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11/09/2015

A la découverte de karukera 6 - Goyave : la mangrove et l’îlet Fortune

 (Reprise d'archive)

karukera,mangrove,ilet fortune,vieille dame

Nous voilà au début de notre deuxième semaine de séjour et nous nous rendons dans la région de Goyave où se trouve notre seconde rhumerie, heu ! excusez ce lapsus calami, je voulais dire notre second  gîte.  Cette ville située sur la côte au vent de Basse-Terre – exposée donc aux alizés -  tient son nom de la rivière éponyme toute proche, nommée ainsi en raison des  goyaviers qui la bordent. La goyave est un fruit délicieux dont le jus se marrie merveilleusement avec le rhum, mais  à vrai dire qu’est ce qui ne s’accorde pas avec le rhum à part la pomme de terre et les topinambours ! Longtemps basée sur la canne à sucre, l’économie de cette région repose aujourd’hui essentiellement sur les bananeraies – dont nous voyons ici une magnifique exploitation - et l’aquaculture.

 

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Nous nous rendons sur le port où nous rencontrons Jean Marc qui tient un restaurant : le Koté T’Chalis situé près du débarcadère où il sert une cuisine exotique inventive et raffinée (nous l’avons personnellement testé) servie sur une idyllique terrasse ouverte sur la mer. Il emmène à l’occasion les touristes visiter la mangrove qui borde la côte et l’ïlet Fortune, lieu sauvage et inhabité situé à environ 2 kilomètres au large. Jean-marc étant pour l’heure disponible, nous lui demandons de nous y emmener.

 

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Nous voilà donc partis en direction de la mangrove, fouillis végétal impénétrable constitué de végétaux halophiles  qui  se développent  dans la zone de balancement des marées  des côtes basses ainsi qu’à l'embouchure de certains fleuves dans les régions tropicales.

 

 

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La mangrove fait partie des écosystèmes les plus productifs (bois et ressources halieutiques) de notre planète. Elle héberge de nombreux oiseaux et animaux et  assure également une excellente protection contre l’érosion et les tsunamis. Sa destruction actuelle provoquée par les activités humaines, et notamment l’aquaculture de crevettes, met en péril la préservation des côtes et de la biodiversité. Ainsi en mangeant des crevettes « exotiques » nous contribuons probablement à leur destruction. Se renseigner donc sur l’origine avant d’en consommer !

 

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 Dans les endroits de la mangrove où l’eau circule on trouve quasi exclusivement des palétuviers rouges qui s'ancrent dans la vase grâce à leurs imposantes racines-échasses disposées en arceaux.

 


karukera,mangrove,ilet fortune,vieille dameLe palétuvier rouge a un mode de reproduction très particulier. En effet, la graine germe sur la plante  et forme une plantule que l’on nomme propagule, qui peut produire sa propre nourriture par l'intermédiaire de la photosynthèse . 
Quand le propagule est mûr, il chute dans l'eau où il peut être transporté sur grandes distances. Il peut survivre à la sécheresse et rester dormant durant des semaines, des mois, ou même une année jusqu'à ce qu'il arrive dans un environnement approprié où il s’enracine.

 

 

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Au fur et à mesure que l’on s’enfonce au cœur de la mangrove et que le niveau d’eau diminue on rencontre des peuplements de palétuviers gris.

 

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Leurs racines noueuses qui s’ancrent dans la vase ont l’apparence d’un entrelacs de serpents, spectacle quelque peu impressionnant.

 

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Nous voguons dans un univers où  s’exposent toutes les nuances de vert : vert amande, anis, avocat, céladon, émeraude, jade, olive, opaline, pistache, pomme, tilleul et même vert perroquet (bien qu’il n’y en ait pas dans les mangroves) sans oublier bien sûr le vert citron vert (par contre il y en a un dans notre sac à dos qui trempe dans une bouteille de rhum ! )

 

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Il y a une continuité parfaite entre le monde aquatique et le monde végétal et nous ne savons plus si nous voguons sur l’eau ou sur la cime des arbres.

 

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A certains endroits les arbres nous paraissent même pousser vers le fond de l’eau.

 

 

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Nous quittons la mangrove pour nous diriger vers l’épave de l’Ismini, navire britannique qui s’est échoué au large de Goyave en 1944, sans doute endommagé par un sous-marin allemand.  Au dessus du trait de côte nous apercevons le massif de la Soufrière qui émerge de sa coiffe de nuages pour la seule fois de notre séjour.  La « vieille dame », comme l’appellent affectueusement les guadeloupéens, ne perd rien pour attendre, nous y retournerons lors de notre prochain séjour pour imprimer la semelle de nos souliers sur sa peau ratatinée !

 

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Nous arrivons près de l’épave échouée sur le récif de corail,  appelé ici  « caye » qui protège les rivages de  Karukera de la houle. C’est un lieu très poissonneux apprécié des plongeurs.

 

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Nous voilà maintenant en vue de l’ïlet Fortune, nommé peut être ainsi parce qu’y est enfoui le trésor d’un pirate (hypothèse toute personnelle !) Vu d’ici il ressemble à un confetti de paradis tombé sur la terre et nous sommes impatients d’y débarquer.

 

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Par chance aujourd’hui nous sommes seuls - mieux vaut éviter les W.E. car l’îlet est très prisé des locaux -  et nous convenons avec Jean-Marc qu’il viendra nous rechercher en fin d’après-midi. L’îlet est entouré de hauts-fonds qui permettent de se prélasser dans l’eau en dégustant un (enfin plutôt DU) Ti’Punch ! (ce n'est pas nous qui conduisons le bateau au retour).

 

 

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Bon pour être honnête dans notre petite équipe il y a un clan « eau minérale » représenté par nos chères et tendres (encore qu’un Punch coco de temps en temps ne les rebute pas !) et un clan « Ti Punch » (Gibus et moi) qui cohabitent en bonne entente (nous – égoïstement – on ne pousse pas à la consommation !). Certes dans l’affaire on perd peut être quelques années d’espérance de vie mais des jours avec Ti’Punch sur un îlot désert  de Karukera ça compte  pour dix !

 

 

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Le seul témoin de nos agapes est un magnifique anoli, peu farouche et surtout très curieux, ce qui aurait pu nous faire croire que c’était UNE anoli, mais les femelles de l’espèce sont grises !

 

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Le terrain parfaitement plat de l’îlet provoque au bout de quelques heures une certaine frustration  des gènes de mouflon de mon ami Gibus qui se met alors à escalader un cocotier. Il nous cueille alors une noix, providence de la nature,  qui sauva Robinson Crusoé de la soif.

 

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La noix de coco encore jeune est, en effet,  remplie d’un liquide opalescent et légèrement sucré qu’on appelle « eau de coco », le terme « lait de coco » s’appliquant au  liquide blanchâtre extrait de l'amande qui tapisse les parois intérieur de la noix. L’eau de coco est très bénéfique et est recherchée des sportifs antillais car elle est très riche en sels minéraux "électrolytes" qui permettent une récupération musculaire rapide (On en apprend des choses en tenant un blog !)

 

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Mais le soleil décline et nous apercevons le bateau de Jean-marc qui vient nous récupérer. C’est à regret que nous quittons cette miette de paradis, sans doute plus idyllique que celui que l’on nous promet « là haut » car, à ce que je sache, aucune « rhumerie » n’exporte son breuvage au delà des nuages….

 

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La nuit tombe et la « vieille dame » a retrouvé sa  coiffe de nuages où le soleil couchant allume un incendie, mais peut être bien que c’est elle qui fulmine parce que j’ai dit tout à l’heure que sa peau était ratatinée !

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Et comme en France tout finit par des chansons je vous invite à aller écouter celles que j'ai composées et qui sont diffusées sous mon nom d'artiste OLD NUT sur 

DEEZER 

 (cliquez sur le mot Deezer pour y accéder)

ou sur mon nouveau blog musical 

OLD NUT

(cliquez sur le nom) 

Texte & photos Ulysse