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29/08/2015

A la découverte de karukera 4 – Iguane, café, chocolat et carnaval (Reprise d'archive)

 

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Arrêtons nous ce matin sur la place de la mairie de Pointe Noire (au N.O. de Basse Terre) où doit se dérouler le soir un « vidé » ou défilé  carnavalesque auquel nous assisterons. Cette brève halte permet de vous donner une idée du style architectural qui prévaut à Karukera et aux Antilles en général.  La plupart des maisons d’habitation ont des toits à double pans « débordants » sous lesquels sont édifiées des galeries qui font le tour de l’édifice et permettent de s’installer à l’extérieur, tout en étant protégé du soleil et de la pluie.  Malheureusement il existe peu de maisons traditionnelles anciennes qui ont été pour la plupart détruites par les cyclones.

Notons la propreté de cette place qui n’est pas, hélas, un trait représentatif de Karukera. En effet, le point noir de l’île est la présence de nombreux détritus, voire de décharges sauvages, sur les bords de route, dans les campagnes et le long des rivages, même dans les zones touristiques. Il y a  bien sûr des guadeloupéens que cet état de choses choque et qui prennent des initiatives pour remédier à ce travers. Mais dans l’ensemble les habitants manifestent généralement peu de souci pour leur environnement. Au demeurant c’est aussi le cas dans l’Hérault où j’habite, mais à un degré moindre. C’est grand dommage car l’île de Karukera, comme vous pouvez le constater en suivant nos pas,  est, par ailleurs, un paradis.

 

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De Pointe Noire il est facile de se rendre au Saut d’Acomat, vasque d’eau émeraude dans un écrin de forêt tropicale. Mieux vaut éviter d’y aller le week-end car c’est un lieu prisé par les jeunes guadeloupéens qui viennent y plonger à leurs risques et périls, car le fond est parsemé de grosses pierres que le courant déplace.

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Gibus et moi ne résistons jamais à la vue d’une étendue d’eau, même gelée , alors vous pensez bien que l’on n’allait pas venir au bord de celle-ci sans y plonger une tête (et le reste, alouette, alouette !)

 

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 Ayant prévu de visiter l’après midi la caféière de la Grivelière nous filons vers le  village de Vieux-Habitants (au S.O. de B.T.) près duquel s’étend la plage de Rocroy, où nous faisons une pause baignade, en attendant impatiemment l’heure du Ti’ Punch. Il y a justement au bord de la plage un « lolo » dont les effluves culinaires viennent chatouiller nos narines et attisent notre appétit.

Le village tient son nom du fait qu’il est le plus ancien de Karukera. Il a été fondé en 1636 par les anciens colons de la Compagnie des îles d’Amérique qui s’y retiraient une fois libérés de leurs contrats.

La Compagnie des îles d’Amérique avait une mission de « civilisation » qui nous choquerait aujourd’hui sauf sans doute Mr Guéant. Elle devait, en effet, « peupler les îles, les fortifier, instruire les habitants et Indiens en la religion catholique,  y faire cultiver les terres et faire travailler à toutes sortes de mines et de métaux, moyennant les droits du 1/10e de tout ce qui proviendra et se retirera d’icelles qu’ils seront tenus rendu au roi, franc et quitte (pendant vingt ans)... et à la charge de tenir lesdites îles sous l’autorité et puissance du roi » (Commission de Richelieu à Pierre Belain d’Esnambuc chef de la Compagnie)

A midi tapante nous nous installons affamés et assoiffés à une table du « lolo »…… pour découvrir avec stupeur qu’en raison de ses convictions religieuses le propriétaire ne veut pas servir d’alcool à ses clients. Par courtoisie nous restons dans les lieux en maudissant le hasard qui nous a fait choisir le seul restaurant de Karukera qui ne sert pas de Ti’ Punch. La probabilité était à peu près aussi grande que de voir la suppression du cumul des mandats dans notre république, que l’on peut, sans médire, qualifier de bananière, vu que deux de ses départements sont gros producteurs de ce fruit succulent.

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Les mets étant agréables, nous surmontons notre frustration d’autant plus que dans les buissons qui bordent le restaurant des iguanes prennent le soleil et se donnent en spectacle. Ces animaux paisibles et inoffensifs – ils sont herbivores – qui  étaient chassés pour leur chair succulente sont dorénavant protégés à Karukera.

 

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Mais il est temps de prendre la route sinueuse et étroite en forme de montagnes russes qui mène au domaine de La Grivelière, niché sur les hauteurs de la vallée de la Grande Rivière qui se jette dans la mer à Vieux-habitants. Cette vallée est l’une des plus belles et plus sauvages de Karukera.

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La Grivelière est une habitation caféière de 90 hectares que la Région a racheté en 1988 et dont elle a rénové les bâtiments. Elle est gérée par l’association Verte Vallée depuis 1994.

Une passionnante visite guidée à travers le domaine et les bâtiments permet de tout connaître de la culture et de la préparation du café dont l’histoire du développement aux Antilles est étonnante.

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Ainsi tous les caféiers implantés aux Antilles françaises seraient issus d’un plant importé en Martinique par Gabriel Mathieu de Clieu, officier de la marine française, et qu’il avait prélevé au jardin des Plantes de Paris. Les plants « parisiens » étaient eux mêmes issus d’un plant provenant d’Arabie, offert par les Hollandais à Louis XIV. 

La variété exploitée à Karukera, l’Arabica Bourbon pointu, est considérée comme l’une des meilleures du monde. La production importante dans le passé a décliné du fait de la concurrence de cafés d’Amérique latine ou d’Afrique aux coûts de production moindre. L’île tente aujourd’hui de relancer la production en misant sur un rôle de « café bonifieur »  par son utilisation dans des mélanges avec des cafés d’autres origines moins chers mais de moins bonne qualité.

 

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La Grivelière exploite aussi des cacaoyers dont les cabosses contiennent cette fameuse substance qui rend accros petits et grands, dont votre serviteur.  Mais que les choses soient bien claires, pour les vrais  amateurs, de même que le café se boit sans sucre, le chocolat se consomme noir de chez noir !

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Le domaine de La Grivelière comporte une végétation luxuriante, les caféiers et les cacaoyers n’aimant pas le soleil direct et prospérant à l’ombre d’autres arbres comme ce magnifique banyan.

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On y trouve aussi une multitude de fleurs et d’arbres fruitiers comme ce papayer dont les fruits sont riches en vitamine C et A et qui est aussi une intéressante plante médicinale par ses racines, ses fleurs, ses graines et surtout son latex riche en enzymes.

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Voici enfin un arbre étonnant, le calebassier, dont le fruit, le Kwi était utilisé par les amérindiens pour faire des ustensiles de cuisine ou des gourdes et que les  artisans d’aujourd’hui transforment en toutes sortes d'objet d'art, en lampes de chevets et autres objet décoratifs ou en instruments de musique comme les maracas.

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Mais il est l’heure de remonter sur Point Noire pour assister au « vidé » c’est à dire au défilé carnavalesque. Car à Karukera, où les habitants ont gardé le sens de la fête, le carnaval ne se limite pas au mardi gras !

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De fait, passé le 1er janvier dans chaque commune des groupes s’activent pour préparer les « grands » carnavals qui se tiendront successivement à Basse Terre et à Pointe à Pitre durant le week-end précédent le Mardi Gras

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Ainsi les équipes qui veulent être sélectionnées pour ces deux carnavals concourent en effectuant des défilés d’entraînement qui ont lieu dans différents villages au cours du mois de janvier.

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L’ambiance y est festive et familiale, la foule des « supporteurs» comme les participants manifestant un réel enthousiasme.

 

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La joie se lit dans leurs regards et pourtant ce défilé est loin d’être une sinécure car il faut pendant des heures marcher, danser, tourbillonner, ou jouer d’un instrument  pour impressionner l’assistance et avoir ainsi une chance d’être sélectionnés par le jury .

 

 

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Mais je n’en dis pas plus et vous laisse apprécier, sans musique malheureusement, cette exubérante  et éblouissante manifestation.

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Le soir même, Hugues notre propriétaire, nous conviait à un dîner festif avec ses autres locataires confirmant, s’il en était besoin, le sens de l’hospitalité des guadeloupéens. Vous n’avez droit qu’à la photo du délicieux dessert qu’il avait préparé, les autres étant curieusement floues du fait  d’un phénomène inexpliqué. Certains ou plutôt certaines ont émis l'hypothèse d'une crise de "tipunchite aigüe" mais ce n'est pas clairement établi.

 

Et comme en France tout finit par des chansons je vous invite à aller écouter celles que j'ai composées et qui sont diffusées sous mon nom d'artiste OLD NUT sur 

DEEZER 

 (cliquez sur le mot Deezer pour y accéder)

(Vous pouvez aussi les écouter sur I Tunes /Old Nut)

Texte Ulysse & Photos Ulysse et MG Buffler 

 

22/08/2015

A la découverte de Karukera - 3) Deshaies, Saut des Trois Cornes, Pointe Allègre

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Le principal attrait touristique de Karukera est que l’on peut y conjuguer en tous lieux bains de mer et randonnées dans une nature sauvage et somptueuse. Nous avons donc inscrit au menu du jour :  une baignade à la Grande Anse de Deshaies, pittoresque village de pêcheurs niché au nord ouest de Basse Terre et protégé des Alizés par le Morne  - colline ou petite montagne aux Antilles -  Bel Air (565m), le bien nommé, suivie d’une courte randonnée dans la forêt tropicale jusqu’au saut (cascade) des Trois Cornes, pour finir par la visite de la pointe Allègre, l’endroit le plus au nord de Basse Terre, balayé par les Alizés.

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Grande Anse déroule son magnifique ruban de sable d’or à environ deux kilomètres au nord de Deshaies. La meilleure, mais aussi la plus sportive, façon de la découvrir est de partir du village par le sentier côtier et de gravir Gros Morne (220m) grosse colline au pied de laquelle elle se niche. Les moins courageux peuvent s’y rendre par la route.

 

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Le littoral guadeloupéen situé en dehors des stations «balnéaires » est relativement bien préservé du fait d’une ancienne règle dite des « cinquante pas du Roi » qui étendait le domaine maritime public  à toutes les terres situées jusqu’à environ 80 mètres du bord de mer. Cette règle était notamment justifiée pour les besoins de la défense du territoire et la possibilité à tout moment de construire en cas de besoin des fortifications. Ainsi peu de construction privées défigurent les rivages en dehors des zones urbanisées qui ont toutefois aujourd’hui tendance à s’étendre sous la pression démographique.

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Sur les sommets de Basse Terre les précipitations sont fréquentes en toutes saisons du fait des nombreux nuages nourris par l’évaporation océanique qui s’y accrochent.

Une multitude de rivières ou de « ravines » (torrents) descendent ainsi des hauteurs pour se jeter dans la mer. La Ziotte qui alimente un vaste étang, paradis des pêcheurs,  vient ainsi buter sur le banc de sable de Grande Anse qu’elle franchit pendant la période où les pluies sont les plus abondantes.

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Une antique batterie  de canons subsiste sur le Gros Morne que nous apercevons au bout de la baie qui était destinée à la protéger des corsaires et des tentatives d’invasion britannique, dont certaines furent couronnées de succès (nous reviendrons dans une prochaine note sur ce point). Il faut dire qu’à l’époque, cette partie de l’île regorgeait de produits très prisés : vanille, café, cacao dont l’exploitation n’est plus que marginale du fait l’évolution des coûts d’exploitation et de concurrence.

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Dans le prolongement de Grande-Anse, on trouve d’autres plages plus petites mais tout aussi belles et plus sauvages telles que l’Anse de la Perle, d’où l’on voit par temps clair Montserrat, dont le volcan, la Soufrière, a détruit la capitale Plymouth en 1995 et dont une éruption en février 2010 a recouvert d’une pluie de cendre le nord de Basse-Terre.  Un peu plus loin s’étend l’Anse Tillet, où nous sommes, et d’où nous apercevons l’îlet à Kahouanne ainsi nommé car il ressemble à une tortue du même nom qui y vient nicher.

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Mais nous avons assez flemmardé sur les plages, ce qui n’est guère propice à la dissipation des vapeurs des Ti punch dégustés la veille au soir et qui nous imprègnent encore. Aussi nous partons explorer la forêt tropicale à la recherche du saut des Trois Cornes, jolie cascade formée par la rivière Moustique au cœur des mornes qui dominent Sainte Rose.

Les forêts de Karukera ne comportant, comme je vous l’ai dit,  ni serpent ni araignée, ni bestiole belliqueuse, nous n’avons aucune difficulté à convaincre nos épouses de nous accompagner.

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Il faut dire que ces forêts hygrophiles  ( 90 à 100% d’humidité !) sont de vrais jardins d’Eden (même si l’on n’y trouve pas de pommier). Les sentiers slaloment entres des arbres  géants comme l’acomat boucan (ici en photo), ainsi nommé car  ses formidables racines servaient de paravent aux indiens pour « boucaner » leur gibier, ou le gommier blanc qui produit une gomme à forte odeur de bonbons des Vosges qui est récoltée pour la confection de torches et encens.

 

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Sous les frondaisons de ces géants plus de 350 espèces végétales prospèrent et  se croisent, s’entremêlent et se font parfois la courte-échelle dans leur course vers la lumière du soleil.

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Certaines plantes  comme la siguine (philodendron giganteum) ont des feuilles  à l’échelle des arbres qui les entourent. En cas de pluie impromptue (ce qui arrive fréquemment en ces lieux) on peut s’en servir comme parapluie !

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Vous noterez au passage que mes propos sur la pluie n’ont rien d’exagérés au vu de l’état des sentiers dont je vous donne ici un aperçu.éesSous d’autres latitudes nos moitiés nous auraient traités de noms d’oiseaux pour les avoir emmenées dans des sentiers aussi boueux, mais, magie des Antilles, elles n’ont ce jour là pas pipé mot ! Gibus et moi n’en sommes pas encore revenus !

 

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Au demeurant pour éviter de salir vos chaussures vous pouvez suivre l’exemple de mon ami Gibus qui a progressé en bondissant de liane en liane mais avec un risque non négligeable de vous retrouver sur votre arrière train au milieu d'une flaque boueuse, leur solidité  étant aléatoire ! Entre deux maux il faut savoir choisir!

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Nous voilà arrivés enfin au Saut des trois Cornes, sans doute ainsi nommé parce que la cascade se divise en trois petites chutes. Vous vous doutez que nous n’avons pas manqué l’occasion de nous y rafraîchir, bien que l’air ambiant soit à peine moins humide que le torrent.

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Après cette pause revigorante, nous prenons le chemin du retour sinuant dans un somptueux clair obscur créant une ambiance de mystère qui me ramène à celle de mes lectures enfantines comme ce magique « Naufragés de l’île de Bornéo «  de Thomas Mayne Reid.

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Les plantes épiphytes qui s’accrochent au tronc ou aux branches des arbres - sans les parasiter, au contraire des plantes saprophytes  -   captent les rayons du soleil et illuminent ainsi les sous bois, comme cet exubérant ananas-bois (espèce différente de l’ananas fruit). 

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La siguine que l'on a vu tout à l'heure tapie au pied d'un arbre aime prendre aussi à l’occasion un peu d’altitude pour découvrir le paysage aux alentours.

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Mais cette promenade, rendue un brin sportive par l’état des chemins nous a creusé l’appétit (à vrai dire, il aurait été creusé sans cela !)  nous descendons sur Sainte Rose, commune la plus étendue de Basse Terre située sur la côte au vent. Après avoir prospéré grâce au coton et au café, elle est devenue aujourd’hui un grand centre de production de rhum. On y trouve notamment la Distillerie Reimonenq qui abrite un intéressant musée du Rhum et la distillerie Séverin, magnifique propriété que l’on peut également visiter. En ces deux endroits on peut déguster et acheter d'honorables rhums et planteurs.

Mais elle comporte également une curiosité, la rue de la Circonvallation dont le nom nous a plongé dans un abîme de perplexité. Après recherche il ressort qu’une circonvallation(du latin circum autour et vallum palissade) est une ligne de défense continue établie par des assiégeants pour cerner une cité ou un camp, et pour se protéger contre une armée venant au secours des assiégés ou empêcher ces derniers de recevoir du ravitaillement de l'extérieur (merci Wikipedia). Quant à l'origine de ce nom, il est possible que, la possession de Karukera ayant fait l'objet de nombreuses confrontations entre anglais et français (nous reviendrons sur ce point), Sainte Rose ait été assiégée par l'un des camps et se se soit ainsi protégée pour ne pas être prise à revers par l'ennemi. La rue serait ainsi située  à l'emplacement de la circonvallation. Si un(e) Sainte-Rosien(ne) me lit peut être pourra-t-il(elle) me donner des précisions sur ce point.

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Sainte-Rose est aussi réputée pour ses pêcheurs bipèdes et surtout volants qui posent volontiers pour les touristes photographes à l’endroit que l’on a aménagé à cet effet !  (bravo au syndicat d’initiative !)

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On y trouve également d’excellents « lolos » dont notamment « Chez Franko » (Boulevard St Charles en bord de mer) où l’on peut accompagner le traditionnel Ti ‘ Punch (élément principal d’un repas antillais) d’un succulent court bouillon de poisson. Rite incontournable du début du repas, mon ami Gibus torture son citron vert avant de le noyer dans deux doigts de Damoiseau . Ne vous apitoyez pas sur le sort de cet agrume car je trouve que c’est une fin plutôt enviable ! Du moins c'est la fin que je me souhaite !

 

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Mais il ne faut pas abuser de ce breuvage divin quand on va affronter ensuite les Alizés qui s’en donnent à cœur joie à la pointe Allègre, lieu le plus septentrional de Basse Terre, car sinon on serait balayé !

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Les quelques arbres qui ont réussi à s’y implanter témoignent d’ailleurs de la force et de la direction des vents qui y soufflent 365 jours par an.

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…en voici un autre édifiant exemple !

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Un peu sonnés par les fougueux fils d’Eole, nous rentrons au gîte juste avant que le ciel ne nous tombe sur la tête. Les pluies tropicales sont une bonne illustration de l’expression « il pleut des cordes » car ce sont effectivement des filets  d’eau quasi continusqui tombent du ciel.

 

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Mais à Karukera les déluges à cette saison ne durent pas et pour fêter son retour le soleil nous gratifie d’un double arc-en-ciel

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Hugues, le chaleureux propriétaire de notre gîte, passe alors nous offrir des légumes du pays dont un fruit de l’arbre à pain.

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Il donne à cette occasion un cours de cuisine à nos épouses et je puis vous affirmer qu’accompagné d’un chiktail (ou chiquetaille) de morue et de l’incontournable Ti’Punch la potée de fruit de l’arbre à pain est un vrai délice !

*******

C'est la période des vacances  et vous allez vous retrouver à coincer la « bulle » quelque part dans un jardin, sur une plage ou au bord d’un ruisseau, votre MP 3 collé sur les oreilles, car c’est connu la musique adoucit les mœurs et vu l’état du monde vous avez bien besoin que vos mœurs soient apaisées ! Pourquoi ne pas y mettre quelques chansons de mon cru qui figurent dans mon dernier album "Ti Punch" et qui vous emmèneront aux Antilles, lieu éminemment dépaysant ! Vous pourrez ainsi écouter "la complainte du Coupeur de canne",  vous laisser bercer par la langueur de Marie-Galante, sentir les envoutantes effluves du Ti’ Punch ou écouter la sensuelle histoire du Bernard-l’hermite…..

C’est sur Deezer (cliquez sur Deezer) ou Spotify  ou encore Itunes…(faites une recherche sur Old Nut).

Vous y trouverez aussi mes autres albums "Bidochon dream " et "Jennifer" (cliquez sur le titre)

 

Vous pouvez également vous tenir au courant de la parution de mes prochains albums en vous inscrivant sur ce nouveau blog Old Nut Zimbalam 

 

Texte Ulysse  & Photos Ulysse (sauf l’avant dernière Marie B.)

 

14/08/2015

A la découverte de Karukera :2 - Le jardin botanique de Deshaies

(Reprise d'archive)

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Pour notre première semaine de séjour nous avons choisi un gîte à  Malendure, non loin de la ville de Bouillante située sur la côte ouest de Basse-Terre et qui doit son nom aux sources chaudes qui descendent du massif  volcanique de la Soufrière qui la domine.

Permettez moi à cet égard de vous donner un conseil : si vous envisagez un séjour à Karukera  il est préférable de séjourner en Gîte plutôt que d’aller dans un hôtel de la zone hyper touristique et dénaturée qui s’étend de Gosier à Saint François, au sud de Grande-Terre. En Gîte vous recevrez un accueil chaleureux et vivrez au milieu des Guadeloupéens alors qu’en hôtel vous vous retrouverez au milieu de métropolitains et de touristes étrangers et ferez l’objet d’un service impersonnel.

En raison du relief, les nuages poussés par les alizés se concentrent en cet endroit de l’île et de courtes et brutales averses peuvent en toutes saisons se produire  - n’oubliez pas votre KW ! – qui sont généralement suivies de magnifiques arcs en ciel, auxquels répondent les couleurs vives des habitations. Car c’est un fait, les guadeloupéens aiment les couleurs pour leurs vêtements, leurs maisons ainsi que leurs « planteurs » confectionnés avec toutes sortes de fruits !

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Après nous être régalés le soir de notre arrivée d’une fricassée de chatrou (calmar) chez « Dada », un petit « lolo » de Bouillante, nous voilà en ce premier matin, faisant nos courses dans cette même ville pour le dîner du soir.  Notre choix se porte sur des darnes d’une superbe et délicieuse dorade coryphène – appelée aussi mahi-mahi - qu’un pêcheur vient de ramener.  La pêche de ce fabuleux poisson qui  peut mesurer jusqu’à deux mètres, peser 40kg et nager à plus de 50 nœuds est plutôt sportive. C’est d’ailleurs pour lui rendre hommage qu’Alain Bombard a dénommé « Coryphène » le navire qu’il avait fait construire pour l’exploration scientifique des océans.

 

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Pour le dessert nous choisissons un bel ananas et un assortiment de bananes pour lesquelles le plus grand choix nous est offert : Ti-nain, figue-pomme, figue-dessert, makandia, poyo, plantain. Il faut dire qu’à Karukera elles  se consomment ou plutôt se savourent sous toutes les formes selon qu’elles sont classées parmi les fruits ou les légumes : nature, en  bouillies et salées comme des pâtes, en gratin ou en chips, et bien évidemment  flambées au rhum.

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Nos courses faites, nous nous rendons à l’Anse Caraïbe au sud de Pointe Noire bordée de raisiniers qui font partie des rares arbustes, avec les cocotiers, capables de résister au embruns salés.

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Ils sont ainsi nommés car leurs fruits comestibles mais amers poussent en grappes comme les raisins.

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A cette heure encore matinale (nous avions pour règle de nous lever avec le soleil, soit à 6 heures) les seules rencontres que nous faisons sur la plage sont de peu farouches pélicans occupés à pêcher leur pitance.

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Leur technique est impressionnante. Ils prennent leur envol jusqu’à environ une dizaine de mètres et patrouillent au dessus de la mer. Dès qu’ils voient un poisson ils piquent vers l’eau à une vitesse sidérante….

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…et disparaissent dans les flots dans une gerbe d’écume, revenant souvent bredouilles ! Mais ce n’est pas tant leur faute que celle des hommes qui pillent indûment les réserves halieutiques comme partout dans le monde.

 

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Soucieux de limiter la durée de notre premier bain de soleil tropical nous emboîtons le pas (c’est le cas de le dire) à un vénérable guide qui nous invite à nous réfugier sous les  frondaisons fleuries du luxuriant Jardin Botanique de Deshaies, ancienne propriété de Coluche.

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L’un des aspects les plus plaisants de Karukera est que vous pouvez vous y promener en tous lieux, mêmes les plus sauvages, sans craindre ni serpent, ni araignée ni autres insectes piqueurs ou bestioles agressives à l’exception d’un rare scolopendre dont la piqûre est douloureuse mais pas fatale. Les rares dangers qui vous guettent sont de recevoir une mangue sur la tête ou - ce qui est plus dangereux – une noix de coco, mais aussi, comme partout dans le monde, de vous faire agresser par des humains mal intentionnés. Concernant ce dernier point, nous avons passé personnellement un séjour très paisible et nous avons pourtant sillonné l’île de long en large.

 

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On trouve  évidemment  à profusion en ce jardin, la « rose de chine » née dans les îles polynésiennes. Il s’agit des hibiscus de toutes couleurs qui forment ici des haies de plusieurs mètres. Les chinois utilisent sa sève pour colorer leurs vêtements et les égyptiens font une tisane riche en vitamine C le « karkadé » avec ses pétales séchés.

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L’eau étant abondante sur l’île (y compris, comme je vous l’ai rappelé, dans le rhum !)  les lotus s’y épanouissent également.

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De même que les alpinia, originaires de Chine, et qu’on appelle ici « lavande rouge».

 

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Ainsi que les balisiers qui présentent une infinie variété de formes dans des nuances de couleur allant du jaune au rouge sang, comme on le verra au fil de nos randonnées.

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Cette fleur là n’est pas non plus sans charme, mais j’ai hélas oublié son nom ! L’effet de l’âge sans doute – les mauvaises langues diront du rhum - mais je me console en me disant que c’est moins grave que de ne pas se souvenir du nom d’une jolie femme.

La plus belle fleur « terrestre » de l’île et la plus recherchée aussi est la rose de porcelaine, originaire de Malaisie et qui se dresse fière sur sa hampe d’un mètre cinquante.

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En levant la tête on découvre, suspendue, aux branches des arbres, de magnifiques orchidées.

 

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Elles illuminent de leurs guirlandes multicolores les frondaisons qui les protègent des rayons du soleil.

 

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On croise aussi en ce jardin d’Eden  l’arbre du voyageur, qui est de fait une plante herbacée et qui est ainsi nommé car l’eau de pluie s’accumule à la base de ses feuilles permettant aux voyageurs – du moins ceux qui supportent l’eau - de se désaltérer.

 

 

 

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Cet  arbre à kapok – appelé aussi fromager - bombe à juste titre non pas le torse mais son tronc car il appartient à la famille des Bombacacea. C’est un arbre prodigue car on peut manger ses fruits, ses graines et ses germes.

 

 

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En outre les fibres de ses fruits font un excellent matériau d’isolation et de rembourrage  - le kapok -  et servent à fabriquer des gilets de sauvetage.

 

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Tout aussi généreux est l’arbre à pain, dont on a vu dans la note précédente que ses fruits étaient largement consommés à Karukera.

 

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Après cette magnifique leçon de botanique nous allons réviser notre crawl et  jouer au lézard sur la plage de sable blanc de Leroux près de Ferry, en attendant que les exigences de nos gosiers et de nos estomacs nous guident vers les délices solides et liquides qu’offre le  lolo  « Au bon accueil » situé en haut de la falaise.

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Après nous être régalés d’un colombo de cabri, pour nous remettre du décalage horaire, nous allons tester la finesse et la douceur du sable noir d’origine volcanique de la plage de Malendure au large de laquelle se trouve la Réserve Cousteau. Cette vaste zone marine relativement protégée et paradis des plongeurs a , en effet, été  créée  à l’initiative du célèbre commandant. Durant les mois de janvier et février il est possible d'y entendre le chant des baleines à bosse qui font leur parade nuptiale. A ce propos je vous invite à aller regarder le magnifique reportage sur le sauvetage d’une baleine à bosse que Michèle a mis en ligne sur son blog.

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Un petit creux à l’estomac nous pousse à reprendre la station verticale, alors que le soleil s’apprête à prendre son bain vespéral, et nous conduit infailliblement dans les bras d’une jolie et affable doudou qui a concocté dans une antique et étonnante sorbetière manuelle un délicieux sorbet  à la noix de coco. Si vous n’êtes pas gourmand, inutile d’aller à Karukera !

 

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Et c’est en dégustant ce délice que nous contemplons le soleil prendre son second bain de la journée. 

 

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Nu comme un ver mais pudique il se drape de quelques nuages et plonge rouge de honte dans les flots derrière l’ilet aux Pigeons.

 Dieu ! quelle fut dure cette première journée !

 A  SUIVRE....... 

*******

C'est la période des vacances  et vous allez vous retrouver à coincer la « bulle » quelque part dans un jardin, sur une plage ou au bord d’un ruisseau, votre MP 3 collé sur les oreilles, car c’est connu la musique adoucit les mœurs et vu l’état du monde vous avez bien besoin que vos mœurs soient apaisées ! Pourquoi ne pas y mettre quelques chansons de mon cru qui figurent dans mon dernier album "Ti Punch" et qui vous emmèneront aux Antilles, lieu éminemment dépaysant ! Vous pourrez ainsi écouter "la complainte du Coupeur de canne",  vous laisser bercer par la langueur de Marie-Galante, sentir les envoutantes effluves du Ti’ Punch ou écouter la sensuelle histoire du Bernard-l’hermite…..

C’est sur Deezer (cliquez sur Deezer) ou Spotify  ou encore Itunes…(faites une recherche sur Old Nut).

Vous y trouverez aussi mes autres albums "Bidochon dream " et "Jennifer" (cliquez sur le titre)

 

Vous pouvez également vous tenir au courant de la parution de mes prochains albums en vous inscrivant sur ce nouveau blog Old Nut Zimbalam 

 

 

Texte Ulysse Photos Ulysse (sauf deux  faites par M & G Buffler)

08/08/2015

A la découverte de Karukera : 1- Une île bénie des dieux (reprise d'archive)

 

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Le premier homme blanc à avoir jeté l’ancre sur une grève de l’ïle de Karukera, près de la ville actuelle de Capesterre (voir la carte ci-dessous) est Christophe Colomb, le 3 novembre 1493. Ce nom, qui signifie l’île aux belles eaux,  lui a était donné par les Kalinas, les amérindiens qui occupaient alors l’île et avec lesquels Colomb et ses hommes sont entrés en contact. Méprisant les cultures locales et animé d’un esprit de conquête comme tous les explorateurs blancs de l’époque, il décida qu’elle s’appellerait dorénavant Guadaloupe en l’honneur d’une sainte locale de la province de Cáceres en Estremadure, d’où il venait. Mais « Gadaloupe » signifie aussi en espagnol « rivière occulte »  et peut être que Colomb lui a également donné ce nom au vu des magnifiques cascades qu’il pouvait apercevoir du large et dont les eaux disparaissent dans le secret d’une  luxuriante forêt tropicale.

 

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Karukera  - nom que je préfère à Guadeloupe, Gwada en créole, pour des raisons que vous comprendrez un peu plus avant dans cette note - est appelée aussi l’île papillon » du fait de sa forme générale qui  réunit deux îles contrastées séparées par un mince bras de mer, appelé la rivière salée.

L’île à l’ouest (848km2) montagneuse – celle où Colomb a débarqué - est dénommée paradoxalement Basse Terre, du nom de la capitale administrative qui s’y trouve et qui est implantée sur l’une des rares parties basses de cette île. D’origine volcanique elle est dominée par le volcan actif de la Soufrière (1467m) et est recouverte pour une grande part d’une luxuriante forêt tropicale où les rivières et cascades abondent.

L’autre île (590km2) vaste plateau  calcaire au climat plus sec est dénommée Grande Terre, bien que plus petite, sans doute en raison de la présence de vastes étendues relativement planes propices à la culture de la canne à sucre et à l’élevage.

A ces deux îles principales  s’ajoutent trois petites îles qui en dépendent administrativement : La Désirade ainsi nommée par Colomb car c’est la première terre tant « désirée » qu’il a découvert après sa longue navigation, les Saintes, ainsi nommées  en l’honneur de la fête de la Toussaint et  Marie Galante qui a reçu le nom de son navire amiral .

 

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Avant de partir à la découverte de Karukera, je vous emmène flâner sur le port de  Pointe à Pitre,  sa capitale commerciale et industrielle, car il s’y tient tous les jours un marché aux fruits aux légumes, aux fleurs, aux épices et aux poissons qui vous donnera un aperçu des richesses ainsi que de l’atmosphère chaleureuse et de la grande diversité de population que l’on trouve dans cette île bénie des dieux.

 

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Pointe à Pitre doit son nom à un pêcheur néerlandais prénommé Peter qui s’installa au 17e siècle sur une pointe de la rade actuelle pour y vendre son poisson.
D’où ce nom, dans un premier temps, de « Pointe à Peter », devenu plus tard Pointe-à-Pitre. Ouvert grâce à la rivière Salée sur la mer des Caraïbes et l’Océan Atlantique, son port - l’un des plus importants et des mieux abrités des caraïbes -
est le point d’union entre Grande terre et Basse Terre

 

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Chaque étal de marché est un festival de couleurs qui commence généralement par la coiffe  de la marchande, voire parfois sa robe, fabriqués avec le traditionnel tissu Madras qui a été apporté aux Antilles françaises par les indiens qui y émigrèrent  au milieu du XIXème siècle après l’abolition de l’esclavage en 1848. Ce tissu a en effet été inventé dans la ville indienne de Madras aujourd’hui appelée Chennai.

Vous noterez, au passage que mon ami Gibus était du voyage ainsi que, ce qui va de soi,  nos chères épouses. Il est en train de négocier le prix du citron vert que l’on aperçoit près du genou de la marchande car à Karukera on ne saurait passer une journée sans presser au moins un citron vert. Je vous en donnerai la raison un peu plus tard .

 

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Le festival de couleurs se poursuit avec la fabuleuse diversité des fruits, fleurs, légumes offerts sur les étals : ananas, oranges, bananes de toutes sortes, prunes cithères, noix de coco, cerises pays, mangues, letchis sans oublier les indispensables citrons verts côtoient ignames, maniocs, madères, patates douces , malengas (choux des caraîbes) fruits de l’arbre à pain, pour le plus grand plaisir de yeux et surtout des papilles. L’arbre à pain surnommé « mamanz’enfants » est d’ailleurs l’arbre providence des Antilles que l’on trouve dans chaque jardin. Ses gros fruits verts délicieux se consomment cuits à l’eau, frits ou en purée.

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Les étals d’épices ne sont pas les moins garnis et offrent fenugrec, anis étoilé, roucou, bois d’inde, canelle, graines de moutarde et toutes sortes de piments et de mélanges dont la fameuse préparation pour « sauce chien » perle gastronomique des Antilles. Les vieux messieurs un brin « rouillés » et les plus jeunes exténués par la « chaleur » des nuits antillaises peuvent y trouver aussi du « bois bandé » supposé leur rendre leur vigueur. Mais il ne s’agit très souvent que de canelle car le produit original peut être dangereux pour la santé, cela dit l’effet « placebo » peut marcher aussi pour ce genre de produit que je n’ai pas testé !

 

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Du coté des étals des pêcheurs les couleurs ne manquent pas non plus, car les eaux tropicales sont riches d’une grande diversité de poissons, bien que la surpêche et des pratiques condamnables y fassent  comme ailleurs des ravages. Cette surpêche menace la survie des récifs coralliens nécessaires à la diversité de la vie marine et qui sont déjà durement affectés par le réchauffement climatique.

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Les langoustes grillées au feu de bois avec une sauce chien sont l’un des mets de choix proposés dans les petits « Lolos » (restaurants familiaux rustiques et sans chichi) qui abondent à Karukera, de même que les fricassées de lambis (énormes coquillages) ou de chatrous (sorte de calamars).

 

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Vu l’outil de coupe dont dispose ce pêcheur mieux vaut  ne pas plaisanter sur l’état de fraîcheur de son poisson. Enfin moi je ne m’y suis pas risqué !

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On peut notamment déguster à Karukera de délicieux poissons locaux appelés « brousses » qui sont munis d’une véritable cotte de maille que seuls les pêcheurs expérimentés savent retirer. C’est un étonnant spectacle de les voir ainsi « dépouiller » ce poisson qui, outre une chair savoureuse, présente l’énorme avantage de ne pas avoir d’arêtes.

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L’Église de Saint Pierre et de Saint Paul, qui illumine de sa façade colorée la place Gourbeyre située près du port de Pointe à Pitre, a été construite en 1807 et restaurée en 1867. Les colonnes et les frontons triangulaires qui l’ornent  lui confèrent un aspect grec, étonnant sous cette latitude. Des statues des quatre Évangélistes, Jean, Luc, Marc  et Mathieu, exposés aux abondantes pluies tropicales flanquent les portes d’accès. Pierre et Paul ont droit à un meilleur sort vu qu’on les a installés dans des niches où ils sont à l’abri. Même en ce lieu soit-disant fraternel règne l’inégalité ! Comment voulez vous que la justice règne en ce monde ,

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L’une des principales cultures de karukera est la canne à sucre qui couvre une bonne partie de Grande Terre ainsi que les pourtours de Basse-Terre, notamment dans la région de Sainte Rose où cette photo a été prise, de Saint Claude et de Capesterre.

La culture de la canne à sucre a été développée à partir du XVIIème siècle avec l’assistance technique des Hollandais chassés du Brésil par les portugais. Longtemps orientée principalement vers la production de sucre, cette exploitation a commencé à péricliter au XIXème siècle en raison du développement de la production sucrière européenne à partir de la betterave. Ce déclin a été accéléré par les accords de l’OMC qui a conduit à une baisse considérable des prix garantis afin de favoriser la concurrence. Ce qui fait qu’il ne reste plus dans l’île qu‘une seule sucrerie -  la société Gardel - située au Moule sur Grande Terre.

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Mais fort heureusement il existe une alléchante alternative pour cette plante prolifique qui pousse en un an et peut se régénérer quatre ou cinq ans de suite : la production de rhum agricole.

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Mais avant de vous parler de ce divin breuvage, je me dois de vous rappeler qu’au départ l’exploitation de la canne a été frappée du sceau de l’infamie, puisque c’est cette activité, avec l’exploitation du café, du tabac et du coton en d’autres lieux, nécessitant toutes une main d’œuvre importante,  qui a conduit au développement de l’esclavage régit par l’ignoble « code noir » institué en 1685. Rappelons que l’esclavage a été aboli par les révolutionnaires en 1794 mais rétabli en 1804 par le petit boucher corse, Napoléon, sous l’influence de sa dulcinée de l’époque, Joséphine de Beauharnais, fille de riches planteurs martiniquais. Il a fallu attendre 1848 pour que l’esclavage soit définitivement aboli par la France à l’initiative de Victor Schoelcher qui a une rue à son nom dans chacun des villages de l'ïle.

C’est donc au son d’une telle cloche que la vie des esclaves était rythmée et on se doute qu’ils n’étaient pas au trente cinq heures !

 

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C’était une époque où les cannes étaient fauchées manuellement et emportées jusqu’aux moulins sur des cabouas (sorte de chars) tirés par des zébus. Fermant les yeux on croit alors entendre porté par les alizés ces paroles d’une antique mélopée :

« Voici les champs de cannes où l’on chante en cadence,

Tandis que les coutelas coupent les blonds roseaux,

Que les courageux zébus emportent sur de lourds cabouas.

Nous ne sucerons plus la canne enrubannée,

Réduite maintenant en fibre de bagasse,

Voici la distillerie où le vesou s’élance,

Au sortir du moulin dans un tumulte d’eau »

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A l’origine les cannes étaient en effet broyées  grâce à des moulins qu’actionnaient les alizés qui soufflent en permanence sur les Antilles. Il en existait 240 au début du XIXème siècle qui ont peu à peu disparu avec l’invention des broyeurs à vapeur.

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Les quelques moulins qui subsistent sont souvent envahis par la végétation comme celui de Lubeth sur Grande Terre pris dans l’étau des multiples troncs d’un «figuier maudit » dont les graines, prétend la légende, ont été plantées par d’anciens esclaves pour se venger.

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Ainsi le chant des oiseaux a-t-il remplacé le bruissement du vent dans les ailes. Mais qui sait, peut être qu’avec l’arrivée des éoliennes dans nos campagnes ces moulins connaîtront un jour une nouvelle vie ?

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Aujourd’hui d’énormes tracteurs ont remplacé les cabouas, mais là encore il n’est pas exclus qu’un jour les zébus fassent leur retour, comme on le voit dans nos campagnes où bœufs et chevaux reviennent à la mode, notamment dans les vignes. Ils présentent, en effet, de nombreux avantages : ils ne tassent pas les sols, ne s’embourbent pas, ne polluent pas et nécessitent un minimum d’entretien.

 

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Mais revenons à la production de rhum agricole, élixir prestigieux des Antilles Françaises, largement supérieur - grâce à une réglementation stricte et un savoir faire inégalé - aux breuvages rustiques qui portent ce nom produits à Cuba, à la Jamaïque ou ailleurs. Les premiers sont en effet produits à partir de la fermentation du jus frais de canne alors que les autres (rhum industriel)  sont obtenus par la distillation du résidu de la fabrication du sucre, la mélasse. L’inventeur du rhum est le père Labat qui ayant débarqué en 1694 à Marie Galante a été atteint d’une forte fièvre qu’il soigna grâce à une eau de vie locale, le taffia, faite à base de jus de canne fermenté. Il a transformé ce taffia amer et rustique  en rhum agricole dont on se régale aujourd’hui.

Il existe aujourd'hui six distilleries à la Guadeloupe : Longueteau à Capesterre (l’une des plus anciennes dont on voit ici l’usine et qui exporte son rhum sous le nom de Karukera) Montebello à Petit Bourg,  Bologne à Saint Claude, Damoiseau au Moule ainsi que Séverin et Reimonenq à Sainte Rose auxquelles s'ajoutent les deux installées à Marie Galante : Pèrel Labat, Bielle

 

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Les deux principales distilleries de la Guadeloupe sont Bologne en Basse Terre et Damoiseau en Grande Terre, dont on voit ici l’usine qui ressemble étrangement au Centre Pompidou à Paris (A croire que l’architecte de ce dernier était un amateur de rhum Damoiseau) et que l'on peut visiter librement, visite qui est fort intéressante, en particulier à la période de récolte de la canne (fin janvier à mai).

En matière de consommation de rhum, les guadeloupéens sont aussi chauvins que le sont les bordelais et les bourguignons en matière de vin.  Ainsi les habitants de Basse Terre ne jurent que par le Bologne et ceux de Grande Terre que par Damoiseau. Mais il faut dire que ces deux grandes distilleries font vivre beaucoup de producteurs de canne et emploient de nombreux salariés.

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Pendant que le vesou (jus de canne fraîchement pressé) coule dans les cuves de fermentation, je vais vous avouer qu'au cours de notre séjour, Gibus et moi avons consciencieusement goûté et regoûté à tous les rhums guadeloupéens à l’occasion de la cérémonie du Ti’Punch qui accompagne tout repas antillais qui se respecte (et il y a deux repas par jour !).

Au demeurant les repas ne sont pas les seuls moments de la journée où l'on peut boire un Ti'Punch (à condition de ne pas conduire bien sûr !). Ainsi peu-on prendre un premier Ti'Punch assez robuste au lever qu'on appellera "décollage" ou "pétépied". Cela dit, on peut aussi doser son TiPunch à sa convenance, il n'y a pas de dogmatisme en la matière. Ainsi les natures délicates prendront un "punch fillette" ou un "ti feu". En général si vous êtes invité, on vous proposera très souvent un second Ti'punch, car il est malvenu de "rester sur un pied !"

 

Je précise pour les ignorants de la chose (c’est dommage pour eux) que le Ti’Punch se prépare avec un filet de jus de canne (ou à défaut un peu de sucre en poudre) deux doigts (de préférence à l’horizontale !) de rhum agricole et un quartier de citron vert. Il faut préalablement écraser le citron vert dans le jus de canne ou le sucre avant de verser le rhum. Certains mettent un glaçon ce qui est une hérésie, car c’est le meilleur moyen de tuer les arômes du rhum.

Selon mon appréciation personnelle tous les rhums que nous avons goûtés sont excellents, à l’exception de ceux de Séverin et Reimonenq un peu rustiques et plutôt destinés aux « planteurs ». Mais si je devais faire un classement, forcément subjectif, je les placerais dans cet ordre : 1) Bielle 50°, 2) ex æquo : Karukera 50° et Père Labat 50°, 3) ex æquo : Montebello 50° et Bologne 50° et pour finir Damoiseau 50°. Je laisse à mon ami Gibus le soin de vous donner son propre classement dans les commentaires.

Toutest ces distilleries produisent également des rhums "vieux" élevés en barriques de chêne qui valent de vieux cognacs ou armagnacs. J'ai notamment dégusté un Karukera millésimé 2000 qui est un vrai nectar. 

Que ceux qui ne sont pas coutumiers du Ti’Punch ne soient pas effrayés par le titre alcoolique en apparence élevé, car il ne faut pas oublier qu’un breuvage à 50° est composé à moitié…d’eau !

 

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Histoire de vous faire rêver et voyager dans les volutes des Ti’Punch que nous avons dégustés durant notre voyage, je vous abandonne provisoirement avec quelques uns des « cadavres » que nous avons laissé derrière nous….

Vous comprenez maintenant pourquoi je préfère appeler la Guadeloupe  du nom de  Karukera et qu'elle est pour moi une île bénie des dieux (et en particulier de mon vieil ami Bacchus !)

A suivre.....

 

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C'est la période des vacances  et vous allez vous retrouver à coincer la « bulle » quelque part dans un jardin, sur une plage ou au bord d’un ruisseau, votre MP 3 collé sur les oreilles, car c’est connu la musique adoucit les mœurs et vu l’état du monde vous avez bien besoin que vos mœurs soient apaisées ! Pourquoi ne pas y mettre quelques chansons de mon cru qui figurent dans mon dernier album "Ti Punch" et qui vous emmèneront aux Antilles, lieu éminemment dépaysant ! Vous pourrez ainsi écouter "la complainte du Coupeur de canne",  vous laisser bercer par la langueur de Marie-Galante, sentir les envoutantes effluves du Ti’ Punch ou écouter la sensuelle histoire du Bernard-l’hermite…..

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Texte & Photos Ulysse (sauf deux signées M&G Buffler)

 

01/08/2015

Dans les souks de Louxor....(reprise d'archive)

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Baguenauder dans les ruelles des souks de Louxor c'est, pour un occidental, remonter le temps. Un temps où les voitures ne polluaient pas les villes et ne menacaient pas à chaque instant le vie des passants. Un temps où les gens déambulaient en prenant le temps de se saluer, de s'enquérir de la famille et de la marche des affaires, où la convivialité l'emportait sur l'indifférence.

 

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Et puis il y a les devantures des échoppes comme autant de cavernes d'Ali Baba offrant à nos yeux ébahis tout ce que la terre fertile et les eaux du Nil offrent sans compter à ce peuple ingénieux et travailleur. 

 

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Cette générosité du sol et de l'eau se retrouve dans le tempérament des Egyptiens ouverts et chaleureux avec les étrangers.

 

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Dans les rues les effluves de l'encens renforcent votre sentiment d'être dans un conte des mille et une nuits.

 

 

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Un fabricant de narguilés répète avec calme et sérénité des gestes séculaires qui permettront aux hommes de vivre leurs rêves dans des volutes de fumée.

 

 

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Des marchands ambulants sillonnent les ruelles qui offrent au passant ainsi qu'à leurs montures de quoi apaiser leur faim ou leur soif

 

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Il faut dire que la force animale remplace ici avantageusement la force mécanique, ce que dans nos pays énergivores nous récouvrirons peut être un jour contraints et forcés lorsque nos pompes à essence seront, comme nos nappes phréatiques, asséchées.

 

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Après avoir déambulé dans la frénésie du jour, il faut y revenir à la nuit tombée lorsque les clients se font plus rares et que les commerçants peuvent alors s'abandonner à leurs rêves et méditations.

 

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Le thé à la menthe est l'un des piliers de la culture arabe, facteur fondamental d'échange et de convivialité. C'est sans doute le second fleuve d'Egypte après le Nil ...

 

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Après le thé à la menthe, viennent les épices innombrables qui magnifient la cuisine orientale et ornent de leurs couleurs bariolées les étals des échoppes.

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Ici l'affamé ou l'assoiffé vit sans stress car il sait que même au coeur de la nuit il trouvera toujours une épicerie ouverte.

 

 

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Quand aux gourmands, c'est un pays qu'il leur faut fuir car on ne saurait résister aux tentations des patisseries orientales qui marrient la douceur et la saveur des dattes et du miel .

 

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Et puis ce peuple cordial et volubile aime par dessous tout le soir se livrer au plaisir de la conversation que nous avons chez nous pendu haut et court aux branches de nos antennes de télévision.

 

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 C'est la période des vacances et vous allez bientôt vous retrouver à coincer la « bulle » quelque part dans un jardin, sur une plage ou au bord d’un ruisseau, votre MP 3 collé sur les oreilles, car c’est connu la musique adoucit les mœurs et vu l’état du monde vous avez bien besoin que vos mœurs soient apaisées ! Pourquoi ne pas y mettre quelques chansons de mon cru qui figurent dans mon dernier album "Ti Punch" et qui vous emmèneront aux Antilles, lieu éminemment dépaysant ! Vous pourrez ainsi écouter la complainte du coupeur de canne,  vous laisser bercer par la langueur de Marie-Galante, sentir les envoutantes effluves du Ti’ Punch ou écouter la sensuelle histoire du Bernard-l’hermite….. 

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Texte & photos Ulysse

27/07/2015

Souvenirs d'Egypte : le temple de Karnak

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Le nom antique de Karnak, Ipet Sout, signifiait « centre du monde », ce lieu ou le dieu suprême Amon a créé tous les êtres et les choses. Amon, qui cumulait aussi la fonction du dieu solaire Ré était le garant de la survie de l'univers qu'il avait créé et donc du royaume sur lequel régnait son « fils bien aimé » : Pharaon .

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Les spinx du « dromos » (entrée du temple) occidental ont un corps de lion (symbole de royauté) et une tête de bélier (animal emblématique du dieu Amon symbolisant la force physique et la fécondité). Entres les pattes des sphinxs est blotti pharon, fils du dieu Amon. Le culte rendu dans le temple à Amon-Ré favorisait la pérennité du monde et le maintien de la vérité de l'ordre et de la justice. Un clergé très hiérarchisé était au service du dieu et résidait dans le temple. Nul ne pénétrait dans le temple s'il n'était pas prêtre. Ce clergé procédait à des cérémonies mystérieuses respectant un rituel précis et complexe afin d'assurer le bon fonctionnement de l'univers Le temple possédait un immense domaine agricole qui occupait près de 80.000personnes à son apogée, au temps de Ramsès III (environ 1200 avant J-C)

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Les premiers édifices du temple furent édifiés aux alentours de l'an 2000 avant J-C et pendant plus de vingt siècles les Pharons successifs vont agrandir et embellir le Temple, démolissant parfois les bâtiments de leurs prédecesseurs pour en construire de nouveaux

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On ne peut que rester bouche bêe devant l'impressionnante salle hypostile avec ses colonnes de 25m, impressionnante forêt de payrus et de lotus géants symbolisant la force de vie dont les racines plongeaient dans la nappe d'eau souterraine (noun) supposée baigner le monde et d'où sortait le Nil et dont les coroles touchaient le ciel, symbolisé par un plafond peint en bleu aujourd'hui disparu.

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De même la seule colonne qui reste du kiosque de Taharqua donne une petite idée des dimensions phénoménales de ce temple

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De tous cotés des portiques conduisent à des cours ou trônent de gigantesques statues de pharaons ou de divinités

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Une obélisque rescapée du passage des siècles se dresse vers le ciel, émouvant défi de cette civilisation qui se croyait,comme la notre, immortelle et qui a subi le sort que nous subirons un jour.

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Des colonnades de dimension plus modeste en forme de Lotus témoignent du souci d'harmonie et d'élégance de cette civilisation extrêmement raffinée. Raffinement que l'on retrouve dans ces magnifiques gravures qui figurent dans la salle dit du « jardin botanique »

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De même la puissance et le réalisme impressionne dans cette étonnante représentation de la terrible déesse Sekmet à tête de lionne qui présente une incongruité anatomique !

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Certains préfèreront la douceur qui émane de cette représentation du dieu Osiris tenant des lotus dans sa main accompagné de sa soeur-épouse, la déesse Isis, attendant Pharaon au seuil de la mort. Qui aurait peur de mourir s'il savait être accueilli de pareille manière ?

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Là s'achève notre visite, laissons la nuit recouvrir de son manteau étoilé les merveilles et les nombreux mystères de cette fascinante civilisation.

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 C'est la période des vacances et vous allez bientôt vous retrouver à coincer la « bulle » quelque part dans un jardin, sur une plage ou au bord d’un ruisseau, votre MP 3 collé sur les oreilles, car c’est connu la musique adoucit les mœurs et vu l’état du monde vous avez bien besoin que vos mœurs soient apaisées ! Pourquoi ne pas y mettre quelques chansons de mon cru qui figurent dans mon dernier album "Ti Punch" et qui vous emmèneront aux Antilles, lieu éminemment dépaysant ! Vous pourrez ainsi écouter la complainte du coupeur de canne,  vous laisser bercer par la langueur de Marie-Galante, sentir les envoutantes effluves du Ti’ Punch ou écouter la sensuelle histoire du Bernard-l’hermite…..

 

C’est sur Deezer (cliquez sur le nom) ou Itunes….

 

PS Vous y trouverez aussi mes autres albums "Bidochon dream " et "Jennifer" (cliquez sur le titre) Vous pouvez également vous tenir au courant de la parution de mes prochains albums en vous inscrivant sur ce nouveau blog Old Nut Zimbalam 

 

 

Texte & photos Ulysse

04/07/2015

Souvenirs d'Egypte : la vie quotidienne (Reprise d'archive)

http://piquesel.midiblogs.com/images/DSC00124.JPG Laissons de coté pour cette fois l'Egypte pharaonique pour nous intéresser à l'Egypte contemporaine. En dehors du Caire, super mégalopole de 22 millions d'habitants (près de 30% de la population égyptienne) et d'Alexandrie (4 millions d'habitants) dont le rythme et le mode de vie n'ont rien à envier aux autres mégalopoles, le mode de vie en Egypte est rural et n'a guère varié depuis le temps des pharaons, si ce n'est quelques signes de modernité qui sont comme autant d'incongruités dans un paysage qui semble intemporel. 

 

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 Ainsi les rubans d'asphalte de quelques routes relient-ils des villages dont les matériaux et le style de construction n'ont pas changé depuis des millénaires. Certes quelques voitures les empruntent mais on y voit plus souvent des charrettes attelées qui servent de moyens de transport en tous genre.

 

http://piquesel.midiblogs.com/images/DSC00066-1.JPGLa fée électricité à disséminé dans la campagne ses immenses pylones mais c'est le plus souvent à main et à dos d'homme que les travaux des champs sont accomplis.

 

http://piquesel.midiblogs.com/images/DSC00297.JPG Si les américains ont en moyenne trois  voitures par foyer, les foyers ruraux égyptiens ont quant à eux au moins deux ânes, ce qui en fait des terriens exemplaires en matière de pollution et plutôt que d'y voir un signe d'archaïsme, il faut à mon avis les considérer comme avant-gardistes !

 

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Quant le paysan égyptien sacrifie au besoin de modernité, il troque son âne pour une moto.

 

http://piquesel.midiblogs.com/images/DSC00298.JPGOu, pour les plus fortunés d'entre eux, pour une antique Peugeot, signe ultime de réussite sociale !

 

http://piquesel.midiblogs.com/images/DSC00084.JPGD'autres signes de modernité s'imposent aussi dans les petits villages et qui sont à mes yeux moins sympathiques, telles que ces enseignes de Coca-cola symbole désuet d'une Amérique conquérante. Mais pour ne pas vous quitter sur une image "déprimante" je vous convie une nouvelle fois à vous laisser porter par le Nil qui continuera de couler quand les sources de Coca cola seront taries !

 

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C'est la période des vacances et vous allez bientôt vous retrouver à coincer la « bulle » quelque part dans un jardin, sur une plage ou au bord d’un ruisseau, votre MP 3 collé sur les oreilles, car c’est connu la musique adoucit les mœurs et vu l’état du monde vous avez bien besoin que vos mœurs soient apaisées ! Pourquoi ne pas y mettre quelques chansons de mon cru qui figurent dans mon dernier album "Ti Punch" et qui vous emmèneront aux Antilles, lieu éminemment dépaysant ! Vous pourrez ainsi écouter la complainte du coupeur de canne,  vous laisser bercer par la langueur de Marie-Galante, sentir les envoutantes effluves du Ti’ Punch ou écouter la sensuelle histoire du bernard-l’hermite…..

 

C’est sur Deezer (cliquez sur le nom) ou Itunes….

 

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Texte et Photos Ulysse

29/06/2015

Souvenirs d'Egypte : Medinet Habou et le Ramasseum (reprise d'archive)

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C'est sur le site sacré de Medinet Habou que Ramsès III, pharaon de la Xxème dynastie qui règna auXIIème siècle avant JC, fit construire ce monumental temple funéraire sur la rive ouest du Nil en face de Thèbes ( l'actuelle Louxor)

 

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Le fantastique portique qui accueille le visiteur est à l'échelle de l'immense enfilade des différents salles et des différentes cours qui offrent une perspective vertigineuse. Le temple dans on état originel couvrait huit hectares et 62.500 prisonniers de guerre travaillaient à son service.

 

 

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Dans ce temple les colonnades et de nombreux bas reliefs ont conservé les peintures qui ornaient leurs motifs à l'origine.

 

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En déambulant dans les salles, on croise ainsi les effigies des dieux et des pharaons, fabuleuse bande dessinée en trois dimensions.

 

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Ce visage de pharaon apportant des offrandes au dieu Osiris nous fascine par sa fraicheur, la vie semblant encore l'habiter.

 

 

 

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Le dieu condor orne le dessous des portiques, semblant porter sur ses ailes  les énormes blocs de pierre. Nous lui faisons quelques offrandes afin qu'il daigne nous prendre sur son dos et nous transporter vers le Ramasseum situé non loin de là.

 

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Ce temple funéraire fut construit en l'honneur de Ramsès II. Il est aujourd'hui malheureusement très délabré ayant servi de carrière depuis l'antiquité.

 

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Les débris d'une statue colossale de ramsès II, aujourd'hui couchée, mais qui pesait environ 1000 tonnes, donne une idée de l'importance du temple. Il laisse songeur sur les technologies utilisées par les égyptiens pour sculpter, transporter et dresser de telles oeuvres. Aucune illustration n'a jamais été trouvée qui nous renseigne sur ces techniques et les hypothèses des experts sont nombreuses faisant intervenir poulies, rondins de bois, pentes inclinées etc sans vraiment apporter de réponse tout à fait satisfaisante.

 

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La beauté du temple est magnifiée par le coucher du soleil qui drape ce lieu de mystère et nous invite à méditer sur l'aspect éphémère des civilisations, quelque soit leur grandeur passée.

 

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Et c'est à regret que nous quittons ce lieu où des hommes ont cru en vain pouvoir défier la mort et s'assurer l'éternité.

 

 
 
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A suivre.....

 

Les vacances approchent et vous allez bientôt vous retrouver à coincer la « bulle » quelque part dans un jardin, sur une plage ou au bord d’un ruisseau, votre MP 3 collé sur les oreilles, car c’est connu la musique adoucit les mœurs et vu l’état du monde vous avez bien besoin que vos mœurs soient apaisées ! Pourquoi ne pas y mettre quelques chansons de mon cru qui figurent dans mon dernier album "Ti Punch" et qui vous emmèneront aux Antilles, lieu éminemment dépaysant ! Vous pourrez ainsi écouter la complainte du coupeur de canne,  vous laisser bercer par la langueur de Marie-Galante, sentir les envoutantes effluves du Ti’ Punch ou écouter la sensuelle histoire du bernard-l’hermite…..

 

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Texte & photos Ulysse

20/06/2015

Souvenirs d'Egypte : le palais de la reine Hapchepsout (reprise d'archive)

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Au cours des 35 siècles qu'a duré l'histoire Egyptienne de nombreuses femmes ont occupé le devant de la scène et inspiré les artistes, qui nous ont laissé d'elles de magnifiques fresques ou statues. Il en est ainsi de la légendaire déesse Isis, soeur et épouse du dieu Osiris qui veille sur le royaume des morts, de Nerfertari l'épouse du grand pharaon Ramsès II ou de la sublime Nefertiti l'épouse du pharon »maudit » Akhenaton qui tenta d'imposer le monothéisme en Egypte.

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Mais il en est une dont l'empreinte dans la civilisation égyptienne l'emporte sur les autres : il s'agit de la reine de la XVIIIème dynastie, Hatshepsout, épouse de Thoumosis II et qui usurpa le pouvoir durant la minorité de son beau fils Thoutmosis III.

 

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Elle règna au cours du nouvel empire période de grande prospérité. Le titre de Pharaon étant réservé normalement aux hommes, Hatschepsout s'habilla comme un homme et porta la barbe postiche et la queue de taureau des pharaons. Elle se fit construire sur la rive ouest du Nil, en face de l'ancienne Thèbes (aujourd'hui Louxor), par l'architecte Semnout, un magnifique temple funéraire d'un modernisme étonnant et qui s'intègre parfaitement au cirque rocheux environnant. Ce temple funéraire était précédé d'un portique et d'une palmeraie qui ont aujourd'hui disparu.

 

 
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Ce temple était placé sous la protection de la déesse Hathor, la déesse de l'ivresse et de l'amour qui règne aussi conjointement avec Osiris sur le royaume des morts. Il faut découvrir ce temple en grimpant sur les ailes du dieu Mout qui a l'apparence d'un vautour et dont les murs du temple offrent de magnifiques illustrations.

 

 
 
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D'autres fresques suscitent notre émerveillement, telle celle représentant l'expédition commerciale menée au pays de Pount (l'actuelle Somalie) pendant son règne.

 

 

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Ou bien ces fresques animalières d'une grâce infinie:

 

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Ou encore cette fresque émouvante où l'on voit le dieu Horus à tête de faucon, fils d'Isis et d'Osiris, accueillir le pharaon sur le seuil du monde des morts afin de le guider dans le long processus qui le mènera vers la vie éternelle.

 

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Mais il est temps de reprendre notre felouque pour retourner sur l'autre rive du Nil, le pays des vivants, en vous donnant rendez vous dans quelques jours pour la suite de notre périple.

 

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Texte & photos Ulysse

13/06/2015

Souvenirs d'Egypte : Les temples d'Abu Simbel (reprise d'archive)

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L'antique civilisation Egyptienne a fait une large part aux femmes. Celles ci avaient au sein de la société civile un statut égal à celui de l'homme et quelques unes d'entre elles ont pu accéder au poste suprême. En outre de nombreux monuments ont été costruits par les pharaons en l'honneur de leurs épouses. C'est donc un juste retour des choses que, grâce à la détermination d'une femme, Christiane Desroches Noblecourt, les temples d'Abou Simbel et bien d'autres installés le long du Nil aient été sauvés de l'ensevelissement sous les eaux du Lac Nasser, créé à la suite de la construction du grand barrage d'Assouan.

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En effet, à la fin des années 1950, à la demande de l'UNESCO Christiane Desroches Noblecourt va dresser l'inventaire des monuments menacés, puis le 8 mars 1960, de concert avec les autorités egyptiennes et sous l'égide de cet organisme, lancer un appel solennel à la solidarité mondiale. André Malraux, alors ministre des affaires culturelles, soutient cette action et cinquante pays vont contribuer à sauver ces monuments qui seront classés au patrimoine de l'humanité. Ils seront démontés pierre par pierre et remontés au dessus de la ligne des eaux dans des endroits similaires à ceux où ils étaient originellement implantés. Et c'est grâce à ce sauvetage que nous pouvons encore admirer ces merveilleux monuments qui bordent le lac Nasser, dont les plus beaux joyaux sont les temples d'Abou Simbel Après ce bref rappel historique, rendons nous à Abou Simbel en avion à partir d'Assouan, toute la région depuis cette ville n'étant qu'un vaste désert inhospitalier. 6244a4d7b8c408fd8d0a683d0e0f8e18.jpgLà notre bateau nous attend ancré en face du temple d'Abou Simbel édifié en l'honneur de Ramsès II (XIII siècle A J.C.) qui fut l'un des pharaons les plus puissants de l'ancienne Egypte.

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Et l'on peut dire que les anciens Egyptiens ont bien fait les choses en ornant le temple de quatre gigantesques statues de Ramsès de 38 m de haut .

 

 
 
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Ces statues arborent sous un visage souriant (bel exemple de « force tranquille ») la double couronne de haute et basse Egypte qui faisaient d'eux à l'époque les souverains les plus puissants du monde

 

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L'intérieur du temple est couvert de bas reliefs de toute beauté illustrant notamment la « pseudo » victoire remportée par le Pharon à Qadesh contre les Hittites (qui se solda en fait par un match nul) et montrant des scènes émouvantes de prisonniers enchainés par le cou.

 

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Au fond du temple se trouve un sanctuaire où trônent quatre statues représentant respectivement le dieu Ré-Horakhty, Ramsès II, le dieu Amon-Ré et enfin le dieu des ténèbres Ptah qui, à l'exception de ce dernier, sont éclairés par les rayons du soleil au lever du jour les 20 février et 20 octobre pour être rechargés en énergie divine.

 

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A coté de son temple, Ramsès II a fait édifier en l'honneur de sa grande épouse Nefertari un second temple tout aussi monumental où il figure en sa compagnie et celle de ses enfants. On est sidéré par la puissance mais aussi l'élégance et la sérénité qui se dégage de ces statues dont les visages souriants nous convainquent qu'ils étaient assurés de leur immortalité.

 

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J'ai eu la chance de pouvoir les admirer à la nuit tombée, notre bateau ne partant que le lendemain matin pour partir à la découverte des autres temples du la Nasser ....

 

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A suivre....

Si vous avez apprécié ma chanson  « Bidochon dream » sur le triste sort des ultra-riches, je vous invite à aller écouter sur Deezer (cliquez sur le nom pour accéder au site) )  la complainte de ce pauvre «Migrant boy » qui a trouvé refuge dans notre pays, ou celle de ce pauvre hère qui a eu le malheur de croiser le chemin de « Jennifer » ou encore de celui qui a eu la malencontreuse idée d’inviter « La trop belle fille du motel » à boire un verre . Vous pleurerez aussi sur le triste sort des oubliés de la "Star Ac" en écoutant "Mediadead" (Vous pouvez aussi les télécharger sur I-Tunes ou Amazon) N’hésitez pas à laisser un commentaire et à vous déclarer comme « fan » si vous aimez ! Merci d’avance !

        

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Texte & Photos Ulysse