

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On peut dire qu’ils ne ménagent pas leur peine faisant même parfois des duos presque parfaitement synchronisés.

 

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Subjugués par cet étonnant spectacle, nous n’avons pas vu le temps passer.  Mais le soleil s’apprête à tirer sa révérence et il est donc temps de rentrer pour le Ti Punch Time !

 

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Texte @ Photos Ulysse (sauf  quatre de Buffler) 

  

11/09/2015

A la découverte de karukera 6 - Goyave : la mangrove et l’îlet Fortune

 (Reprise d'archive)

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Nous voilà au début de notre deuxième semaine de séjour et nous nous rendons dans la région de Goyave où se trouve notre seconde rhumerie, heu ! excusez ce lapsus calami, je voulais dire notre second  gîte.  Cette ville située sur la côte au vent de Basse-Terre – exposée donc aux alizés -  tient son nom de la rivière éponyme toute proche, nommée ainsi en raison des  goyaviers qui la bordent. La goyave est un fruit délicieux dont le jus se marrie merveilleusement avec le rhum, mais  à vrai dire qu’est ce qui ne s’accorde pas avec le rhum à part la pomme de terre et les topinambours ! Longtemps basée sur la canne à sucre, l’économie de cette région repose aujourd’hui essentiellement sur les bananeraies – dont nous voyons ici une magnifique exploitation - et l’aquaculture.

 

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Nous nous rendons sur le port où nous rencontrons Jean Marc qui tient un restaurant : le Koté T’Chalis situé près du débarcadère où il sert une cuisine exotique inventive et raffinée (nous l’avons personnellement testé) servie sur une idyllique terrasse ouverte sur la mer. Il emmène à l’occasion les touristes visiter la mangrove qui borde la côte et l’ïlet Fortune, lieu sauvage et inhabité situé à environ 2 kilomètres au large. Jean-marc étant pour l’heure disponible, nous lui demandons de nous y emmener.

 

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Nous voilà donc partis en direction de la mangrove, fouillis végétal impénétrable constitué de végétaux halophiles  qui  se développent  dans la zone de balancement des marées  des côtes basses ainsi qu’à l'embouchure de certains fleuves dans les régions tropicales.

 

 

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La mangrove fait partie des écosystèmes les plus productifs (bois et ressources halieutiques) de notre planète. Elle héberge de nombreux oiseaux et animaux et  assure également une excellente protection contre l’érosion et les tsunamis. Sa destruction actuelle provoquée par les activités humaines, et notamment l’aquaculture de crevettes, met en péril la préservation des côtes et de la biodiversité. Ainsi en mangeant des crevettes « exotiques » nous contribuons probablement à leur destruction. Se renseigner donc sur l’origine avant d’en consommer !

 

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 Dans les endroits de la mangrove où l’eau circule on trouve quasi exclusivement des palétuviers rouges qui s'ancrent dans la vase grâce à leurs imposantes racines-échasses disposées en arceaux.

 


karukera,mangrove,ilet fortune,vieille dameLe palétuvier rouge a un mode de reproduction très particulier. En effet, la graine germe sur la plante  et forme une plantule que l’on nomme propagule, qui peut produire sa propre nourriture par l'intermédiaire de la photosynthèse . 
Quand le propagule est mûr, il chute dans l'eau où il peut être transporté sur grandes distances. Il peut survivre à la sécheresse et rester dormant durant des semaines, des mois, ou même une année jusqu'à ce qu'il arrive dans un environnement approprié où il s’enracine.

 

 

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Au fur et à mesure que l’on s’enfonce au cœur de la mangrove et que le niveau d’eau diminue on rencontre des peuplements de palétuviers gris.

 

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Leurs racines noueuses qui s’ancrent dans la vase ont l’apparence d’un entrelacs de serpents, spectacle quelque peu impressionnant.

 

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Nous voguons dans un univers où  s’exposent toutes les nuances de vert : vert amande, anis, avocat, céladon, émeraude, jade, olive, opaline, pistache, pomme, tilleul et même vert perroquet (bien qu’il n’y en ait pas dans les mangroves) sans oublier bien sûr le vert citron vert (par contre il y en a un dans notre sac à dos qui trempe dans une bouteille de rhum ! )

 

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Il y a une continuité parfaite entre le monde aquatique et le monde végétal et nous ne savons plus si nous voguons sur l’eau ou sur la cime des arbres.

 

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A certains endroits les arbres nous paraissent même pousser vers le fond de l’eau.

 

 

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Nous quittons la mangrove pour nous diriger vers l’épave de l’Ismini, navire britannique qui s’est échoué au large de Goyave en 1944, sans doute endommagé par un sous-marin allemand.  Au dessus du trait de côte nous apercevons le massif de la Soufrière qui émerge de sa coiffe de nuages pour la seule fois de notre séjour.  La « vieille dame », comme l’appellent affectueusement les guadeloupéens, ne perd rien pour attendre, nous y retournerons lors de notre prochain séjour pour imprimer la semelle de nos souliers sur sa peau ratatinée !

 

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Nous arrivons près de l’épave échouée sur le récif de corail,  appelé ici  « caye » qui protège les rivages de  Karukera de la houle. C’est un lieu très poissonneux apprécié des plongeurs.

 

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Nous voilà maintenant en vue de l’ïlet Fortune, nommé peut être ainsi parce qu’y est enfoui le trésor d’un pirate (hypothèse toute personnelle !) Vu d’ici il ressemble à un confetti de paradis tombé sur la terre et nous sommes impatients d’y débarquer.

 

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Par chance aujourd’hui nous sommes seuls - mieux vaut éviter les W.E. car l’îlet est très prisé des locaux -  et nous convenons avec Jean-Marc qu’il viendra nous rechercher en fin d’après-midi. L’îlet est entouré de hauts-fonds qui permettent de se prélasser dans l’eau en dégustant un (enfin plutôt DU) Ti’Punch ! (ce n'est pas nous qui conduisons le bateau au retour).

 

 

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Bon pour être honnête dans notre petite équipe il y a un clan « eau minérale » représenté par nos chères et tendres (encore qu’un Punch coco de temps en temps ne les rebute pas !) et un clan « Ti Punch » (Gibus et moi) qui cohabitent en bonne entente (nous – égoïstement – on ne pousse pas à la consommation !). Certes dans l’affaire on perd peut être quelques années d’espérance de vie mais des jours avec Ti’Punch sur un îlot désert  de Karukera ça compte  pour dix !

 

 

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Le seul témoin de nos agapes est un magnifique anoli, peu farouche et surtout très curieux, ce qui aurait pu nous faire croire que c’était UNE anoli, mais les femelles de l’espèce sont grises !

 

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Le terrain parfaitement plat de l’îlet provoque au bout de quelques heures une certaine frustration  des gènes de mouflon de mon ami Gibus qui se met alors à escalader un cocotier. Il nous cueille alors une noix, providence de la nature,  qui sauva Robinson Crusoé de la soif.

 

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La noix de coco encore jeune est, en effet,  remplie d’un liquide opalescent et légèrement sucré qu’on appelle « eau de coco », le terme « lait de coco » s’appliquant au  liquide blanchâtre extrait de l'amande qui tapisse les parois intérieur de la noix. L’eau de coco est très bénéfique et est recherchée des sportifs antillais car elle est très riche en sels minéraux "électrolytes" qui permettent une récupération musculaire rapide (On en apprend des choses en tenant un blog !)

 

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Mais le soleil décline et nous apercevons le bateau de Jean-marc qui vient nous récupérer. C’est à regret que nous quittons cette miette de paradis, sans doute plus idyllique que celui que l’on nous promet « là haut » car, à ce que je sache, aucune « rhumerie » n’exporte son breuvage au delà des nuages….

 

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La nuit tombe et la « vieille dame » a retrouvé sa  coiffe de nuages où le soleil couchant allume un incendie, mais peut être bien que c’est elle qui fulmine parce que j’ai dit tout à l’heure que sa peau était ratatinée !

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Texte & photos Ulysse 

06/09/2015

A la découverte de Karukera 5 – Saut de Matouba, chute du Galion et Grande Anse sur Morne

REPRISE D'ARCHIVE

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Après quelques jours de « baguenaudage » balnéaire et botanique, Gibus et moi commençons à nous sentir des fourmis dans les jambes. Nous décidons donc d’aller  randonner vers la chute du Galion située à 1000 mètres d'altitude sur les contreforts du massif de la Soufrière qui domine la ville de St Claude.  Située à 600 mètres d’altitude, cette ville jouit d’une certaine fraîcheur, ce qui en fait  un lieu de résidence très prisé.

 

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Mais pour nous mettre en jambe, nous allons d’abord jeter un œil au Saut de Matouba situé aux environs immédiats de St. Claude. Après avoir traversé de vastes bananeraies il faut, pour en trouver le chemin, se laisser guider à l’oreille par le bruit de la chute que l’on découvre au fond d’un profond ravin sauvage et encaissé où règne une atmosphère envoûtante.

Il est déconseillé de se baigner au pied de la chute du fait de l’existence de tourbillons qui entraîneraient, dit-on, les baigneurs au fond. Réalité ou légende, on ne sait !  Désireux de ne pas interrompre inopinément notre séjour à Karukera nous nous contentons donc, pour une fois, de contempler ses flots fougueux et limpides. Les années passant deviendrions nous raisonnables ? Est ce bon ou mauvais signe ?

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Puis nous nous rendons au lieu dit  des « Bains Jaunes » point de départ du sentier de randonnée dans la jungle hygrophile qui mène à la chute du Galion. Pour y accéder, il nous faut, en chemin traverser quelques « ravines », exercice dans lequel Gibus excelle au contraire de votre serviteur qui s’y mouille souvent les pieds (et les chaussures avec, bien évidemment !)

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Le sentier est bordé d’impressionnants Acomat Boucan qui font mentir le dicton qui veut que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel ! Je puis vous assurer que ceux là y vont et je me demande d’ailleurs si ce n’est pas là un bon moyen de passer – le moment venu  – en catimini au Paradis ! Bon, ça ne doit pas être facile parce que "le Grand Manitou" paraît-il  voit tout ! Faudra profiter d’un moment où « IL » aura un instant de distraction. Par exemple quand une jolie fille arrivera au « divin portillon». Mais les jolies filles  ont-elles accès au Paradis vu les dégâts humains qu’elles font ?

karukera,guadeloupe,matouba,galion,chuteAprès environ quarante-cinq minutes de marche nous parvenons au pied d’un éperon rocheux qu’il faut gravir pour atteindre la chute. Je vous laisse, à cette occasion,  comparer ma  technique d’ascension…..

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 ..à celle de Gibus !  Bon, l’essentiel est d’y arriver n’est ce pas !

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La découverte de la chute du Galion nous récompense de nos efforts. Quant à savoir pourquoi elle se nomme ainsi, les guides touristiques n’en disent rien !

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J’ose toutefois émettre une hypothèse. Il est possible que le premier homme blanc qui l’a découverte et qui avait probablement abusé du nectar local (on ne le blâmera pas, car il est difficile d’y résister) ait  cru voir la voile blanche d’un galion au milieu de la forêt. D’ailleurs personnellement je trouve que l’on pourrait s’y méprendre, non ? 

 

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Le bassin de réception ne présentant aucun danger particulier, nous nous sommes cette fois offert le luxe d’une douche de 40 mètres de haut, ce qui, je puis vous l’assurer fouette le sang et vous gonfle d’énergie. Nos rugissements ont dû faire croire aux randonneurs qui parcourent le massif de la Soufrière en amont de la chute que des lions vivaient dans les forêts de Karukera. A l'intention de ceux (celles) qui s'étonneraient du cadrage particulier de la photo, je précise que l'on met rarement un mailllot de bain dans un sac de randonnée. 

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Nous prenons le chemin du retour, véritable tunnel de verdure où prospèrent les fougères arborescentes qui affectionnent les lieux humides et relativement frais (environ 25°).

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La trame végétale qui nous environne est illuminée ici et là par les « flammes » des fleurs de balisiers .

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Revenus à notre point de départ nous nous glissons avec volupté dans les eaux chaudes (environ 30°) et sulfureuses des « Bains Jaunes », alimentées par des sources jaillissant des flancs brûlants du volcan de la Soufrière.

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Nous finissons la journée sur la plage de la Grande Anse sur Morne qui dépend de la commune de Trois-Rivières située au sud de Basse-Terre. Son sable noir provient de l'érosion des coulées de lave  basaltiquede la Soufrière.

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De cette magnifique plage ourlée de cocotiers on découvre l’archipel des Saintes et, par temps clair La Dominique ainsi que la Martinique.

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Et en se retournant on aperçoit le massif de la Soufrière dont le sommet est quasi-perpétuellement noyé dans les nuages ce qui en rend l’exploration aléatoire. Nous n’avons d’ailleurs pas pu, à notre grand regret,  en faire l’ascension pendant notre séjour. mais nous reviendrons !

Ce massif volcanique de formation récente  - il a de 100.000 à 200.000 ans – est à l’état de repos éruptif (présence de fumeroles, vapeurs sulfureuses et sources d’eau chaude). Il est composé, outre la Soufrière qui en est le sommet (1467m), de plusieurs autres  volcans aux noms pittoresques: Carmichaël, le Nez Cassé, l’Échelle, la Citerne et la Madeleine.

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La mer sur cette plage est plus tumultueuse que sur la Grande Anse de Deshaies (sa sœur « blonde » du nord) du fait de la présence d’incessantes déferlantes qui donnent du piment à la baignade sans présenter de réels dangers, sauf peut être celui de vous retrouver sans maillot de bain !

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On y aperçoit aussi parfois quelques étranges mais inoffensives créatures qui viennent prendre le soleil sur la plage.

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Cet  pêcheur, qui recourt au lancer d’épervier (petit filet circulaire), technique artisanale et aléatoire, nous réconcilie avec ce noble métier.

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Ainsi, tous les pêcheurs ne sont pas comme les flottilles de thoniers-senneurs d’impitoyables prédateurs qui avec leurs sonars (voire leurs avions de repérage) et leurs chaluts ne laissent aucune chance aux poissons et dévastent le fond des mers. C’est sur cette note optimiste que je vous abandonne provisoirement, car  la « Doudou" qui vend des sorbets coco vient d’arriver.

A suivre…..

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Texte et Photos Ulysse (sauf deux G. Buffler)

29/08/2015

A la découverte de karukera 4 – Iguane, café, chocolat et carnaval (Reprise d'archive)

 

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Arrêtons nous ce matin sur la place de la mairie de Pointe Noire (au N.O. de Basse Terre) où doit se dérouler le soir un « vidé » ou défilé  carnavalesque auquel nous assisterons. Cette brève halte permet de vous donner une idée du style architectural qui prévaut à Karukera et aux Antilles en général.  La plupart des maisons d’habitation ont des toits à double pans « débordants » sous lesquels sont édifiées des galeries qui font le tour de l’édifice et permettent de s’installer à l’extérieur, tout en étant protégé du soleil et de la pluie.  Malheureusement il existe peu de maisons traditionnelles anciennes qui ont été pour la plupart détruites par les cyclones.

Notons la propreté de cette place qui n’est pas, hélas, un trait représentatif de Karukera. En effet, le point noir de l’île est la présence de nombreux détritus, voire de décharges sauvages, sur les bords de route, dans les campagnes et le long des rivages, même dans les zones touristiques. Il y a  bien sûr des guadeloupéens que cet état de choses choque et qui prennent des initiatives pour remédier à ce travers. Mais dans l’ensemble les habitants manifestent généralement peu de souci pour leur environnement. Au demeurant c’est aussi le cas dans l’Hérault où j’habite, mais à un degré moindre. C’est grand dommage car l’île de Karukera, comme vous pouvez le constater en suivant nos pas,  est, par ailleurs, un paradis.

 

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De Pointe Noire il est facile de se rendre au Saut d’Acomat, vasque d’eau émeraude dans un écrin de forêt tropicale. Mieux vaut éviter d’y aller le week-end car c’est un lieu prisé par les jeunes guadeloupéens qui viennent y plonger à leurs risques et périls, car le fond est parsemé de grosses pierres que le courant déplace.

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Gibus et moi ne résistons jamais à la vue d’une étendue d’eau, même gelée , alors vous pensez bien que l’on n’allait pas venir au bord de celle-ci sans y plonger une tête (et le reste, alouette, alouette !)

 

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 Ayant prévu de visiter l’après midi la caféière de la Grivelière nous filons vers le  village de Vieux-Habitants (au S.O. de B.T.) près duquel s’étend la plage de Rocroy, où nous faisons une pause baignade, en attendant impatiemment l’heure du Ti’ Punch. Il y a justement au bord de la plage un « lolo » dont les effluves culinaires viennent chatouiller nos narines et attisent notre appétit.

Le village tient son nom du fait qu’il est le plus ancien de Karukera. Il a été fondé en 1636 par les anciens colons de la Compagnie des îles d’Amérique qui s’y retiraient une fois libérés de leurs contrats.

La Compagnie des îles d’Amérique avait une mission de « civilisation » qui nous choquerait aujourd’hui sauf sans doute Mr Guéant. Elle devait, en effet, « peupler les îles, les fortifier, instruire les habitants et Indiens en la religion catholique,  y faire cultiver les terres et faire travailler à toutes sortes de mines et de métaux, moyennant les droits du 1/10e de tout ce qui proviendra et se retirera d’icelles qu’ils seront tenus rendu au roi, franc et quitte (pendant vingt ans)... et à la charge de tenir lesdites îles sous l’autorité et puissance du roi » (Commission de Richelieu à Pierre Belain d’Esnambuc chef de la Compagnie)

A midi tapante nous nous installons affamés et assoiffés à une table du « lolo »…… pour découvrir avec stupeur qu’en raison de ses convictions religieuses le propriétaire ne veut pas servir d’alcool à ses clients. Par courtoisie nous restons dans les lieux en maudissant le hasard qui nous a fait choisir le seul restaurant de Karukera qui ne sert pas de Ti’ Punch. La probabilité était à peu près aussi grande que de voir la suppression du cumul des mandats dans notre république, que l’on peut, sans médire, qualifier de bananière, vu que deux de ses départements sont gros producteurs de ce fruit succulent.

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Les mets étant agréables, nous surmontons notre frustration d’autant plus que dans les buissons qui bordent le restaurant des iguanes prennent le soleil et se donnent en spectacle. Ces animaux paisibles et inoffensifs – ils sont herbivores – qui  étaient chassés pour leur chair succulente sont dorénavant protégés à Karukera.

 

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Mais il est temps de prendre la route sinueuse et étroite en forme de montagnes russes qui mène au domaine de La Grivelière, niché sur les hauteurs de la vallée de la Grande Rivière qui se jette dans la mer à Vieux-habitants. Cette vallée est l’une des plus belles et plus sauvages de Karukera.

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La Grivelière est une habitation caféière de 90 hectares que la Région a racheté en 1988 et dont elle a rénové les bâtiments. Elle est gérée par l’association Verte Vallée depuis 1994.

Une passionnante visite guidée à travers le domaine et les bâtiments permet de tout connaître de la culture et de la préparation du café dont l’histoire du développement aux Antilles est étonnante.

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Ainsi tous les caféiers implantés aux Antilles françaises seraient issus d’un plant importé en Martinique par Gabriel Mathieu de Clieu, officier de la marine française, et qu’il avait prélevé au jardin des Plantes de Paris. Les plants « parisiens » étaient eux mêmes issus d’un plant provenant d’Arabie, offert par les Hollandais à Louis XIV. 

La variété exploitée à Karukera, l’Arabica Bourbon pointu, est considérée comme l’une des meilleures du monde. La production importante dans le passé a décliné du fait de la concurrence de cafés d’Amérique latine ou d’Afrique aux coûts de production moindre. L’île tente aujourd’hui de relancer la production en misant sur un rôle de « café bonifieur »  par son utilisation dans des mélanges avec des cafés d’autres origines moins chers mais de moins bonne qualité.

 

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La Grivelière exploite aussi des cacaoyers dont les cabosses contiennent cette fameuse substance qui rend accros petits et grands, dont votre serviteur.  Mais que les choses soient bien claires, pour les vrais  amateurs, de même que le café se boit sans sucre, le chocolat se consomme noir de chez noir !

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Le domaine de La Grivelière comporte une végétation luxuriante, les caféiers et les cacaoyers n’aimant pas le soleil direct et prospérant à l’ombre d’autres arbres comme ce magnifique banyan.

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On y trouve aussi une multitude de fleurs et d’arbres fruitiers comme ce papayer dont les fruits sont riches en vitamine C et A et qui est aussi une intéressante plante médicinale par ses racines, ses fleurs, ses graines et surtout son latex riche en enzymes.

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Voici enfin un arbre étonnant, le calebassier, dont le fruit, le Kwi était utilisé par les amérindiens pour faire des ustensiles de cuisine ou des gourdes et que les  artisans d’aujourd’hui transforment en toutes sortes d'objet d'art, en lampes de chevets et autres objet décoratifs ou en instruments de musique comme les maracas.

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Mais il est l’heure de remonter sur Point Noire pour assister au « vidé » c’est à dire au défilé carnavalesque. Car à Karukera, où les habitants ont gardé le sens de la fête, le carnaval ne se limite pas au mardi gras !

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De fait, passé le 1er janvier dans chaque commune des groupes s’activent pour préparer les « grands » carnavals qui se tiendront successivement à Basse Terre et à Pointe à Pitre durant le week-end précédent le Mardi Gras

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Ainsi les équipes qui veulent être sélectionnées pour ces deux carnavals concourent en effectuant des défilés d’entraînement qui ont lieu dans différents villages au cours du mois de janvier.

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L’ambiance y est festive et familiale, la foule des « supporteurs» comme les participants manifestant un réel enthousiasme.

 

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La joie se lit dans leurs regards et pourtant ce défilé est loin d’être une sinécure car il faut pendant des heures marcher, danser, tourbillonner, ou jouer d’un instrument  pour impressionner l’assistance et avoir ainsi une chance d’être sélectionnés par le jury .

 

 

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Mais je n’en dis pas plus et vous laisse apprécier, sans musique malheureusement, cette exubérante  et éblouissante manifestation.

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Le soir même, Hugues notre propriétaire, nous conviait à un dîner festif avec ses autres locataires confirmant, s’il en était besoin, le sens de l’hospitalité des guadeloupéens. Vous n’avez droit qu’à la photo du délicieux dessert qu’il avait préparé, les autres étant curieusement floues du fait  d’un phénomène inexpliqué. Certains ou plutôt certaines ont émis l'hypothèse d'une crise de "tipunchite aigüe" mais ce n'est pas clairement établi.

 

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Texte Ulysse & Photos Ulysse et MG Buffler